Test de X4 : Foundations - un jeu teuton, pour les teutons

C’est dans un relatif anonymat qu’est sorti, le 30 novembre dernier, le dernier titre en date d’Egosoft, X4 : Foundations. Du coup, parlons-en !

X4 : Foundations est le dernier bébé d’Egosoft, qui bosse exclusivement sur la licence des « X » depuis la fin du siècle dernier. Si on n'en entend pas beaucoup parler du côté francophone, c’est parce que c’est un titre développé par des Allemands, pour des Allemands… mais faut croire que j’ai du sang teuton, car j’adore ce genre de jeu ! mais qu’est-ce donc ?

Egosoft, ton univers impitoyable

Comme je le disais, Egosoft bosse sur sa licence depuis 20 ans maintenant. Les « X » sont des simulateurs de vie spatiale dans lesquels le joueur est totalement laissé dans un énorme bac à sable stellaire où il peut réaliser pas mal de choses différentes. Exploration, commerce, piraterie, direction d’entreprise, guerre, manufacture, construction, économie, minage…   Pour la petite histoire, la série a démarré en 1999 avec « X : Beyond Frontier », un héritier spirituel de la série « Elite », qui était un des jeux cultes sur PC à la fin du millénaire. Jeu de commerce et de combat spatial, celui-ci a très vite trouvé son public. Dans les années qui ont suivi, avec l’engouement général pour ce jeu, se sont enchaînés « X-Tension », une séquelle au jeu de base, X2 : The Threat (2003), X3 : Reunion (2005), son stand-alone X3 : Terran conflict (2008) et enfin un add-on, X3 : Albion Prelude, sorti en 2011. Puis, plus rien…

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Enfin si… mais… c’est là que les fans de la licence se sont divisés en deux catégories. En 2013 vient « X : Rebirth ». Le jeu et son univers suivent la trame scénaristique de l’univers et se placent chronologiquement après les faits qui se sont passés dans X3 : Albion Prelude. Le jeu est plus didactique et propose une histoire plus scénarisée que ses prédécesseurs ; il est plus accessible et tourné vers un monde ouvert en constante évolution. Si, sur le papier, les promesses sont belles, dans les faits le jeu a fait un bide total au niveau de la critique, car non seulement le public n’y trouvait pas ce qui a fait le succès de ses prédécesseurs (impossibilité de changer de vaisseau, un univers beaucoup moins imposant, limitation dans les possibilités de construction, etc.), mais en plus il était buggé lors de sa release. Après seulement 5 mois d’exploitation (et 25 patchs déjà réalisés…), le jeu est doté d’un joli « 2.0 », le rendant plus jouable, mais le résultat est là : les fans ont déserté le jeu et ce dernier ne se remet jamais de sa critique négative. Enfin, pas complètement… les extensions « The Teladi Outpost » et « Home of Light » qui ont suivi ont tout de même témoigné d’un regain d’intérêt pour le titre, mais le public n’était plus le même.

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X4

On en arrive à X4 : Foundations… et ses promesses de retour aux valeurs fondamentales de la série, comme le fait de pouvoir piloter tout vaisseau présent dans le jeu, tout en gardant le bon qui a été réalisé pour X : Rebirth, mais qui était passé totalement sous le radar suite à la déconvenue du jeu : son univers en constante évolution, notamment. Vous aurez pu le comprendre en lisant entre les lignes : Egosoft est connu pour ses démarrages catastrophiques et ses jeux « release » encore en alpha… Et bien, rassurez-vous : X4 est effectivement buggé sur certains aspects, mais c’est, et de loin, la release la plus propre effectuée par Egosoft. Et ils ont toujours leur savoir-faire en mode « sparadrap » pour colmater les problèmes les plus urgents. Le seul véritable problème que j’ai eu, c’est la configuration des boutons sur mon Hotas. Cela a été galère : il n’y avait rien de préconfiguré ou du moins rien qui ne soit buggé… mais j’ai réussi après quelques allers-retours entre forums et jeu.

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En tout cas, une chose est certaine : le public qui a accroché à la série avec X : Rebirth risque d’être décontenancé : dès la première minute, on vous envoie dans l’espace et… démerdez-vous ! Pas de réel scénario ; vous êtes un pécore parmi d’autres. Enfin, j’exagère… au début de la partie, vous pouvez choisir trois orientations, trois genres d’approches différentes. Ce choix oriente votre faction de départ et par conséquent vos affinités avec celle-ci. Dans la partie que j’ai choisie, je suis affilié aux Argons, qui sont en guerre civile entre eux ; je peux prendre partie pour l’un des camps de cette guerre civile. Ce choix a évidemment des conséquences sur la flotte, celle-ci pouvant se faire attaquer par la faction ennemie. Donc méfiance. Quoi qu’il en soit, j’ai passé les premières heures de jeu entre l’interface de jeu et le Net pour essayer de comprendre certaines logiques du jeu (et comprendre des vidéos en allemand… ce n'est pas toujours évident). Ce que ça m’a appris, c’est qu’effectivement, le monde est en constante évolution. Je me suis un peu baladé dans le système de départ, puis dans les voisins. Tout bouge… les flottes de commerce, la police, les patrouilleurs, les stations, le commerce qui évolue en temps réel selon l’offre et la demande. Tout, absolument tout !

