Test de Bad North

Déjà disponible sur consoles depuis fin août, le Bad North des Suédois de Plausible Concept débarque enfin sur PC. Nous avons bravé le froid, la pluie et de nombreuses hordes de Vikings assoiffés de sang pour vous rapporter nos impressions sur cette exclusivité temporaire de Discord.

Fuir, toujours plus loin

Bad North se décrit comme un roguelite tactique en temps réel. Ce que vous pouvez traduire par « un RTS dont la carte de campagne est générée de manière procédurale ». Le concept est en fait assez simple : votre peuple et vous, son roi, devez fuir devant la horde des envahisseurs vikings. Cette fuite se déroule sur une carte à plusieurs embranchements via une progression au tour par tour. Lors de chaque tour, vous choisissez une île à défendre contre des vagues d’ennemis, en tentant de les empêcher de mettre le feu aux bâtiments de l’île. La dernière vague repoussée et la victoire acquise, vous gagnez un peu d’or pour chaque bâtiment encore debout. Puis, vous terminez le tour, ce qui déplace la ligne de front, rendant inaccessible ce qui se trouve derrière. Vous ne pouvez donc qu’avancer et reprendre le combat sur l’île suivante. Encore et encore.

Test de Bad North
Notez la ligne en pointillés qui indique que l'île à sa gauche disparaîtra au prochain tour

RTS pour les nuls

Pour défendre vos îles, vous pouvez déployer jusqu’à 4 commandants, chacun d’entre eux représentant une petite troupe. Chaque troupe peut être spécialisée en trois types d’unités. L’infanterie d’abord, seules unités à porter un bouclier et qui constituera la base de votre milice. Les archers ensuite, excellents (enfin, quand ils veulent) pour éclaircir les rangs adverses avant même qu’ils abordent, à moins qu’ils ne soient protégés par des boucliers. Les piquiers enfin, des unités capables de tenir une position comme personne, mais incapables de se battre en se déplaçant. Évidemment, vous pouvez dépenser votre argent pour faire progresser chaque troupe à travers trois rangs, du novice qui sait à peine comment tenir son arme jusqu’à l’élite qui telle celle de JOL sait tout sur tout.

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Notez également que chaque type d’unité possède sa propre capacité spéciale, là aussi déblocable et améliorable avec de l’or. On retiendra surtout la charge des piquiers, la seule m’ayant paru réellement utile dans le lot. La pluie de flèche des archers fait un peu trop de dommages collatéraux tandis que l’attaque tombée de l’infanterie est trop situationnelle. Enfin, chaque commandant peut se voir attribuer un objet que vous trouverez sur certaines îles. Objet améliorable avec de l’or, comme d’habitude. C’est tout pour la personnalisation et c’est un peu le problème du jeu.

Victoire !
Victoire !

De l’art du bon placement

Envahissement de terrain
Envahissement de terrain

Avec seulement trois familles d’unités disponibles, on comprend vite que la clé du succès réside dans la manière de bien les utiliser. Ce qui implique de bien analyser l’île sur laquelle on s’arrête et de tirer profit au maximum de sa morphologie. Ainsi, placer ses archers en hauteur devrait être une évidence, tout comme utiliser les piquiers pour garder un goulot d’étranglement. Bien sûr, les grands stratèges vous diront qu’un plan n’est bon que jusqu’au début de la bataille et ils auront raison. L’ennemi vous tombera dessus de plusieurs endroits différents, parfois simultanément. On doit donc souvent ajuster le placement des troupes en fonction de ce qui nous arrive de la mer.

Heureusement, Bad North n’est pas totalement en temps réel. En effet, le temps ralentit dès que vous sélectionnez une unité, vous laissant la possibilité de la déplacer ou d’utiliser sa capacité spéciale. C’est également durant cette simili-pause que vous pouvez donner à votre unité l’ordre de se reposer dans un bâtiment pour en ressortir indemne. Ou d’abandonner l’île, le cas échéant. En effet, roguelite oblige, si votre troupe est décimée durant la bataille, elle est définitivement perdue et avec elle les objets et l’or investis dans l’amélioration de vos trouffions. Choisir quand se reposer et quand sonner la retraite devient donc aussi important que le choix de la prochaine destination de votre voyage, car s’il est bien possible de rencontrer de nouveaux commandants en chemin, rien ne dit qu’ils seront accessibles directement. Être en sous-effectif pour défendre une île peut s’avérer problématique et être le début d’un effet domino menant à une fin de partie.

Simple, mais peu profond

On l’a compris : si Bad North est un jeu relativement simple à prendre en main, c’est aussi cette simplicité qui le dessert sur le long terme. De par sa nature même et par son manque de variété, le jeu devient rapidement affreusement répétitif. Les premières heures de découverte des mécaniques passées, on s’aperçoit que le jeu manque cruellement de profondeur. Une profondeur qui aurait pu venir d’un plus grand choix de types d’unité ou de plus de possibilités de personnalisation des attaques spéciales. Même les objets, seul élément aléatoire de la partie, ne suffisent pas apporter une touche de variété au jeu. À titre d’exemple, j’en ai à peine découvert quatre types différents lors de mes sessions de test. C’est peu, trop peu.

Un des rares types d'objets que j'ai découvert
Un des rares types d'objets que j'ai découvert

L’île de la Discord

Du côté technique et artistique, difficile de faire des reproches à Bad North. Le jeu ne demande pas une grosse machine pour tourner et le résultat, quoique qu’assez minimaliste, est propre et lisible. Il est possible de faire tourner la caméra autour de l’île et de dézoomer un peu. On distingue donc sans peine quels types d’ennemis sont sur le point de débarquer. La génération aléatoire des îles donne par contre parfois des situations absurdes, où des archers ennemis se sont retrouvés coincés dans une zone inatteignable par mes troupes. Rien de bien grave cependant. Plus embêtant par contre, la tendance de l’IA à séparer vos troupes lors des déplacements ou des phases d’attaque, les laissant ainsi dans une infériorité numérique souvent fatale. Petit regret purement personnel, j’aurais aimé un feedback plus clair lorsqu’une troupe se fait attaquer et sur l’état général de celle que l’on sélectionne.

Un archer ennemi impossible à atteindre est caché sur cette image
Un archer ennemi impossible à atteindre est caché sur cette image

Quant à l’utilisation de Discord comme client pour télécharger et lancer le jeu, on est pour l’heure devant le service minimum. On peut tout de même choisir son dossier d’installation, pour éviter de squatter inutilement votre partition réservée à Windows. Le téléchargement et l’installation ont été rapides, mais la bibliothèque fait dans le minimaliste. C’est suffisant, même si j’ai eu un petit couac sur la sauvegarde dans le cloud puisque seule ma première campagne y a été uploadée.

Bad North, un peu à l’ouest

En guise de conclusion, on pourrait presque dire que Bad North est un RTS pour ceux qui n’aiment pas les RTS. S’il faut lui reconnaître sa grande facilité de prise en main sans qu’il soit dépourvu de subtilités, il n’est pas certain que le jeu amusera plus de quelques heures. Le joueur à la recherche de micro gestion et de batailles sanglantes y trouvera peut-être son compte. Il n’est par contre pas sûr que les autres adhèrent au manque de profondeur de l’ensemble qui se fait trop vite ressentir. Un jeu qu’on réservera donc pour de courtes sessions de jeu, mais sur lequel on ne passera pas ses soirées.

Ce test a été réalisé par Grim sur PC à partir d'une clé fournie par l'éditeur


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Note moyenne : (2 évaluations | 0 critique)
5,6 / 10 - Assez bien

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.