Test de Wreckfest - Mise à jour du 24.08.2019 : test de la version Xbox One par Hachim0n

Wreckfest est sorti il y a quelques semaines après une très longue période d’early access qui avait assuré un gros public de fans derrière le jeu. Beaucoup de monde parle du renouveau de Bugbear, le développeur, et de l’héritier de Flatout. QUE NENNI !!!!

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Mise à jour du 24.08.2019 : test de la version Xbox One par Hachim0n

Héritier des FlatOut et d’une époque où on aimait jouer des portières dans les jeux de course, Wreckfest sortait l’année dernière dans une version PC qui a su convaincre son public. Grâce à sa physique qui permet d’anéantir presque complètement des véhicules qui n’ont rien demandé et à des épreuves globalement variées, le titre est devenu un vrai terrain de jeu pour les joueurs et les moddeurs en tout genre. En effet, au-delà du soutien permanent de ses développeurs, Wreckfest a aussi accueilli bon nombre de véhicules et tracés imaginés par la communauté. À l’heure de son arrivée sur consoles, le jeu passe entre nos mains pour quelques tours de piste sur sa version Xbox One.

Sans mods et appui de la communauté, Wreckfest débarque sur consoles sur la pointe des pieds avec tout à prouver. S’il est l’héritier de jeux qui ont fait le bonheur des consoles à une autre époque, il tirait sa force de son moteur physique si bien exploité par sa communauté toujours plus créative. Cependant, Wreckfest veut prouver qu’il a d’autres atouts, à commencer par un contenu initial suffisamment étoffé pour tenir en haleine. Et c’est bien ce qu’on lui demande : entre ses courses de citadines et de tondeuses à gazon, le jeu nous étonne autant qu’à sa sortie PC avec toujours ces mêmes sensations et ce même plaisir à froisser la tôle de nos concurrents. D’autant plus que cette version Xbox One vient rapidement répondre à une des principales craintes : exigeant techniquement, le jeu tourne pourtant très bien. Bien qu’il soit limité à 30 images par seconde, il reste stable en toutes circonstances tout en limitant les concessions graphiques. Évidemment, on y voit plus d’aliasing que sur PC et une distance d’affichage pas toujours tendre avec les environnements des circuits, mais l’essentiel y est avec des véhicules toujours aussi bien modélisés et des dégâts reproduits comme sur PC. Sans être aussi fine, la version consoles s’en sort sans trop de mal et offre une bonne expérience.

Qui plus est, pour un jeu comme Wreckfest, qui fait la part belle à la destruction et aux coups de portière, on était assez surpris de ne voir aucun ralentissement alors que de nombreuses voitures s’explosaient les unes contre les autres dans un circuit « en huit ». On garde évidemment une certaine tendresse pour les affrontements en arènes à bord de tondeuses à gazon, mais le jeu réussit à peu près tout ce qu’il entreprend et reproduit dans ce portage l’essentiel de ce qui a fait le succès du jeu sur PC. Un point toutefois bien obscurcir le tableau : le mode en ligne, joué avant la sortie (et donc avec un nombre restreint de joueurs) s’est révélé particulièrement instable avec des déconnexions et beaucoup de latence. Le jour et la nuit en comparaison du local qui fonctionne à la perfection et il faut espérer que cela soit réglé au fil des mises à jour, car Wreckfest fait sans aucun doute partie des très bons jeux de courses de l’année.

Faut-il la recommander pour autant ? Pour un joueur qui n’a pas de PC capable de faire tourner le jeu, la réponse est simple : Wreckfest est un excellent jeu au contenu plutôt généreux, dans un genre qui se fait rare et qui n’a pas toujours offert de bonnes choses. Néanmoins, s’il y a un choix à faire, la version PC reste toujours plus intéressante grâce aux mods qui ont permis à Wreckfest de viser de nombreux publics, à l’image de son très efficace mod Nascar. Bref, l’absence de mods sur consoles est un énorme manque, mais le portage est suffisamment solide et sérieux pour mériter que l’on s’y intéresse.

Oui, je suis un vieux con

Alors peut-être est-ce que c’est parce que je suis un vieux con, mais personnellement je n’ai jamais pris mon pied avec Flatout. Le jeu n’avait, pour moi, aucune âme et on était loin de ce que j’attendais d’un jeu du genre. La critique était pourtant unanime… mais pas moi. Alors, parler d’héritier de Flatout… pff, non merci.

Par contre, et ça, c’est aussi probablement parce que je suis vraiment un vieux con :p Wreckfest est carrément l’héritier de… Destruction Derby ! Ce jeu, qui était un « must have » sur la PlayStation première du nom, avait fait un énorme carton, mais son concept n’avait ensuite presque jamais été imité. Et bien, c’est fait : Wreckfest est son digne héritier spirituel ; j’ose même dire qu'il écrase complètement son prédécesseur (bon, plus de 20 ans après, ce n’est pas difficile, mais pour moi ça n’avait pas encore été accompli). Voilà, c’est dit.

