Test de LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir - Le bal des références et une déclaration d'amour
Quatrième épisode de la série des LEGO Batman, L'Héritage du Chevalier Noir arrive avec des intentions nouvelles. Au-delà de la proposition habituelle d'aventures accessibles à faire seul ou (de préférence) en coopération, cette nouvelle itération veut s'appuyer sur deux éléments. D'abord, le renouvellement de la structure des jeux LEGO, avec un accent plus important mis sur l'histoire et la mise en scène, avec une caméra pratiquement à l'épaule, comme on l'a vu il y a quelques années dans le très bon LEGO Star Wars : La Saga Skywalker. L'autre élément, et non des moindres, c'est la promesse de faire un best-of (entre autres) des adaptations cinématographiques du justicier. Et c'est sacrément bien fait.
Batman au travers des décennies
Du Penguin de De Vito au Joker de Heath Ledger, en passant la Catwoman de Michelle Pfeiffer, la campagne, divisée en six chapitres, nous plonge à différentes époques de la vie de Batman en les incarnant via ses représentations ciné les plus fortes. Tout commence par son enfance gâchée par le meurtre de ses parents, son entraînement auprès de Ra's al Ghul que le jeu cherche du côté du Batman Begins de Nolan, avant de nous montrer la naissance du Joker dans ce qui rappelle Killing Joke et qui se révèle finalement dans une séquence qui rappelle la géniale scène du musée du Joker de Jack Nicholson. C'est, en une aventure d'une quinzaine d'heures (en ligne droite), le résumé de quelques décennies de cinéma, mais aussi de comics et même de jeux vidéo avec de multiples références aux titres de Rocksteady qui alimentent le jeu. Mais si l'on pouvait croire à un vague fourre-tout référentiel comme ont parfois eu tendance à être les jeux LEGO, ce nouvel épisode parvient en réalité à trouver le difficile équilibre qui rend ces références extrêmement savoureuses sans pour autant donner le sentiment d'une quelconque facilité. Au contraire, l'aventure, très dynamique, référencée, bourrée de bonnes idées de gameplay avec un renouvellement constant des objectifs, soit en zones linéaires soit dans son monde ouvert en planant ou en utilisant la Batmobile, ne cesse de donner le sourire. Le plaisir est instantané et plus que la chasse aux références, c'est le plaisir pur d'assister à cette grande déclaration d'amour à l'univers de Batman qui fait du bien au petit cœur de fan du justicier. Cela passe par des dialogues toujours justes, avec un Batman stoïque et très drôle, des interactions succulentes entre le justicier et ses compagnons de route (Jim Gordon, Catwoman, Robin, Nightwing, Batgirl...), mais aussi une direction artistique qui parvient via ses LEGO à rappeler avec facilité des scènes mémorables au cinéma, une bande originale solide et, plus généralement, la promesse de toujours s'amuser sans trop se prendre au sérieux. Le jeu raconte le héros au travers de plusieurs arcs empruntés aux films et aurait pu choisir la facilité de coller à ses références, mais il a l'intelligence de réinventer quelques séquences marquantes pour coller à la dérision inhérente aux jeux LEGO, sans être lourdingue, montrant autant de volonté d'amuser que de rendre hommage à ce qui a accentué la légende au-delà des comics. Et c'est ce qui permet de traverser les six chapitres avec le sourire, toujours impatient de découvrir la prochaine séquence qui évoquera de bons ou (mauvais) souvenirs, comme son Mr Freeze qui rappelle Schwarzenegger ou ses multiples tenues à débloquer directement inspirées des films. Le jeu ne se limite d'ailleurs pas à la nostalgie habituellement caractéristique de ce type d'exercice, puisqu'on compte un paquet de références plus récentes à The Batman de Matt Reeves, à commencer par son Jim Gordon inspiré par Jeffrey Wright. C'est un jeu-somme pour une licence qui s'est souvent limitée aux comics, puisque excellents fournisseurs de centaines de personnages et ennemis en tous genres, mais qui là emprunte à un imaginaire qui parle sûrement à plus de monde, et qui lui permet aussi de se recentrer sur des versions de Batman moins nombreuses, mais en insistant sur une narration plus solide. C'est d'ailleurs, paradoxalement, un reproche que l'on pourrait lui faire : il y a au final très peu de personnages jouables, juste Batman et ses quelques sidekicks habituels. Mais cela n'empêche pas le jeu de proposer un paquet de choses à débloquer, notamment des costumes, des voitures et une multitude d'objets pour décorer la Batcave que l'on construit peu à peu, au fil de l'aventure, en utilisant les pièces LEGO qui servent de monnaie d'échange.L'école du contre
