Test de Mars Horizon - SpaceX simulator

Suite à une première approche du titre cet été lors du Steam Game Festival Summer 2020, Mars Horizon sort en version définitive. En juin, je concluais la preview ainsi : "Reste à voir si dans son entièreté le jeu saura rester intéressant et quelle sera sa rejouabilité.". Voyons donc ce qu'il en est.

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Normal Space Program

Tout d'abord, il est important de noter que Mars Horizon n'est pas un concurrent de Kerbal space program. Les deux jeux n'ont pas grand chose à voir à part le principe de faire décoller des fusées.

On commence une partie de Mars Horizon en choisissant l'affiliation de son agence spatiale : Europe, USA, Japon, Chine et URSS/Russie sont au programme avec chacune des bonus spécifiques, à la limite de la caricature d'ailleurs pour certains.
Il est possible de créer sa propre agence avec des paramètres personnalisés, histoire de voir si l'on peut faire mieux qu'Elon Musk.

Le tutoriel du jeu est très bien intégré et progressif. On démarre en 1958 avec des technologies et des bâtiments basiques et on prend des décisions par tour de jeu, chaque tour représentant un mois.

La recherche permet de faire progresser les trois domaines que sont les missions, les véhicules et les bâtiments.
Les missions représentent les grandes avancées de la conquête spatiale : on commence par un simple lancement d'essai, puis mettre en place un satellite artificiel et ainsi de suite avec comme but final l'atterrissage d'un équipage sur Mars comme le laisse entendre le titre du jeu.
Les véhicules correspondent aux différents étages et propulseurs allant de la petite fusée à l'énorme, plus ou moins couteuse et plus ou moins performante.
Les bâtiments, quand à eux, représentent tout ce qu'on peut construire dans notre base.

Ces trois domaines se présentent sous la forme d'arbres, ce qui implique des passages obligés pour arriver à certaines technologies, mais on a une certaine latitude qui permet de zapper des recherches pour aller plus vite vers les plus évoluées. Néanmoins, on se prive alors des bonus "d'Ère", qui représentent les grands jalons de la conquête de l'espace et sont souvent très intéressants.

Cherche Médor, cherche

La recherche progresse à l'aide du score de science : chaque élément recherché demande d'accumuler un certain nombre de points pour être débloqué. On gagne de la science chaque mois en petite quantité, influencée par les bâtiments créés, et on en gagne beaucoup en effectuant des missions.

Les missions sont de deux types :
- les étapes importantes qui sont exactement ce que leur nom indique, on y trouve par exemple "L'animal dans l'espace" ou encore la "Station spatiale".
- les requêtes, qui sont des missions ponctuelles demandant de faire un relevé topographique d'une planète ou de placer un satellite en orbite.

Les étapes importantes sont au centre de l'intérêt que souhaite avoir le jeu, car chaque agence est en compétition avec les autres. Qui enverra le premier homme dans l'espace ? Qui arrivera le premier sur la lune ? Et in fine, qui arrivera le premier sur Mars ?
Meilleur est notre classement sur une étape importante, meilleur sera le gain de science et de réputation.
La réputation peut augmenter ou diminuer selon les réussites et les échecs. Ce niveau de réputation influe directement sur le financement accordé à notre agence.

Pour réussir ces missions, il faut créer des fusées et c'est là que les fans de KSP pourraient être déçus. Dans Mars Horizon, on crée une fusée avec juste deux composants : un étage et un propulseur. Les seules conditions à vérifier sont que l'étage puisse contenir la charge utile de la mission et que le propulseur puisse envoyer tout ça dans l'espace.
C'est d'une simplicité extrême, ce qui plaira ou pas. En avançant dans le jeu, on peut tout de même ajouter des propulseurs d'appoint et des modules particuliers ainsi que choisir un fabriquant spécialisé pour notre fusée, mais rien qui fasse de nœuds au cerveau.

Au final, il résulte de l'assemblage un score de fiabilité qui est le mètre étalon de la réussite ou pas du décollage.

RNG mon amie

La fiabilité de base dépend du type d'éléments assemblés avec des bonus si on a déjà utilisé cet élément précédemment.
Ensuite, elle dépend du mois de lancement de l'engin, certains étant plus propices que d'autres, ce qui est visible dans un calendrier, mais n'évite pas les mauvaises surprises d'orage au jour J qui peuvent inciter à repousser le décollage.
D'autres petits paramètres peuvent jouer sur ce score de fiabilité qui en définitive n'est que ça : un score.
On sait donc à l'avance quel pourcentage de chances notre décollage a de réussir. En résulte l'approche que chacun aura : aller vite et pas cher pour des lancements risqués ou prendre son temps et son argent pour sécuriser au maximum, avec évidemment toute latitude entre ces deux comportements extrêmes.

