Test de Ashwalkers – La Horde du Contrecendres

Hervé Bonin, ancien de Dontnod et co-créateur de Life is Strange, a monté son propre studio de développement pour concrétiser son ancien projet étudiant : un jeu de survie dans un monde post-apocalyptique avec la part belle à la narration. Le jeu arrive-t-il à tirer son épingle face à toute la concurrence déjà en place sur le créneau ?

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War never changes

Le Bastion abrite quelques 200 000 âmes derrière ses murs. mais ces protections ne tarderont pas à flancher devant l’hostilité du climat. Néanmoins, il existerait un salut : le Dôme des Dômes, un mythique abri providentiel. Cependant, nul ne sait où il se trouve vraiment, et aucun des groupes d’exploration précédents n’est revenu pour confirmer son existence.

Et aujourd’hui part la Troisième Section, composée du capitaine Petra, de l’ancien sauvage Sinh, de la jeune érudite Kali et du vieil éclaireur Nadir. Ces quatre personnes sont le dernier espoir de leurs congénères et ils partent s'aventurer dans les terres dévastées et recouvertes par les cendres. Pour atteindre le providentiel refuge, il leur faut rejoindre une première balise qui les met ensuite sur la voie pour les suivantes et ce jusqu’à l’objectif. Entre-temps, ils doivent affronter la fatigue, la faim et le froid, sans compter les divers dangers qui jalonnent leur chemin.

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Affronter la grisaille

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L’aventure se joue comme un point’n clic : le clic droit permet de passer d’un personnage à un autre, le clic gauche indique où aller au groupe ou valide certaines actions. Au fur et à mesure de leur progression, la faim se creuse et les personnages se fatiguent, surtout s’ils doivent collecter des ressources en chemin. Le climat et ses variations ont aussi son influence et il faut éviter que l’équipe ait trop froid. À tous ces paramètres s'ajoute la gestion du moral des troupes.

Il est possible de régulièrement installer un campement. C’est à cette occasion qu’il est possible d’allumer un feu, de distribuer des vivres ou de soigner les blessés. Comme le danger est omniprésent, il vaut mieux affecter quelqu’un à la garde pendant que les autres se reposent ou discutent entre eux. On peut même envoyer un des membres fouiner dans les environs.

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Sur le chemin, le groupe fait diverses rencontres. Il faut souvent choisir la manière d’aborder ce nouvel évènement, chaque façon étant associée à un personnage : par la réflexion, par la force, de manière diplomatique ou tout en furtivité ? Le trajet peut également proposer des bifurcations et ce sera au joueur de décider de la direction à prendre.

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Ça caille tous les jours par ici, on n'est pas à Miami

L’objectif des développeurs était de faire un jeu qui change à chaque fois qu’on y joue. Ce principe est mis en application à l’aide de ces différents choix. Cela donne un total de 34 fins à découvrir. Toutefois, il convient de préciser que ce sont surtout des variations qui tournent autour de trois grands axes.

On peut ajouter à cela une encyclopédie qui se complète en trouvant les divers points d’intérêt au fur et à mesure des parties. Ces informations expliquent le fonctionnement de ce monde dévasté ou comment l’humanité en est arrivée là. On peut également en découvrir davantage sur nos personnages en les faisant discuter entre eux au coin du feu.

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Une partie dure environ deux heures. Après avoir terminé le jeu une première fois, il est possible de lancer une partie personnalisée et ainsi de choisir un point de départ plus avancé sur le trajet. Cela permet d’expérimenter d’autres choix sans pour autant tout refaire.

Pour les adeptes, il y a aussi 58 trophées à débloquer. Enfin, plutôt 57 : l’un d’eux est en effet exclusif aux testeurs de l’alpha.

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Souviens-toi que tu es né poussière

Sur le papier, Ashwalkers a tout pour plaire. Malheureusement, Hervé Bonin ne dispose plus de tous les moyens de Dontnod et ça se voit : le jeu a les allures et la réalisation d’un titre petit budget.

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Le déroulement d’une partie consiste finalement à avancer inlassablement dans de larges couloirs, la caméra toujours vissée dans la même direction. Cela permet quelques jolis plans lorsque divers sites se dévoilent aux yeux de l’équipe. En revanche, l’ensemble est souvent monotone, à cause des nuances de gris, mais surtout de la simplicité des décors. D’ailleurs, seuls les membres de la Section sont réellement modélisés : tout le reste apparaît comme des ombres qui s'effritent au vent.

Le but se résume donc finalement à amasser des ressources entre deux événements scriptés. Et, à l’image du reste, ces derniers sont plutôt simplistes : du texte, quelques boutons pour prendre une décision, et c’est tout. Ce n’est quand même pas Zork, mais l’ensemble fait terriblement vieille école. Ça fait bizarre de voir en 2021 un jeu qui raconte en textes comment le groupe fouille une ruine, combat une créature ou découvre un vestige ancien pendant que les personnages à l’écran avancent simplement de quelques pas dans une étendue vierge. C’est d’autant plus étrange que les briefings entre deux zones se parent au moins de jolies illustrations.

Tente fouillée... tout en restant à 10 mètres d'elle.
Tente fouillée... tout en restant à 10 mètres d'elle.
Il serait temps de penser à l'éviter : la Section est déjà plantée au milieu de son campement
Il serait temps de penser à l'éviter : la Section est déjà plantée au milieu de son campement

La partie survie n’aide pas vraiment à sauver l’affaire. Les ressources se trouvent en quantités bien suffisantes et les personnages s’avèrent bien plus coriaces qu’on pourrait le croire. À moins de cumuler les choix peu judicieux, il n’est pas difficile de mener la petite troupe vers une des fins. On est très loin des choix difficiles et poignants que peuvent, par exemple, proposer les jeux de 11 bit studios.

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À cela, on peut ajouter quelques bugs mineurs comme les plantes qui grandissent tandis qu’on s’en approche ou divers textes mal affichés.

Il faut quand même saluer le travail sur la partie sonore : les partitions sont de qualité, entre l’air de guitare au coin du feu et les mystérieuses musiques d’ambiance dans certains endroits clés.

Oui, Ashwalkers s’avère plutôt austère. La survie est anecdotique et les graphismes simplistes. Cependant, même s’ils ne consistent qu’à appuyer sur des boutons, les divers choix narratifs sont bien là et permettent de vivre une aventure taillée sur mesure. Surtout que son univers est plutôt intéressant et donne envie de parcourir les diverses zones proposées. Oui, c’est clairement un titre petit budget, mais qui a l'honnêteté de se proposer à petit prix. Si on aime construire sa propre histoire, il peut être intéressant de marcher sur le chemin qu’il propose.

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Test réalisé sur PC par NeoGrifteR à partir d’une version fournie par l’éditeur.

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Plateformes Windows
Genres Aventure, aventure non linéaire, survie, post-apocalyptique

Sortie 15 avril 2021 (Windows)

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