Test - My Hero Academia: All's Justice - Plus Ultra ou Plus Moyen ?

Le dernier chapitre vidéoludique de la saga Academia débarque avec 68 héros jouables et l'arc de la Guerre Finale. Byking frappe-t-il enfin un grand coup, ou rate-t-il encore son One For All ?

 

My Hero Academia: All's Justice débarque sur PC, PlayStation et Xbox comme le chapitre vidéoludique ultime de la licence phare de Kōhei Horikoshi. Développé par Byking, studio désormais familier de l'univers des Héros après trois opus de la série One's Justice, ce nouvel arena fighter 3D se donne pour mission ambitieuse de célébrer l'arc narratif le plus explosif de l'anime : la Guerre de Libération Paranormale et ses conséquences dévastatrices.

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Avec un roster titanesque de 68 personnages jouables, chacun arborant son Alter unique, et un mode Histoire promettant de revivre les moments les plus marquants de la série, All's Justice s'adresse frontalement aux millions de fans de l'œuvre. Dans un marché saturé d'adaptations d'anime en jeux de combat, le titre de Byking réussit-il à transcender le statut de simple produit dérivé pour offrir une expérience digne du cri de ralliement "Plus Ultra" ? Nous avons enfilé notre costume de héros pour le découvrir.

Ce qu'on a aimé

Un roster colossal qui célèbre toute la galerie des Héros et Vilains

Difficile de ne pas saluer l'effort monumental fourni par Byking sur le plan du contenu jouable. My Hero Academia: All's Justice aligne pas moins de 68 personnages, un chiffre qui dépasse largement les précédents volets de la franchise et qui place ce titre parmi les arena fighters les plus généreux du marché.

De Izuku Midoriya sous ses différentes incarnations (le jeu propose cinq versions du personnage principal reflétant son évolution) à des personnages plus secondaires mais adorés des fans comme Lemillion, Suneater ou Fat Gum, en passant évidemment par les poids lourds comme All Might, Endeavor, Shigaraki ou All For One, le casting ratisse large et profond dans l'univers Academia.

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Cette abondance n'est pas qu'un argument marketing : chaque combattant dispose d'un style de jeu véritablement distinct basé sur son Alter, cette particularité génétique qui définit son pouvoir. Bakugo explose tout avec sa nitroglycérine sudorale, Todoroki jongle entre glace et flammes, Tokoyami invoque Dark Shadow pour des attaques à distance, tandis qu'Ochaco manipule la gravité pour déstabiliser ses adversaires.

Nous avons particulièrement apprécié la façon dont les développeurs ont su traduire mécaniquement les Alters les plus complexes, offrant ainsi une diversité de gameplay rare dans ce type de production. Même si certains choix de roster peuvent questionner (fallait-il vraiment cinq Deku au détriment d'autres personnages ?), l'ensemble reste impressionnant et garantit des heures d'expérimentation pour trouver son trio idéal.

Un mode Histoire épique et fidèle au matériel source

Le mode Histoire constitue sans conteste l'un des points forts de cette production. Byking a choisi de concentrer son récit sur l'arc de la Guerre de Libération Paranormale et ses suites, ces moments où l'anime a basculé dans une tonalité plus sombre et mature.

Et nous devons reconnaître que la fidélité au matériel original est exemplaire : les événements se succèdent dans le bon ordre, les enjeux émotionnels sont respectés, et les affrontements clés qui ont marqué les téléspectateurs trouvent ici leur transcription interactive. Les développeurs ont manifestement travaillé avec amour sur cette partie, alternant séquences jouables et cinématiques pour maintenir un rythme narratif soutenu.

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Les cutscenes, particulièrement celles réalisées en CGI pour les moments cruciaux, affichent une qualité visuelle qui fait honneur aux scènes iconiques de l'anime. Nous avons retrouvé l'intensité du combat entre Deku et Shigaraki, l'émotion du sacrifice de certains héros, ou encore la détermination collective de la classe 1-A face au désespoir.

