Test de Final Fantasy Tactics : The Ivalice Chronicles

Final Fantasy Tactics, un des monuments du TacticalRPG. Sorti en 1997, il a marqué le genre par son gameplay son gameplay, ses musiques et son histoire. Après des portages aux ajouts et modifications très limités, Square Enix se décide enfin à lui dédier une version améliorée, intitulée The Ivalice Chronicles.
Alors est-ce qu'après plusieurs décennies, ce récit de la Guerre des Lions et toujours un roi dans la jungle des RPG ?

/!\ Le test du jeu fut effectué en mode "version optimale", et c'est de cette version qu'il sera question ici, étant donné que la version classique est une simple copie du jeu d'origine.

La Guerre des Lions

Le jeu commence alors qu'un narrateur explique que l'histoire officielle n'est parfois qu'une version falsifiée des réels évènements.

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Le récit prend place peu de temps après une longue guerre, dont le royaume d'Ivalice souffre beaucoup. Alors que le Roi se meurt, deux Dirigeants essaient de s'accaparer la régence. Machinations, meurtres, enlèvements, menaces, etc. : le Royaume est ravagé par les conflits et le peuple en souffre. Mais dans l'ombre, d'autres tentent de manipuler le cours des évènements.

Au milieu de ce chaos, deux noms émergent : Ramza Beoulve et Delita Heiral. Le premier est le plus jeune héritier de la grande maison Beoulve, tandis que le second est issu du petit peuple. Autrefois proches amis, ils sont maintenant opposés dans les tourments du Royaume. Ces sont les visions, les convictions et les actes de ces deux jeunes hommes, qui façonneront l'histoire d'Ivalice.

Final Fantasy Tactics parle de beaucoup de choses. L'univers du jeu est assez touffu : il contient beaucoup de factions, d'intervenants, de lieux et d'objets. Alors, c'est de prime abord une histoire de conflits politiques et armés, mais il est aussi question de lutte des classes, de religion, d'amitié et de bien d'autres choses. Il y a beaucoup à dire sur son histoire, ses thèmes, ses sous entendus et ses interprétations, mais ce serait assez long et je préfère aussi laisser découvrir. C'est fou de voir tout ce dont ce jeu arrive à parler, avec justesse et avec si peu de dialogues. Final Fantasy Tactics, c'est un bijou d'écriture.

Un combat après l'autre

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Le groupe se déplace en Ivalice via les chemins d'une carte, qui joignent les divers points d'intérêts. Une des nouveautés de cette version est qu'il est possible de provoquer un combat sur n'importe quelle étape sur la carte (hors ville), alors qu'avant il fallait faire des va-et-vient pour déclencher un combat aléatoire.

Les affrontement du jeu se déroulent en tour par tour sur des cartes en damier. C'est en général en de petites proportions, aussi bien concernant la taille des cartes que le nombre d'unités présentes. Les personnages jouent les uns après les autres indépendamment du camp. Quand c'est à lui de jouer, un combattant peut effectuer diverses actions, comme se déplacer, attaquer ou encore utiliser des objets, qui dépendent de ses caractéristiques, de son équipement et de sa classe, mais nous y reviendrons. Lorsqu'une unité en cible une autre, un aperçu du résultat possible de l'action est affiché, avec par exemple le pourcentage de réussite et les dégâts infligés. Globalement, le système de combat est simple, clair, et efficace. Les cartes sont aussi assez limpides et bien prendre en compte la géographie du champs de bataille ainsi que les possibilités d'actions des adversaires présents est primordial. On met juste un bémol sur le fait que le dénivelé rend parfois l'action ou le déplacement peu lisible, malgré la présence d'une nouvelle vue aérienne. Au niveau de l'IA, celle-ci se débrouille plutôt bien, prenant en compte l'évolution du combat pour des déplacements et ciblages adaptés. Il semble d'ailleurs qu'elle ait été un peu améliorée.

À noter que les combats bénéficient de quelques ajustements de gameplay, d'équilibrage et d'informations. Deux autres nouveautés ; il est possible de se retirer d'un combat en cours pour retourner sur la carte du monde et le jeu affiche maintenant la vue du champ de bataille lors du placement des unités (avant, c'était un écran noir avec juste les cases de démarrage). Tout ça améliore l'expérience de jeu.

Faire ses classes

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Un personnage possède diverses caractéristiques de base, influencées ensuite par sa classe et ce qu'il équipe, ainsi que des habilités. Pour les caractéristiques, il s'agit des habituels points de vie, de magie, attaque physique, attaque magique, vitesse, distance de sauts, taux de parade, etc. L'équipement se compose de 5 emplacements, casque, chaque main, armure et accessoire, évidement déterminés par la classe utilisée. Les agilités permettent de définir ce dont l'unité est capable en combats : on a donc l'attaque, la capacité de la classe utilisée, un second emplacement de capacité pour celle d'une autre classe, un passif, une réaction et un bonus de mouvement.