Côté aventure et combats, on sent la très forte influence des jeux de Rocksteady. Le jeu y fait même référence parfois dans son histoire, mais c'est sur le gameplay qu'on voit que la formule héritée de la trilogie Arkham a encore de beaux jours devant elle. Il faut donc compter sur des combats à base de contres, en une touche, qui ressemblent vite à une chorégraphie dansée où l'on passe d'un ennemi à l'autre pour enchaîner les contres et faire augmenter le multiplicateur de coups. Efficace, le système manque toutefois toujours d'impact et c'est là une des caractéristiques des combats dans les jeux LEGO que ce nouvel épisode n'arrive pas à remettre en cause. On a trop souvent le sentiment de taper dans le vide, avec des ennemis qui réagissent peu aux coups ; le système reste efficace, mais on n'y prend pas autant de plaisir qu'espéré. Heureusement, les combats sont en général assez courts et les combats de boss, eux, reposent sur des patterns et des astuces à base d'accessoires propres à chaque personnages à utiliser pour s'en défaire. Et ça fonctionne là plutôt bien : malgré le manque d'impact, les combats de boss sont sympathiques et offrent de bonnes séquences. Même si la force du jeu reste ses niveaux linéaires, qui entrecoupent des séquences libres dans le monde ouvert, où l'on s'amuse franchement à découvrir les différents lieux inspirés des films avec des objectifs propres à chacun. C'est là que l'on utilise les différents personnages et leurs accessoires originaux pour passer les obstacles, sans grande difficulté avec des puzzles très simples, mais toujours satisfaisants. Quant au monde ouvert, on sent là encore l'influence de Rocksteady, tant dans le déplacement en planant et en utilisant le grappin, la Batmobile ou plus généralement dans la jolie direction artistique générale de ce Gotham à la sauce LEGO. On prend là aussi du plaisir à l'explorer, à en voir tous les recoins, même si les objectifs secondaires n'ont pas la même saveur que la quête principale. Il y a bien quelques quêtes spéciales à accomplir qui mettent en scène des personnages récurrents de la licence, mais la plupart des objectifs restent des courses, des challenges de combats ou d'obstacles à accomplir ou encore des trophées et des coffres à trouver pour obtenir des points WayneTech qui permettent ensuite d'améliorer les accessoires de chaque personnage. Pas essentielles, ces activités secondaires restent quand même de bons moyens de glaner un peu de monnaie pour acheter des costumes et nouveaux véhicules. Idem pour la progression du personnage, qui passe par la dépense de briques dorées glanées en cours de jeu, pas indispensable à la quête principale (qui pourrait parfaitement se terminer sans dépenser aucun point de compétence) mais qui permet tout de même de renforcer les personnages et de débloquer quelques compétences bien utiles qui rendent les combats et déplacements plus fluides. De manière générale, c'est un jeu très simple et accessible, conformément à ce qui est attendu avec les titres LEGO, ce qui fait qu'il ne complexifie jamais ses systèmes avec une quelconque obligation de débloquer toutes ces compétences secondaires. Mais s'y adonner permet tout de même d'explorer le monde de manière encore plus agréable ou d'apporter plus de diversité aux combats.Conclusion
Plaisir, c'est le mot qui revient le plus souvent quand je parle de LEGO Batman : L'héritage du Chevalier Noir. Pas forcément avide du trop-plein de références, le jeu m'a rapidement rassuré en montrant que ses références ont un sens, qu'elles sont là non seulement pour servir son aventure et le côté ludique, mais aussi pour une (sincère) déclaration d'amour à un Batman à la sauce cinéma, en reprenant des scènes marquantes tout en les réinventant à la sauce humoristique des jeux LEGO. Drôle, agréable à jouer, le jeu ne cesse de donner le sourire et laisse presque un sentiment de "pas assez" quand le générique de fin déroule sous nos yeux, alors que je m'amusais tant et que j'en aurais bien repris un petit peu. Mais c'est peut-être là aussi une de ses forces, avec une campagne maîtrisée, sans gras, tout juste ce qu'il faut pour s'amuser sans jamais se lasser. Une réussite, sans aucun doute.
Test réalisé par Hachim0n sur PlayStation 5 à partir d'une version fournie par l'éditeur.
Sur le même sujet :
| Plateformes | Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Action, monde ouvert, amérique du nord, contemporain |
| Sortie |
26 mai 2026 (Windows) 26 mai 2026 (PlayStation 5) 26 mai 2026 (Xbox Series X|S) 18 septembre 2026 (Nintendo Switch 2) |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.





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