Pour les fans de la série qui souhaitent revivre ces instants sous un angle interactif, le mode Histoire remplit parfaitement son office et constitue un véritable hommage à cette phase décisive du récit. La durée n'est pas négligeable non plus, avec une campagne qui demande entre six et dix heures pour être complétée, selon votre niveau d'habileté et votre désir d'exploration des objectifs secondaires.

Des combats spectaculaires qui capturent l'essence de l'anime

Sur le plan de la mise en scène pure, All's Justice parvient à reproduire le spectacle visuel qui fait la renommée de l'anime. Les Alters s'expriment dans des explosions de couleurs et d'effets spéciaux qui saturent l'écran, les attaques spéciales déclenchent des animations dédiées dignes des moments les plus épiques de la série, et les impacts semblent porter un véritable poids grâce à une physique améliorée par rapport aux One's Justice précédents. Lorsque Bakugo déclenche son Howitzer Impact ou qu'Endeavor embrase tout l'écran avec son Prominence Burn, le jeu réussit à procurer cette montée d'adrénaline caractéristique des grands affrontements de My Hero Academia.

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Les bandes sonores originales de l'anime accompagnent ces moments, renforcées par les doublages authentiques (en japonais comme en anglais, même si nous y reviendrons), créant une atmosphère immédiatement reconnaissable pour quiconque a suivi les aventures de Deku et ses camarades.

Byking a également introduit deux modes de contrôle distincts : un mode Normal pour les novices qui simplifie l'exécution des techniques, et un mode Manuel pour les joueurs cherchant plus de profondeur tactique. Cette accessibilité bienvenue permet à n'importe quel fan de la série de sauter dans l'action et de réaliser des combos spectaculaires dès les premières minutes, ce qui correspond parfaitement à l'esprit inclusif de l'œuvre originale où chacun peut devenir un héros.

Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé

Les Missions Team-Up, entre bonne idée et tâches répétitives

Le mode Team-Up Missions représente une tentative louable d'élargir la formule au-delà du simple combat en arène. L'idée de parcourir une reconstitution de la ville, d'accepter des requêtes de citoyens, de collecter des objets et d'affronter des criminels entre deux missions principales possède un certain charme thématique. Après tout, être un héros ne se résume pas aux grands combats épiques, et ces missions reflètent le quotidien des Héros professionnels dans l'univers de Horikoshi.

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Les premières heures passées à explorer cet environnement ouvert, à débloquer des mini-jeux et à découvrir des collectibles procurent un plaisir certain, donnant l'impression d'incarner véritablement un élève de Yuei entre deux cours. Le problème, c'est que la structure de ces missions manque cruellement de variété.

Après avoir accompli une dizaine de requêtes, un schéma prévisible émerge : se rendre au point A, éliminer des ennemis génériques, récupérer un objet ou parler à un PNJ, retourner au point B. Ce qui semblait une expansion intelligente du gameplay se transforme progressivement en corvée, en busywork qui rappelle les quêtes secondaires les moins inspirées des JRPG.

Nous nous sommes retrouvés à accomplir ces missions plus par souci de complétion que par réel plaisir, et ce sentiment de lassitude s'installe malheureusement assez rapidement. L'intention était noble, l'exécution aurait mérité plus de créativité et de diversification pour maintenir l'intérêt sur la durée.

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Un équilibrage du roster perfectible

Avec 68 personnages, l'équilibre parfait relève de l'utopie, nous en sommes conscients. Les arena fighters basés sur des licences d'anime privilégient traditionnellement la fidélité aux personnages plutôt que la balance compétitive pure, et c'est compréhensible. Néanmoins, nous avons constaté des écarts de puissance assez marqués entre certains combattants qui peuvent frustrer selon votre choix d'équipe.

