Test de Dakar 18 sur PlayStation 4 : à fond dans le sable

Au milieu des simulations (Forza Motorsports, Gran Turismo) et de ceux orientés arcades (The Crew, Need for Speed), certains jeux de courses automobiles se focalisent sur une niche particulière (Dirt Rally, Formula 1). Bigmoon Entertainment tente sa chance avec Dakar 18 et propose un genre particulier encore trop inexploité : le rallye-raid, soit la course d’orientation.

Test de Dakar 18 sur PlayStation 4 : à fond dans le sable

Une prise en main laborieuse

Tout d’abord, Dakar 18 nous invite à parcourir un didacticiel pour introduire les spécificités d’un jeu de course d’orientation : livret d’étapes, boussole, points de passages… On comprend alors très vite qu’on n'est pas là pour faire des tours de circuits, mais pour s’élancer dans les grands espaces et, si possible, trouver le chemin de l’arrivée.

Cependant, celui-ci donne l’impression d’être incomplet, en particulier sur la gestion des dégâts, des points Dakar (pour réparer le véhicule si besoin), des pénalités ainsi que sur les actions que l’on peut effectuer à pied : désenlisement et aide à apporter aux concurrents notamment. On verra bien une fois perdu au milieu du désert.

Dakar 18 propose trois niveaux de difficulté, dont les différences sont surtout marquées par l’aide à l’orientation. En effet, au niveau débutant, un indicateur sur la boussole est toujours présent pour diriger le joueur. C’est une bonne idée, mais on perd alors l’intérêt d’un jeu d’orientation. On lance donc une partie en mode « compétiteur » avec l’iconique voiture Peugeot-Total, mais la douche froide arrive très vite : la voiture est extrêmement difficile à prendre en main et gâche tout le plaisir de conduite et de découverte. Même en gérant finement l’accélération ou en ajustant les curseurs de conduite dans les paramètres, la conduite est désagréable. On est allé jusqu’à emprunter un volant à un collègue, sans vraiment être plus convaincu par la jouabilité.

Heureusement, Dakar 18 propose plusieurs véhicules issus des équipes engagées dans le vrai Dakar, comme la Toyota Hilux ou le Renault Duster. C’est donc après trois étapes de souffrance avec la voiture Peugeot-Total qu’on se décide à relancer une partie avec un véhicule plus accessible, comme la Hilux.

Le plaisir de l’orientation

Ainsi, moins concentré sur la conduite, on commence à saisir le plaisir de la course d’orientation. On fait défiler le carnet d’étape, aidé de notre co-pilote, et on se prend au jeu : on ralentit pour prendre le temps d’observer les points d’intérêts ainsi que pour éviter de dévier du cap et on fait attention de ne pas rater de point de passage sous peine d’être pénalisé ou tout simplement pour ne pas se perdre !

Oui, car Dakar 18 est intraitable en mode compétiteur : on peut littéralement se perdre dans les grandes étendues désertiques à la suite d’un mauvais virage, d’une bifurcation ratée ou parce qu’on a tourné une dune trop tôt. Il est alors nécessaire de revenir au dernier point de passage (avec une pénalité en prime) ou de recommencer l’étape.

Avec des étapes pouvant durer facilement 1 heure (et 15 étapes pour clore la course), autant dire que la concentration et les nerfs sont mis à rude épreuve. Il peut arriver de croiser d’autres concurrents en course et il faut avouer qu’il peut alors être reposant (surtout durant le dernier quart d’heure d’étape) de tout simplement suivre leur trace.

À la fin d’une étape, Dakar 18 peut ajouter de la frustration en sanctionnant le joueur de pénalités qu’il ne comprendra pas vraiment. Ce sont probablement des points de passage ratés, mais il aurait été moins décevant et plus didactique de présenter au joueur précisément les raisons et les localisations des pénalités, plutôt que de les lui balancer à la figure.