Chapeau, l'artiste

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Bugbear Entertainment a clairement réussi un coup de maître. Le développeur finlandais, spécialiste des jeux de courses, n’avait à son actif que les seuls Flatout et sa suite comme réussites commerciales, le reste étant plus des commandes comme Sega Rally Revo en 2007 ou Ridge Racer Unbounded en 2012. Bref, de gros noms, sur d’anciennes séries phares, mais qui n’ont malheureusement pas eu le succès escompté malgré le carton Flatout. Néanmoins, pour Wreckfest, ils ont décidé de partir de zéro et de se démerder tous seuls.

Pourtant, ce n’est pas parti sous de bons augures. Le jeu, initialement nommé « Next Car Game » (très imaginatif pour une boîte dont c’est la spécialité), a connu un échec retentissant dans son financement participatif lancé en 2013. Toutefois, n’écoutant que leur courage, les développeurs n'ont pas abandonné et le jeu a tout de même pu sortir en accès anticipé sur Steam fin de cette même année… soit il y a cinq ans ! C’est énorme, mais ça a fonctionné à merveille. Dans ce laps de temps, le jeu s’est bonifié, la communauté de joueurs s’est formée et, à l’écoute de celle-ci, le studio a développé son titre. Une réelle success-story qui mérite qu’on y jette un œil. Cependant, parlons maintenant de l'essentiel : le jeu.

Vroom, vroom, on démarre !

Le premier truc qu’on se dit en lançant le jeu est "ça dépote". Rien que la bande-son nous met bien dans l’ambiance et on a hâte d’aller froisser de la tôle. Plusieurs modes de jeu se proposent à nous :

  • Carrière
  • Libre
  • Multijoueurs

Bon, on ne fait pas l’andouille, on démarre petit, par le mode carrière. Celle-ci est particulièrement bien foutue. Plusieurs catégories existent allant d’amateurs à « World Class », la difficulté augmentant évidemment au fur et à mesure de notre progression. Et ça fonctionne bien, car le mode carrière nous permet de toucher à tous les genres de voitures et de circuits, des plus tordus aux arènes ; il vaut mieux passer par là avant d’aller s’amuser en ligne.

Bref, en démarrant notre première course, on se retrouve en tondeuse à gazon… ça, je ne m’y attendais pas. Ce n’est pas bête, car on peut tout de suite voir que Wreckfest en a dans le ventre au niveau du gameplay : le terrain terreux, les dérapages, les chocs : tout transpire le réalisme.

Puis vient la seconde course, une vraie course, avec de vraies voitures et là, énorme baffe : le jeu est d’une finesse rarement vue sur un jeu de course, le décor est animé, l’asphalte superbement bien rendu, les traces de freinage marquent et restent au sol, les effets de lumières sont somptueux et, le clou du spectacle, les dommages sur les véhicules sont très bien modélisés et assez réalistes quant aux chocs subis. Ben oui, n’oublions pas : Wreckfest est un jeu de courses, certes, mais il est un jeu de stock-car surtout. Donc des chocs, il y en aura beaucoup.

Simulation ou pure arcade ?

Le jeu, sans être totalement une simulation pure et dure, est toutefois assez réaliste pour plaire autant à un public exigeant qu’à ceux qui veulent juste s’amuser et tout casser. Dans les virages, on sent la perte d’adhérence des pneus et le transfert de masse de la voiture, on peut partir en drift assez facilement et il faudra vraiment gérer ce genre de maniement pour être efficace. À ce niveau, d’ailleurs, pour les optimisateurs fous, on peut régler sa voiture de façon assez précise, changeant sa maniabilité du tout au tout si vous le désirez. On ressent aussi la différence de poids des voitures. Essayez de rentrer dans une jeep avec votre petite compacte… vous en payerez les frais ! À ce niveau, il y a une épreuve assez fun qui consiste, à terminer premier en partant dernier et à bord d’un van à 3 roues… tous vos adversaires étant d’anciens bus scolaires américains. Et bien… vous apprendrez à slalomer pour éviter ces gros tas de métal qui roulent comme des pétés et qui n’auront aucun, mais je dis bien aucun, scrupules pour vous rentrer dedans comme des sauvages dans le simple but de vous sortir de la route.

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Autant dans cette épreuve, c’était marrant… autant c’est peut-être le seul point négatif du jeu : l’IA est bonne, mais parfois pas très cohérente. Certains adversaires n’hésiteront pas à vous saborder, quitte à savoir qu’en faisant leur action, ils s’éliminent de facto. Mais bon, ce n’est pas non plus une généralité du comportement de l’IA… ça arrive parfois, tout simplement.

