Test de Tales of Xillia Remastered: du bon et du moins bon
Tales of Xillia est le treizième épisode de la série Tales of. Il est sorti, sur PlayStation 3, en 2011 au Japon et deux ans plus tard dans le reste du monde. Une version remasterisée est ressortie fin octobre sur les supports modernes (Xbox Series X|S, PlayStation 5, Switch et Steam).
Un bon j-RPG ?
Le jeu commence par le choix du personnage principal : Jude ou Milla. Pour la grande majorité du scénario, ça ne change rien, mais dans les rares cas où le groupe se sépare, vous suivrez le personnage de votre choix.
Après une rapide introduction, les deux héros se rencontrent et Jude suit Milla dans le premier donjon. Manque de bol, c'est un laboratoire de recherche en armement et elle y sabote un prototype, donc les voilà ennemis publics n°1 et en cavale. On en découvrira les raisons de ses actions et leur contexte tout au long du jeu. Niveau écriture, si scénario n'a rien d'original, il n'en reste pas moins cohérent et bien écrit. Les personnages évoluent au cours de l'aventure et il est amusant de relever, lors d'une seconde partie, tous les indices qui préfigurent les moments-clés de leurs arcs narratifs respectifs.
Le gameplay en combat est assez varié, le gimmick principal du jeu étant que vous pouvez lier votre personnage à un autre pour profiter de ses spécificités et lancer des attaques en duo. Ainsi, par exemple, si vous jouez Jude, il peut se téléporter dans les dos des ennemis lorsqu'il esquive une attaque. Au contraire, si vous jouez quelqu'un d'autre et que vous êtes lié à lui, il vous soignera à chaque fois qu'un adversaire vous renverse. Le personnage lié coopère avec vous, en attaquant la même cible et en essayant de se synchroniser avec vos attaques pour prolonger les combos. C'est à la fois une force et une faiblesse, parce que la paire Jude + Milla a accès à bien plus d'attaques en duo que toutes les autres combinaisons possibles, et de loin.
En dehors des combats, si les zones sont plutôt grandes et si les donjons sont assez variés, on ne peut pas en dire autant des "routes", les environnements en extérieur qui relient les différentes villes et donjons entre eux. (Et qui remplacent sans doute ce qui, dans un autre RPG, serait les déplacements sur la carte du monde.) Elles sont génériques à souhait et manquent de personnalité : la plupart du temps, elles sont en bordure de forêt ou au fond de canyons, donc il n'y a jamais de panorama. De plus, les arbustes, les rochers ou même les terriers (qui mènent à de petites caves) qu'elles contiennent sont réutilisés bien trop fréquemment.
Combiné au recyclage des ports (tous les ports du jeu utilisent des versions légèrement différentes de la même carte, avec les mêmes vendeurs aux mêmes endroits), cela m'amène à penser que le jeu est peut-être sorti un peu rapidement et que quelques mois de développement supplémentaires auraient permis de corriger ça.
Au niveau des améliorations spécifiques à la version Remastered, on retrouve à peu près les mêmes que dans l'épisode précédent : une part de qualité de vie (options de sauvegarde rapide et automatique, possibilité de désactiver les combats, sous-titres pour les dialogues en combats), une part d'améliorations graphiques et une part de contenu téléchargeable (principalement des costumes).
Techniquement, si le portage n'est pas parfait, il n'en est pas loin. Sur Switch, j'ai subi un seul plantage, au lancement d'un combat, mais je soupçonne un imbroglio avec le chargement des deux cinématiques que j'avais passées juste avant. En dehors de ça, le seul point vraiment gênant est la demi-seconde de freeze qui se produit parfois en combat, au premier lancement d'un Arte lié (et là encore, je pense que c'est une histoire de chargement). Le reste du temps, le jeu reste fluide. Les autres supports étant plus puissants, je suppose qu'ils s'en sortent mieux.