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Certains personnages disposent d'Alters qui se traduisent par des kits de compétences objectivement plus complets et polyvalents, tandis que d'autres semblent limités dans leurs options tactiques. Ces disparités ne posent pas de problème majeur en jeu libre contre des amis qui partagent la même philosophie de fun avant tout, mais elles deviennent plus apparentes lorsqu'on affronte l'IA du jeu ou des adversaires en ligne cherchant l'efficacité maximale.

De plus, la décision d'inclure cinq versions de Deku (reflétant son évolution et ses pourcentages croissants du One For All) laisse un goût amer quand on pense aux personnages populaires qui auraient pu occuper ces emplacements. Certes, chaque itération de Deku joue différemment et illustre sa progression, mais n'aurait-il pas été préférable d'avoir une seule version complète et d'allouer ces ressources à des absents notables du roster ? Cette question restera sans doute débattue longtemps dans la communauté des fans.

Ce qu'on a moins aimé

Une intelligence artificielle déséquilibrée qui bascule dans l'injustice

C'est probablement la faille la plus frustrante d'All's Justice : l'intelligence artificielle adverse souffre d'un déséquilibrage qui transforme certaines séquences en véritable calvaire.

Plutôt que de créer une difficulté naturelle basée sur des patterns à apprendre et une montée en compétence progressive de l'adversaire, les développeurs ont opté pour la méthode brutale : augmenter artificiellement les dégâts infligés par l'IA tout en lui conférant des capacités de lecture d'inputs et de réaction qui frôlent l'omniscience.

Résultat, dans les derniers chapitres du mode Histoire et certaines missions Team-Up de haut niveau, nous avons affronté des ennemis qui semblent infliger le double de nos dégâts tout en parant ou esquivant nos attaques avec une précision surhumaine. Cette approche ne crée pas du challenge stimulant, elle génère de la frustration pure.

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Les combats contre plusieurs adversaires simultanés amplifient ce problème de manière exponentielle : être pris en tenaille par trois ennemis qui coordonnent leurs assauts avec une efficacité que nulle équipe humaine ne pourrait atteindre relève du cauchemar.

Nous avons passé des dizaines de tentatives sur certains affrontements, non pas parce que nous devions améliorer notre stratégie ou notre timing, mais simplement parce que la victoire dépendait largement de la chance et de l'espoir que l'IA nous laisse respirer quelques secondes.

Le boss final du mode Histoire mérite une mention spéciale pour toutes les mauvaises raisons : un combat interminable, répétitif, où l'adversaire dispose d'une barre de vie démesurée et d'attaques qui punissent la moindre erreur de façon disproportionnée. Ce type de design artificiel ternit considérablement l'expérience solo.

Des problèmes techniques et un manque de polish évident

Le budget limité de la production se ressent malheureusement dans plusieurs aspects de la réalisation. Sur le plan purement technique, nous avons constaté des ralentissements récurrents lors des séquences les plus intenses, particulièrement quand trois personnages aux Alters visuellement chargés s'affrontent simultanément dans une explosion de particules et d'effets spéciaux. Ces chutes de framerate, même temporaires, nuisent à la lisibilité des combats et peuvent même affecter le timing de vos inputs dans les moments critiques.

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Les arènes, au nombre de neuf seulement (contre vingt-cinq dans One's Justice 2, ce qui représente une régression incompréhensible), souffrent de dimensions parfois trop vastes qui créent des situations où vous perdez littéralement vos adversaires de vue, la caméra peinant à suivre l'action de manière cohérente. Cette confusion visuelle atteint son paroxysme dans les combats multiples où jongler entre les cibles devient un exercice de patience plus qu'une démonstration de skill.

Le système de personnalisation, bien que présent, se révèle lourd et peu intuitif, avec une interface qui semble n'avoir bénéficié d'aucun véritable travail d'ergonomie. Plus décevant encore, le contenu en costumes alternatifs est famélique : les tenues alternatives des précédents jeux ont mystérieusement disparu, laissant place à une sélection minimaliste qui ne satisfera pas les joueurs habitués à customiser leurs combattants favoris.