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Chaque personnage utilise une classe, qu'il est possible de changer. Au début du jeu, il n'y en a que 5 de disponibles. Pour en utiliser d'autres, il faut les débloquer en progressant dans une ou plusieurs classe précédente. Par exemple, le Voleur se débloque en progressant en tant qu'Archer, et permet lui de débloquer le Chevalier Dragon. Chaque classe possède une liste de compétences actives et passives demandant des points de compétences pour les débloquer elles aussi. Une fois fait, elles sont disponibles en combats et peuvent être équipées dans les emplacement d'habilité. Ce système devient très intéressant, car, comme précisé au-dessus, il est possible de mélanger les habilités apprises d'une classe avec celles que l'on utilise actuellement. Vous pouvez faire un Mage noir qui lance des sorts très rapidement grâce au passif accélérateur d'incantation du mage du temps. Vous pouvez aussi faire un voleur qui se bat avec des épées de Chevalier grâce au passif permettant d'en équiper. Ou encore bénéficier du passif de résurrection automatique du Chevalier Dragon tout en étant Ninja. Il y a de nombreuses possibilités, certaines plus viables ou utiles que d'autres. Un très bon système de jeu, sans être trop complexe.

L'œuvre d'origine, modernisée sans trahir

Quand on regarde la "version optimale", The Ivalice Chronicles ne semble pas avoir bénéficié de beaucoup de changements. On sait d'ailleurs qu'il y a une certaine volonté de proposer l'œuvre d'origine, sans ajouts. Pourtant, il y a diverses petites choses qui ont été modifiées ou ajoutées, en plus de celles mentionnés au-dessus.

Déjà graphiquement, il y a un travail de modernisation, avec un affinage des textures, plus de détails et de meilleures animations, notamment. Mais entre la palette de couleur et le filtre graphique, le rendu arrive à rester  fidèle à l'esthétique d'origine. Le doublage est une grande nouveauté de cette édition. Ici testé en japonais, il est globalement de qualité, collant bien à beaucoup de personnage et arrivant a donner plus d'intensité aux situations. Apparemment, le doublage en anglais serait un peu en deçà, mais je ne l'ai pas testé. Tant qu'a parler sonore, il faut mentionner qu'il n'y a pas de réorchestration des musiques, choix difficilement compréhensible de la part de Square Enix, car les musiques de Final Fantasy Tactics font aussi partie des légendes du genre. La bande originale de Hitoshi Sakimoto et Masaharu Iwata reste encore aujourd'hui une merveille. Il ne semble pas y avoir eu non plus de vrai travail sur les bruitages, ce qui est là encore un peu dommage. On mentionne rapidement quelques améliorations d'interface, plus claire et fluide, et quelques options de conforts ajoutés. Le jeu est aussi légèrement optimisé pour les supports modernes, avec des temps de chargements raccourcis par exemple. On termine sur la présence, enfin, d'une traduction en plusieurs langues.

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Il faut mentionner l'ajout d'une grosse encyclopédie. Elle regroupe beaucoup d'informations sur l'univers du jeu, personnages, lieux, objets et évènements. Cela permet de se plonger plus profondément dans l'histoire, mais aussi de faciliter son suivi. Et pour la première fois en Occident, étant donné qu'ils étaient resté à l'époque réservés aux versions japonaises, des nouvelles narrant diverses histoires sont présentes. L'ensemble de l'encyclopédie constitue un ajout qualitatif d'importance.

Alors, on prend les armes ?

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Voici un étrange problème que de juger la version The Ivalice Chronicles de Final Fantasy Tactics. Quand on le compare à d'autres remasters de jeux de moins grande envergure ou renommée, il a clairement bénéficié de moins de moyens et d'attention. Des choix difficiles à comprendre pour un tel jeu. Et le prix s'en trouve aussi difficile à accepter. Pour autant, ce jeu reste Final Fantasy Tactics, un Tactical RPG de légende, remarquable par bien des aspects et qui reste aujourd'hui encore un mètre étalon du genre. Il s'agit du jeu de la PlayStation, modernisé, qui bénéficie de quelques ajouts et améliorations. Respectueuse du matériau d'origine, cette proposition est réussie aussi bien dans sa narration que dans son gameplay. Plus de 20 ans après sa sortie, l'histoire de Ramza et Delita reste une œuvre forte, marquante. Final Fantasy Tactics, c'est un jeu comme il y en a peu, et cette version qu'est The Ivalice Chronicles reste un bijou du genre.

Test réalisé par Zekkangel sur PC à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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