Test de Wolfenstein II : The New Colossus

Trois ans et demi après Wolfenstein : The New Order (et le stand-alone Old Blood), Machine Games revient mettre en scène les aventures de Blazko contre les boches - et Adolf est témoin, ils font encore plus mal que dans le précédent volet.

There must be an Engel (playing with my heart)

Attention, ce paragraphe contient des spoilers sur l’épisode The New Order.

On retrouve Blazkowicz là où on l’avait laissé dans le précédent volet : sur le carreau, les tripes à l’air alors que s’apprête à détonner une charge thermonucléaire. Ses compagnons ne veulent pas le laisser botter des culs en enfer et s’emploient donc à le retenir parmi les vivants, quitte à le charcuter comme ils peuvent... On aura ainsi un premier chapitre qui est à l’image de celui du précédent jeu : Blazko en fauteuil roulant, affaibli, qui trouve tout de même la force d’éviscérer des nazis. Et ce n’est que le début d’une longue épopée jonchée de headshots, de démembrements et de lancers de hachettes.

Du côté des ennemis, le général Strasse laisse place au général Engel, rescapée du premier volet. Forcément folle à lier, elle est un véritable cafard qui mène la vie dure aux Résistants de tous les horizons et son obsession première est évidemment « Blazko le Barjo ». Ses cohortes germaniques seront rejointes, quoique sporadiquement, par le Ku Klux Klan – un peu trop sporadiquement peut-être, ce sont plus des guest star à trucider vu leur rareté...

Question histoire, il faut avouer qu’elle met du temps à décoller. On peut même dire qu’on s’ennuie un peu, même s’il est toujours réjouissant de concasser du nazi à loisir. C’est seulement au bout de quelques heures de jeu que ça s’accélère et le jeu assume enfin pleinement son côté série B, au fur et à mesure que l’on rencontre des nouveaux membres de la Résistance. Les dialogues sont aussi crus que les tripes des boches, les compagnons complètement déglingués et on se rend compte très rapidement qu’Anya est vraiment la compagne parfaite pour Blazko.

Härter besser schneller stärker

On retrouve, dans The New Colossus, les mécaniques éprouvées précédemment : on peut tenir une arme dans chaque main, dégommer tout en faisant des glissades, faire des éliminations furtives... L’arsenal principal ne change que marginalement (le Lazerkraftwerk étant légèrement remanié côté découpage de tôle, qui était pénible dans le premier, et est maintenant simplifié), et la gestion de la santé et de l’armure restent ce qui se fait de plus classique.

Par contre, passé un point (justement là où l’histoire décolle vraiment), on peut choisir une capacité spéciale (« appareil ») entre trois : la première permet de se glisser dans et sous les endroits les plus étroits, des conduits de ventilation aux tuyaux reliant par exemple deux étages, et est donc celle qui se focalise sur la furtivité ; la seconde est le plastron-bélier, un renforcement qui permet de foncer/enfoncer/défoncer des murs... Ou des nazis ! Mais là, au revoir la furtivité, bonjour la brutalité ; et enfin, la troisième consiste en des sortes d’échasses mécaniques, permettant d’atteindre des hauteurs inatteignables pour avoir un avantage tactique (ou faire quelques éliminations furtives...). Dans les faits, toutes les pièces sont accessibles avec n’importe quelle capacité, cela influencera surtout le style de jeu que vous voulez adopter par la suite. Pour ma part, j’ai opté pour la furtivité... mais on pourra débloquer les deux autres capacités en fin de jeu, histoire de se faire bien plaisir.

Les affrontements sont plus sanglants, plus brutaux, plus rapides qu’avant (surtout si on opte pour le pastron...). On fait couler des hectolitres d’hémoglobine nazie, à grands renforts de bastos, mais aussi de coups de hachette sanguinolents en combat rapproché. Blazko est une pure machine à tuer et on ne s’étonne pas qu’il soit envoyé tout seul dans ses missions vue l’efficacité du bonhomme à éradiquer le péril boche. Petite surprise, pas de vrai combat de boss, mais plutôt des machines de plus en plus énormes accompagnées de poignées savamment distillées de soldats, dans des combats de plus en plus nerveux à mesure de l’avancée dans le jeu. Et ce n’est pas forcément plus mal !

