Test de WWE 2K26 - Un temps d'arrêt et des doutes
Chaque année, Visual Concepts et 2K Games reviennent avec la licence WWE. Plus populaire que jamais, le catch américain sort à peine d'une longue tournée d'adieux d'un John Cena vieillissant, qui se payait le luxe d'un dernier arc narratif plus ou moins rigolo avant sa retraite. Désormais, la légende n'est plus là et d'autres doivent reprendre la place. Parmi eux, un catcheur qui a longtemps été en froid avec le principal promoteur de catch aux États-Unis, mais qui est revenu au top de sa forme : CM Punk. Choisi comme vedette, il est au centre du jeu WWE 2K26.
Un Showcase à côté de ses pompes, où est CM Punk ?
D'entrée, on n'a qu'une envie : lancer le mode Showcase. Ce mode qui a maintenant quelques années revisite, chaque année, la carrière d'une catcheur célèbre ou une période particulière de celle-ci. Pour cette année, CM Punk est à l'affiche, avec la promesse d'avoir quelque chose d'inattendu tant sa carrière et ses relations avec la WWE sont controversées. Et c'est la douche froide, car c'est complètement raté : en allant raconter l'histoire de CM Punk, Visual Concepts entrait en eaux troubles tant CM Punk a rarement été en accord avec la WWE. Revenu dans l'escarcelle du show concocté par Triple H en 2023, le catcheur l'avait quitté près de 10 ans auparavant avec fracas, lassé par sa position au sein du show, n'ayant jamais eu l'opportunité alors d'un "main event" à Wrestlemania, et ce qu'il estimait des considérations financières décevantes. Et son séjour à la WWE n'était pas de tout repos non plus, puisqu'on se souvient de son "Pipe Bomb" en 2011, où il racontait l'hypocrisie des coulisses et du management de la WWE en plein show. Et... Rien de tout cela n'apparaît dans le mode Showcase. On y trouve un CM Punk qui dit vouloir raconter sa carrière et quelques-uns de ses combats les plus marquants, tout en réécrivant l'histoire de certaines défaites dans un espèce de "what if", mais jamais ne sont abordés les sujets qui fâchent. Pas une surprise, certes, car le jeu est réalisé sous l’œil de la WWE, mais on y perd toute la spontanéité du catcheur et l'intérêt de sa carrière. À tel point que l'on finit avec un mode lisse, des combats sans intérêt et une partie narrative qui ignore tout le sel de CM Punk. Le mode est d'autant plus frustrant qu'il se rate sur ses mécaniques. Le mode repose à chaque fois sur des objectifs à atteindre dans les matchs pour les remporter (réaliser certaines prises, dans le bon ordre) ; or, cette année, ces objectifs sont parfois très frustrants, peu précis, et poussent à recommencer une poignée de matchs plusieurs fois pour enfin les réussir. Un mauvais point, qui finit d'achever un mode complètement loupé, et, comme un aveu d'échec, il est possible de complètement zapper ce mode en réussissant un "gauntlet", c'est-à-dire l'affrontement successif de 20 combattants. Le réussir permet d'obtenir l'intégralité des récompenses du mode Showcase sans avoir à s'en fader tous les scénarios. On n'est pas plus séduits par le mode MyRise qui, comme chaque année, permet de créer sa superstar et lui permettre d'atteindre les sommets. Pour cette année, on y incarne un personnage qui serait une ancienne star, revenue après une longue absence pour retrouver sa place (oui, CM Punk avec une moustache). Plus court que l'année dernière, le mode ne corrige toutefois pas ses soucis habituels : peu de matchs marquants, une mise en scène très basique et des arcs narratifs quelconques, on le fait pour le plaisir de se faire la main et de retrouver les sensations, mais il n'y a pratiquement aucun intérêt si ce n'est de débloquer du contenu pour les autres modes (catcheurs, rings). On note toutefois le retour du mode The Island, qui est apparu l'année dernière avec une île à explorer, où l'on accomplissait diverses quêtes à la manière du mode carrière des NBA 2K. Toujours pas indispensable, le mode se paie toutefois des modifications intéressantes, comme une meilleure carte et des quêtes mieux racontées. Mais ça reste quelque chose de très artificiel, avec un rythme en dents de scie, des quêtes qui ne se justifient jamais autrement que "va taper untel" et le sentiment de jouer dans un grand parc d'attractions de marques où il faut dépenser des sous pour ressembler à quelque chose. Certes, les cosmétiques qui permettent d'améliorer le look de notre catcheur ne sont pas obligatoires, mais c'est l'essentiel de l'intérêt de la progression. Et ces cosmétiques coûtent toujours une blinde de points VC, un classique pour les jeux de sport 2K, qu'il faut soit obtenir péniblement avec beaucoup trop de combats, soit en dépensant notre (vrai) argent.Des changements timides, on est en terrain connu