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Enfin, impossible de ne pas mentionner la qualité catastrophique du doublage anglais. Nous qui apprécions habituellement de pouvoir alterner entre les langues selon notre humeur, nous avons rapidement abandonné la piste audio anglaise tant les performances vocales semblent phrasées sans conviction, voire contre-emploi total pour certains personnages. Ajoutons à cela quelques dialogues japonais qui ne bénéficient mystérieusement d'aucun sous-titrage, et vous obtenez une localisation qui laisse clairement à désirer.

Un contenu qui aurait mérité plus d'ampleur

Au-delà des problèmes d'équilibrage et techniques, All's Justice donne l'impression d'une opportunité partiellement manquée en termes de contenu et de modes de jeu. Le mode Histoire, bien que fidèle et plaisant, se concentre exclusivement sur l'arc de la Guerre Finale, ignorant complètement les saisons précédentes qui auraient pu être revisitées ou proposées en missions bonus. Pour les nouveaux venus dans l'univers vidéoludique de My Hero Academia, cela signifie sauter directement dans les événements les plus récents sans contexte interactif pour les arcs fondateurs de la série.

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Le mode Mémoires et les autres modes bonus semblent avoir été ajoutés sans véritable réflexion sur leur intégration dans l'économie globale du jeu : ils existent, vous pouvez y jouer, mais rien ne vous motive vraiment à le faire au-delà de la complétion pure.

L'absence de mode combat 1v1 (le jeu impose systématiquement le format 3v3) restreint également les options tactiques et frustra les puristes qui préfèrent les duels classiques. Le hub d'exploration des missions Team-Up, malgré son concept prometteur, se révèle étonnamment vide et statique, peuplé de PNJ sans personnalité qui se contentent de distribuer des quêtes génériques.

On aurait aimé voir ce monde prendre vie avec des événements dynamiques, des interactions plus riches avec les personnages secondaires de la série, ou simplement plus d'activités qui justifient l'existence de cet espace ouvert. Au final, tout semble avoir été conçu pour cocher des cases – mode histoire, check ; missions ouvertes, check ; multijoueur, check – sans que ces éléments ne soient véritablement développés jusqu'à leur plein potentiel.

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Crache ton One For All, Myrhdin

My Hero Academia: All's Justice représente indéniablement le meilleur jeu que Byking ait produit pour la licence, avec des combats plus lisibles qu'auparavant, un roster impressionnant et un mode Histoire qui rend justice (sans jeu de mots) à l'arc narratif le plus intense de l'anime. Les fans de la série y trouveront leur compte, particulièrement s'ils recherchent une manière interactive de revivre les événements de la Guerre de Libération Paranormale aux côtés de leurs héros préférés.

Malheureusement, les ambitions du titre sont sapées par des choix de game design discutables – cette IA injustement déséquilibrée qui transforme le challenge en frustration – et par un manque de polish technique qui trahit les contraintes budgétaires du projet. Les missions Team-Up, prometteuses sur le papier, s'essoufflent rapidement dans la répétition, et plusieurs régressions par rapport au précédent opus (moins d'arènes, moins de costumes) questionnent la direction prise.

All's Justice n'est ni le chef-d'œuvre définitif que méritait la licence, ni un désastre indigne de l'univers de Horikoshi. C'est un arena fighter honnête, généreux en contenu jouable, mais entravé par des défauts qui empêchent de crier véritablement "Plus Ultra".

Si vous êtes un admirateur inconditionnel de My Hero Academia, vous passerez outre ces aspérités pour savourer le plaisir de contrôler votre roster de rêve. Si vous recherchez un jeu de combat techniquement irréprochable et équilibré, vous risquez de rester sur votre faim.

Dans tous les cas, Byking progresse, lentement mais sûrement. Peut-être que le prochain opus atteindra enfin le sommet.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec une clé ou un jeu fournis par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le développeur, l'éditeur ou les entreprises les représentant.

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