D'après ma partie, si on essaie de sécuriser les lancements, la course à l'espace est perdue d'avance tant les agences concurrentes progressent vite et avec un taux d'échec très faible.

Certaines missions nécessitent également de gérer une charge utile : ça peut être une sonde ou un satellite par exemple qu'il faut manœuvrer pour se mettre en orbite ou faire des relevés. Ceci passe par un mini jeu de gestion de ressources, amusant au début, mais vite lassant. Chaque tentative de génération de ressource passe par un jet de pourcentage comparé à la fiabilité de la charge utile. L'aléatoire ici est compensé par la ressource d'énergie qui permet d'annuler tout échec, à condition d'en avoir gardé.
Les développeurs ont dû avoir des retours concernant l'ennui de ces phases, car il est possible de les réussir automatiquement (sauf pour certaines missions importantes). Néanmoins, on oublie alors le bonus de réussite pouvant être obtenu manuellement et qui peut augmenter de façon non négligeable les récompenses.

Une tite pièce s'il vous plaît

En effet, pour construire des engins spatiaux, il faut de l'argent, que ce soit pour une sonde d'analyse ou la fusée qui la met en orbite. Il en faut également pour développer ses infrastructures.
Le financement mensuel est assez faible en rapport de ce que rapportent certaines missions très lucratives. Le problème est que c'est très vite un goulot d'étranglement de la progression comme peuvent l'être les monnaies de certains free to play mobile.
Les missions rapportant de l'argent sont très rares. Du coup, si on progresse assez vite côté science, on est régulièrement bloqué par l'impossibilité pécuniaire de concrétiser ce qu'on a débloqué.

J'ai par exemple été dans ma partie bloqué longtemps sur certaines missions, car j'étais dans l'impossibilité de financer les lancements et la construction d'une grande rampe de lancement. On se met alors à faire défiler les mois pour récupérer le financement mensuel, mais quand pour une mission votre fusée et sa charge utile coûtent 2 millions et que vous avez des revenus de 200000 par mois après déduction des frais réguliers (bâtiments et astronautes), l'attente est longue à moins qu'une mission rapportant de l'argent apparaisse.

On m'opposera le fait que les problèmes de financement dans le domaine du spatial sont une réalité. Et c'est vrai, mais quand il s'agit d'un jeu, c'est vite frustrant.

Un bilan mitigé

Reproduire ces étapes de la conquête spatiale et l'idée de faire la course avec les autres agences sont amusants. D'ailleurs, même si on fait la course, on peut aussi faire des missions en commun avec ces concurrents pour mutualiser les coûts et partager les récompenses. Malheureusement, Mars Horizon a du mal à tenir sur la durée à cause de sa répétitivité et de son équilibrage douteux.

Le jeu est parsemé d'événements aléatoires qui cassent légèrement la monotonie des mois qui passent, comme une conférence de presse où l'on peut se vanter de quelque chose, ce qui a pour effet d'augmenter notre réputation, mais peut aussi provoquer l'inimitié d'une autre agence. Moins rigolo, ça peut être l'augmentation d'une facture pour corriger un défaut sur une fusée.

Après une certaine avancée dans la partie se lance la course vers Mars qui oblige à une préparation spécifique avant de pouvoir se lancer dans la mission proprement dite. Cela me semble être un moyen un peu artificiel pour éviter le rush le plus simple possible.

Un point d'intérêt du titre est son Spacepedia qui contient tout un tas d'informations se débloquant selon nos recherches et avancées.

Du point de vue réalisation, pas grand chose à dire. Les graphismes sont simples, quelques charges utiles assez jolies côtoient des écrans à la limite de la laideur, mention spéciale au repêchage en mer animé à 4 images par secondes. La musique et les effets sonores sont acceptables sans plus.

Quand à la rejouabilité sur laquelle je m'interrogeais lors de la preview, il faudra être motivé pour refaire un tour de mécanismes répétitifs pour tenter une approche différente.

Donc non, Mars Horizon n'a pas grand chose à voir avec KSP, ce qui sera peut être une bonne choses pour ceux qui trouvent que ce dernier est trop complexe. Ici, les choses sont beaucoup plus simples, mais il faudra accepter une extrême répétitivité sur la longueur et une économie frustrante.

Testé par Aragnis sur Switch avec une version fournie par l'éditeur.

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5,6 / 10 - Prometteur