Bémol sur les phases de furtivité, où comme avant les soldats nazis peuvent être cons comme des balais (il n’est pas rare d’en voir surveiller des fenêtres fermées...) ou avoir une vue aussi perçante qu’un Ezio Auditore alors qu’on est furtif comme jamais. Il est souvent plus simple d’y aller comme un bourrin...

Yippee Ki Yay, Arschloch

Une petite note sur le doublage. Pour la version française, Bethesda s’est offert quelques pointures : Laura Zichy (connue surtout pour le doublage du personnage de Michonne dans la série The Walking Dead, elle a aussi fait la voix française de l’IA du Gipsy Danger dans Pacific Rim) et Emmanuel Karsen (qui a déjà doublé Sean Penn, Norman Reedus ou John Leguizamo) rejoignent le casting, alors que la voix de Patrick Bethune est oubliée au profit de Patrick Poivey, pour le rôle-titre de B.J. Blazkowicz.

J’aurais envie de dire que c’est à double tranchant. Sans remettre en question le talent de doublage de M. Poivey, force est de constater que souvent, des répliques tombent complètement à plat, surtout dans ses réflexions intérieures. C’est surtout le cas dans la première partie du jeu, qui est plus « morne » que la seconde partie... Dès l’instant où on bascule totalement dans le nawak, on n'y prête moins attention, on se sent bien dans la veine des films d’action des années 90, à l’ancienne, John McLane en mode commando !

Mais pour ceux qui ont déjà retourné The New Order, le changement de voix laissera une impression étrange, comme si ce n’était plus Blazko.

Vous reprendrez bien quelques Fritz ?

L’un des points où The New Colossus pêche par rapport à son prédécesseur, c’est sur la durée de vie de la campagne du jeu. Moins de chapitres, un peu moins d’heures de jeu... Et comme il n’y a pas de mode multijoueurs, ce que d’aucuns trouveront rédhibitoire pour un FPS en 2017, Machine Games prolonge comme il peut l’expérience Wolfenstein 2 en permettant de procéder à des assassinats de grands responsables nazis, les Übercommanders, en arpentant les niveaux déjà éprouvés.

Pour débloquer les localisations, il faudra trouver des codes sur des commandants lors de la campagne et les décrypter à l’aide de la fameuse machine Enigma, qui n’a décidément pas été jugée obsolète dans les années 60. Si vous n’arrivez pas à entrer un code dans le temps imparti, les codes secrets utilisés seront perdus et il faudra en retrouver d’autres sur des capitaines, quitte à refaire de vieux niveaux déjà débloqués...  Les complétionnistes seront ravis de voir qu’une mission bonus, dans un niveau spécifique, sera à son tour disponible une fois toutes les cartes funestes retrouvées sur les Übercommanders. Même si elle n’est pas très longue ou difficile, elle a au moins le mérite d’exister.

Das Ende ?

Wolfenstein The New Colossus fait plaisir : en restant dans la veine du précédent, il se permet de remettre un coup d’accélérateur bienvenu en diversifiant les environnements (qui sont plus que du béton marron sur du béton gris de The New Order), en nawakisant le scénario et en rendant plus nerveux tous les affrontements.

La direction artistique tape dans l’œil, le jeu est très beau (mention spéciale aux méchas qui sont magnifiques) et ça tourne crème en paramètres « élevé » sur ma machine (i5 3570 + GTX970 et 16Go RAM). Par contre, j’ai déjà eu droit à de nombreux plantages « Could not write crash dump » dans des situations aléatoires et à en juger les forums je ne suis pas un cas isolé.

En attendant des mises à jour pour corriger définitivement le souci... On prend énormément de plaisir à incarner Blazko dans sa campagne meurtrière, le jeu se permettant aussi de donner de la profondeur au personnage en usant de flashbacks sur sa jeunesse.

Une suite ? On verra bien... En tout cas, s’ils prennent à nouveau quelques années pour peaufiner la formule et la rendre encore meilleure, je signe tout de suite. En attendant, un season pass est déjà là pour trois DLC à venir très prochainement.

Test réalisé par Bardiel Wyld à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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