Pour en revenir aux dégâts, ce qui est classe, c’est que les dégâts de la voiture sont non seulement très réalistes, mais qu'ils influencent aussi votre conduite. Une voiture abîmée subira une perte d’adhérence, d’accélération, etc. De plus, les décors, eux aussi, s’abîment. Les pneus volent sur la piste, les piquets sont arrachés, des bouts de tôles traînent au milieu du circuit… et un détail (mais qui m’a frappé, car c’est peut-être la première fois que je le vois dans un jeu de course) : les murs qui sont sur le côté des circuits de course s’abîment quand on leur rentre dedans avec une voiture, ce qui arrive souvent quand on est plusieurs dans un virage… Combien de fois ai-je vu des gars rentrer volontairement dans un mur pour repartir sur un meilleur angle pour le virage suivant, dans les autres jeux de courses… ici, ça sera à vos frais !

Il y en a pour tous les goûts

Donc vous l’avez compris : les épreuves sont variées et les circuits bien fun (mention spécialement pour les circuits en « 8 » qui apportent une sacrée dose de chance (ou de malchance) dans la course. Certaines épreuves sont à élimination, avec des quarts et des demi-finales. Et selon vos résultats à chaque palier, vous serez plus ou moins bien placés sur la grille de départ du palier supérieur, en sachant que seule la meilleure moitié des concurrents passent à l’échelon supérieur. C’est fun.

Ensuite, avec un petit tour au garage, vous pourrez évidemment acheter de nouveaux véhicules, mais aussi des pièces pour ceux déjà en votre possession. Même sans dépenser des sous, vous en aurez quelques-unes, car selon vos résultats sur certaines épreuves, vous pourrez parfois acquérir de nouveaux véhicules, vous permettant par la même occasion de progresser dans le mode carrière, selon les prérequis nécessaires pour certaines épreuves.

Bon, on a fait nos preuves… allons jeter un œil au mode multijoueurs.

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Une autre dimension

Là, en plein milieu d’après-midi,  je dois bien avouer que je n’ai pas vu foule, mais il y avait tout de même environ 200/300 joueurs jouant sur différents serveurs. On en rejoint un au pif… et là, c’était un peu la foire à la nawak. Pas de restrictions, donc j’étais là avec ma petite voiture de classe « C » (presque le plus bas) contre des gars de tous les niveaux. Bref, je n’étais pas là pour gagner la course, mais pour m’amuser. Problème : avec ce système, on voit de tout sur la route, dont des bus scolaires et des… genres de moissonneuses (je n'ai pas eu le temps de voir en détail, j’essayais de les éviter) qui, évidemment, n’avaient rien de mieux à faire que de rouler en contresens pour dégommer tout le monde.

Bon, ça reste fun de s’amuser à slalomer et à éviter des gars qui en veulent à votre vie… mais après quelques courses, on s’en lasse vite. Hop changement de serveur. Le nouveau est limité aux classes « C », avec marqué en grand quelques règles de courtoisies pour éviter le genre d’énergumènes cités plus haut. Et là, c’est un autre univers. Alors ouais, ça continue a se rentrer dedans, mais dans la joie et la bonne humeur et dans l’optique… de gagner ! Et ça, c’était tout de suite plus fun, car le joueur est capable, bien plus que l’IA, d’être tantôt un sadique de première classe, tantôt un gars sympa qui joue fair-play (je dois bien dire que cette 2e catégorie subit plus que la première. Devinez dans laquelle je me trouve). En effet, vous aurez vite compris comment gérer la masse de votre adversaire. Comment toucher votre concurrent pour qu'il perde le contrôle et parte en sucette. Le résultat est extrêmement agréable. Je me retrouve, vingt ans en arrière, à jouer à Destruction Derby contre d’autres joueurs aussi barrés que moi. C’est génial et totalement addictif.

Autre chose qui vaut sûrement à Wreckfest une longue et heureuse vie : la communauté et ses mods. Il y en a déjà un très grand nombre avec de nouveaux circuits, de nouvelles voitures, des nouvelles pièces… bref, de quoi s’amuser longuement dans le jeu.

En conclusion, ne loupez pas ce jeu ! Il n’a pas fait grand bruit dans la presse, mais il vaut clairement le détour et les connaisseurs sont déjà dessus, ce n’est pas pour rien.

Disponible sur PC, le jeu sortira avant la fin d’année sur PlayStation 4 et Xbox One. On lui souhaite le meilleur !

- Test réalisé par Seiei à partir d'une version fournie par l'éditeur


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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.