Outre ces quelques soucis côté modes de jeu, WWE 2K26 est avare en nouveautés. Côté gameplay, on compte assez peu d'innovations, il faut se limiter à une poignée de mouvements bienvenus, mais qui ne révolutionnent pas le jeu, comme la possibilité de courir (enfin, trottiner) tout en tenant son adversaire : de quoi l'amener rapidement vers la corde ou un coin. Idem, le jeu revoit son système de contre et d'endurance. Auparavant, la barre d'endurance baissait et rendait les contres plus difficiles ou, pire, le catcheur plus lent. Désormais, il peut être mis dans un état d'essoufflement (symbolisé par un cercle violet qui se remplit). Une fois essoufflé, il est impossible de courir, mais surtout de contrer. On comprend bien l'intérêt de la dynamique, en ligne notamment, où les personnes qui maîtrisaient bien le système de contre étaient virtuellement intouchables. Désormais, chaque contre impacte l'endurance et peut mener à cet essoufflement. Une bonne idée, mais l'exécution ressemble quand même à un pansement sur une jambe de bois, le problème étant surtout que le système de contre a fait son temps et qu'il mériterait peut-être d'être revu pour être plus juste, sans pouvoir en abuser. Plus juste au sens où les inputs de contre et le timing sont parfois difficilement identifiables, sauf à avoir mémorisé les centaines de prises et coups pour connaître le timing de chacune d'entre elles. Enfin, cette nouvelle édition amène quatre nouveaux types de matchs : I Quit, Inferno, Three Stages of Hell et Dumpster. Pour I Quit, c'est probablement le meilleur des quatre, puisqu'il consiste à essayer de battre son adversaire en le poussant à abandonner. Pas via les prises de soumission, mais simplement en vidant son énergie jusqu'à pouvoir déclencher un QTE lui hurlant d'abandonner. Pas mauvais, le QTE est suffisamment interactif pour donner une chance aux deux camps de se défendre ou d'attaquer et ça donne des matchs qui peuvent basculer de manière spectaculaire. En parlant de spectacle, Inferno consiste lui à se taper dessus pour faire grossir des flammes entourant le ring. Une fois à leur apogée, il faut coincer son adversaire pour le balancer dans les flammes. Un gimmick rigolo, mais on en voit vite le tour. Enfin, Three Stages of Hell ne consiste qu'en une succession de trois combats d'affilée avec des règles différentes, de l'endurance donc, et Dumpster, où l'on doit enfermer son ennemi dans une poubelle, à la manière des combats d'ambulance et de cercueil qui reposent sur la même mécanique. On apprécie quand même ces quatre nouveaux types de combats, même s'ils ne restent que secondaires face aux déceptions principales du titre. Enfin, les autres modes principaux (GM, Faction, Universe) évoluent peu. Non, en réalité, c'est plutôt du côté du roster que l'on se fait plaisir : avec environ 400 combattants (en incluant les versions alternatives de différentes époques), on a de quoi faire. Mais pour tout débloquer, il y a un hic : un "ringside pass" similaire à un battle pass fait son apparition avec des récompenses plus ou moins difficiles à atteindre (et impossibles pour les joueurs occasionnels, sauf en payant) et les combattants de la "Attitude Era" de la fin des années 1990, l'une des plus populaires de la WWE, se cachent en partie derrière une édition spéciale du jeu, plus chère que la version de base.Conclusion
C'est une sacré déception. WWE 2K est une licence que l'on aime et à laquelle on revient chaque année avec le même plaisir, mais cette édition 2026, derrière ses promesses, se rate complètement. Le nouveau système de contre et son impact sur l'endurance est bénéfique pour rendre les combats plus réalistes, poussant parfois à faire des prises de soumission ou s'éloigner pour regagner un brin d'endurance avec un temps mort (comme dans la réalité). Mais le mode Showcase dédié à la carrière de CM Punk se plante complètement en ignorant absolument tout de ce qui rend sa carrière si spéciale par volonté de rester très lisse et le fait de cacher une grosse partie du contenu de la Attitude Era, largement mise en avant dans la promotion du titre, derrière une édition spéciale et coûteuse, est symptomatique du modèle économique habituel des jeux de sport de 2K Games qui, encore et toujours, nous attriste. Même si cette année, on récupère les commentaires audio rigolos de Booker T.
Test réalisé par Hachim0n sur PlayStation 5 à partir d'une version fournie par l'éditeur.
Sur le même sujet :
| Plateformes | Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Catch, sport, sport de combat, amérique du nord, contemporain |
| Sortie |
13 mars 2026 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.





Réactions
Pas de compte JeuxOnLine ?
Créer un compte