Dakar 18 - En course (Capture par gamersyde.com)

La gestion du véhicule

Dans Dakar 18, la gestion de la conduite peut sembler simple au premier abord : il suffirait de viser le cap défini par le carnet d’étape et de garder le pied sur l’accélérateur. Seulement, cette approche se révèle très vite limitée puisqu’elle pousse le véhicule au-delà de ses retranchements mécaniques. En conduisant ainsi, les pneus, les amortisseurs, le radiateur ou encore la transmission sont rapidement endommagés et nécessitent une réparation sur place.

Ces réparations demandent également des DP (Dakar Points), que l’on gagne visiblement à chaque point de passage validé. On se demande quel est le rôle exact de ces DP, qui empêchent ponctuellement le joueur d’opérer une réparation au prix de quelques minutes au classement général.

Bref, on apprend vite à ralentir en haut des dunes, à faire le tour des cols, à lever le pied au milieu des rochers et à aborder correctement une descente dans le sable. Le véhicule a toujours besoin de coups de clé à la fin de l’étape, mais permet au joueur de finir l’étape de dans bonnes conditions.

Étrangement, à la fin d’une étape en mode compétiteur, la voiture peut être entièrement réparée simplement en appuyant sur un bouton ; comme si changer la boite de vitesse, l’embrayage, la transmission, les roues et le radiateur pouvait être fait en quelques heures. Ainsi, la gestion de l’état du véhicule reste confinée à une seule étape.

La vraie expérience : moto/quad en mode légende

En choisissant de conduire une voiture, un camion ou un tout-terrain (SxS), vous êtes assisté par un co-pilote qui vous donne des indications importantes et tourne les pages du carnet d’étapes (le road book) automatiquement. En moto ou en quad, vous êtes seul, sans assistance orale, et vous devez gérer le carnet vous-même ; bref, l’authentique expérience des courses d’orientation !

De plus, le mode « légende » apparait après avoir fini le mode « compétiteur » une première fois. Celui-ci est bien évidemment plus exigeant sur la gestion des dommages et relève d’autant plus le niveau des autres concurrents.

On lance donc une partie en moto en mode légende. Malheureusement, la douche froide est immédiate : la physique de la moto est absolument improbable et déroute complètement. À tel point qu’il est très difficile de finir la première étape ! On se replie alors sur un quad, beaucoup plus réaliste et sympathique à piloter.

Le jeu ne laisse alors aucune pitié : pas de possibilité de recharger un point de passage, dommage sur le véhicule accru et aucune aide de la part d’un co-pilote pour décrire et faire défiler le carnet d’étape ! Chaque étape est alors une véritable épreuve psychologique, mais toujours gâchée par les nombreux petits défauts du jeu.

Dakar18_Moto

Un jeu qu’on veut aimer (mais on peut pas)

Oui, car Dakar 18 est un jeu qu’on veut aimer. D’un côté, c’est un jeu original, première tentative intéressante de retranscrire un rallye-raid comme le Dakar en jeu vidéo. De l’autre, l’effort de Bigmoon Entertainment est présent et visible.

Cependant, de nombreux petits défauts viennent gâcher l’ensemble, qui aurait pu se révéler très bon. Tout d’abord, la physique des véhicules et la conduite en générale ne sont pas agréables du tout. Les temps de chargement sont beaucoup trop longs, ce qui n’est pas excusable vu la qualité graphique générale et la direction artistique très pauvre. On a l’impression que Dakar 18 charge l’intégralité de la carte à chaque chargement au lieu de simplement charger une petite zone autour du joueur.

Le nombre de musiques est très limité et irrite inévitablement le joueur au bout d’un moment.

Enfin, pour les joueurs qui jouent sur un petit écran comme moi (32 pouces dans le salon), l’interface n’est absolument pas adaptée ; les textes, les indications et le cahier d’étape sont presque illisibles. Un réglage de mise à l’échelle de l’interface aurait été le bienvenu.

Dakar 18 n’est pas un mauvais jeu, mais il n’est pas bon non plus. C’est un essai satisfaisant qui laisse augurer un bon (potentiel) Dakar 19.

Test réalisé par Adau à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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