En conclusion : Tales of Xillia est un bon j-RPG, même s'il a un peu de mal à démarrer. Après une paire d'heures de jeu, une fois que plus d'options de combat ont été déverrouillées, il est très agréable à jouer. Son système de liaison de personnages est original et plutôt bien exploité. S'il aurait pu bénéficier d'un peu plus de temps, aussi bien lors de son développement que de son portage, le produit présenté ici est et reste parfaitement fonctionnel. Son prix est raisonnable (40€ hors promotions) et, même s'il me semble légèrement plus court que la moyenne, le choix du personnage principal en début de partie permettra de rajouter un peu de variété en New Game +. Cependant ...
Et un bon Tales of ?
Cependant, remis dans son contexte, en tant que treizième épisode d'une série, la comparaison avec ses prédécesseurs n'est pas à son avantage. S'il suit assez fidèlement la formule de la série, on peut lui reprocher de ne pas vraiment innover. C'est assez difficile à expliciter, mais il ressort une impression que le jeu coche des cases : certains éléments font acte de présence, parce qu'ils sont dans un Tales of et qu'on s'attend à leur présence, mais on à l'impression que le jeu ne sait pas quoi en faire.
Il y a bien un système de titres, mais c'est juste les achèvements déguisés. On peut cuisiner acheter des plats tout préparés, mais les personnages n'ont pas de spécialités, ni de plats préférés. À chaque fois, la comparaison avec le système équivalent dans les jeux précédents (que ce soit Graces f Remastered ou Vesperia: Definitive Edition) se fait au détriment de Xillia.
De la même manière, narrativement, on peut avoir l'impression que la fin arrive de manière un peu abrupte et certaines sous-intrigues introduites au milieu de l'histoire ne sont résolues que dans des événements facultatifs (au mieux). Mais il faut reconnaitre que les quêtes secondaires sont ici plutôt bien balisées et qu'on est loin des évènements cachés à l'autre bout du monde et au timing très serré comme en était friand la série dans les années 2000-2010. (Voire Tales of the Abyss ou, à nouveau, Vesperia: DE)
Dans la lignée de Graces f, on continue d'assister à la modernisation de la série, en particulier dans la mise en scène des cinémartiques, grâce aux modèles de personnages plus détaillés. C'est aussi le premier jeu de la série en "vraie" 3D: comprenez qu'on peut pivoter la caméra avec le stick droit, alors que les épisodes précédents avaient des décors en 3D, mais des angles de caméra fixes et prédéterminés.
Plus généralement enfin, on peut aussi déplorer l'absence de Xillia 2, qui était plus un gros pack d'extension qu'un nouveau jeu de la série (tant et si bien que les DLCs de costumes réalisés spécialement pour l'épisode 2 étaient rétrocompatibles avec l'épisode 1). Cependant, on peut raisonnablement supposer qu'il subira sa propre remasterisation prochainement, ne serait-ce que parce que dans l'ordre de publication, c'est le dernier qui ne soit pas jouable sur supports modernes.
En re-conclusion, je tiens à le répéter ici : la plupart des critiques que je lui adresse plus haut ne sont valables que dans le contexte d'une comparaison avec les autres épisodes de la série. Comprenons-nous bien : s'il était sorti en tant que j-RPG "lambda", sans lien avec la série, ses faiblesses auraient été bien plus faciles à excuser. Non pas qu'il soit mauvais, mais être un épisode principal de la licence dilue ses qualités propres dans les attentes qu'on peut avoir vis-à-vis d'un tel statut. Dans l'état actuel des choses, le fait d'être un Tales of "light" peut au moins en faire un bon point d'entrée dans la série.
Test réalisé sur Switch par Alenn Tax grâce à une version fournie par l'éditeur.
| Plateformes | Nintendo Switch, PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | J-RPG, jeu de rôle (rpg), fantasy |
| Sortie |
31 octobre 2025 (Windows) 31 octobre 2025 (Nintendo Switch) 31 octobre 2025 (PlayStation 5) 31 octobre 2025 (Xbox Series X|S) |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.










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