Je suis un commercial dans l'âme 

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Je me suis donc lancé dans une carrière commerciale avec mon vaisseau de base, pas le choix sans sponsoring. Bon, je n’allais pas faire de bénéfice, vu le petit espace cargo que j’ai dedans, mais je voulais me faire une idée des mécaniques du jeu. Après quelques vidéos YouTube, j’ai pigé l’essentiel, mais je me suis heurté à un mur : c’est une fumisterie ! Impossible de trouver une marchandise apportant un quelconque bénéfice. J’ai tout de même fini par trouver des « Pièces de coques » à la vente, mais c’était vraiment pour des peccadilles, niveau bénef… Ma première réflexion fut que le système n’était pas au point, mais dans mes déambulations commerciales, j’ai intercepté une petite mission de détection de radio, un appel en détresse, que j’ai suivi et qui m’a fait un peu voyager. Et là, la vache : c’est grand en fait ! Je n’avais encore rien découvert, au final ! Cela m’a fait réaliser que mes recherches d’opportunités commerciales étaient encore très limitées dans un secteur local, offrant donc des bénéfices bien moindres que sur des distances plus respectables. Ouf !

En continuant mes déambulations commerciales, je me suis trouvé accosté par un pirate qui m’a scanné… et m’a sommé d’abandonner mes marchandises sous peine d’ouvrir le feu. On ne me provoque pas, moi, monsieur ! Du coup, j’ai voulu le défoncer… La première baston fut difficile, car mon hotas, un modeste Logitech extreme 3D, était carrément mal configuré. Epic fail…. Je me suis fait descendre… Première claque dans les dents : n'oubliez pas de sauvegarder régulièrement, car la sauvegarde auto se déclenche tous les 36 du mois. J’ai fait un petit bump en arrière qui m’a fait râler. Pas grave : on recommence, on configure bien son hotas ce coup-ci et on y retourne. Le pirate suivant, par contre, a pris cher… étonnement. Le vaisseau de base n’est vraiment, mais vraiment pas bon. Je l’ai constaté après ma première sortie extravéhiculaire : le pirate que j’avais descendu s’est éjecté avant la destruction de son vaisseau… j’ai donc décidé de le capturer ! Il y a un « tuto » destiné à cet effet, mais c’est comme le reste => go YouTube.

À l'abordage !

Après avoir difficilement appréhendé les mouvements extravéhiculaires, j’arrive à entrer dans l’autre vaisseau. Il est drôlement plus fort que le vaisseau de départ ; comment ai-je pu abattre un truc pareil ? Bref, retour station avec l’épave en laissant mon autre vaisseau perdu dans l’espace ; on répare et on s’attaque à la gestion de personnel. Ben oui, on peut engager des gars pour piloter d’autres vaisseaux, des hommes d’équipage, des commerciaux, etc. => go YouTube.

On arrive tant bien que mal à engager un autre pilote. Bonne merde ; c’est un des points qu’Egosoft doit encore régler : pour le moment c’est une loterie et on ne connaît pas sa valeur de pilote AVANT de l’avoir engagé. Puis, on l’emmène au point perdu dans l’espace où nous avons abandonné l’autre navire. On y arrive, retour station avec deux vaisseaux.

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On décide de se mettre en escadre… mauvaise idée, car le vaisseau de départ est vraiment trop lent et mauvais pour être efficace en tandem avec notre nouveau navire. De plus, l’IA n’est vraiment pas des plus futées au combat… ni en tant qu’ennemi, ni en tant qu’allié. Mouais… ça devra être travaillé pour l’avenir. Le dogfight est vraiment mou et inintéressant, les ennemis totalement à la ramasse et trop faciles à détruire. Plus tard dans le jeu, j’ai acquis un chasseur lourd ; il permet de one-shot tout ce que j’ai déniché comme ennemis à ce jour, mais je peux espérer une certaine évolution à l’avenir, car une guerre se prépare. Néanmoins, on n’y est pas encore au moment où j’écris ces lignes, après une cinquantaine d’heures de jeu. On oublie donc une carrière de combattant dans un premier temps. On retourne sur le commerce.

Patron d'entreprise multi-secteurs

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Avec les petits sous durement gagnés jusqu'alors, j’achète mon premier navire commercial : un navire de taille moyenne. J’engage un petit équipage, l’équipe avec le minimum requis, car je suis trop pauvre, et je monte dedans moi-même. J’effectue quelques missions commerciales personnellement, puis au retour à ma station QG, j’engage du personnel pour qu’il bosse tout seul. => go YouTube. OK, j’ai fini par piger comment ça fonctionne, il bosse tout seul… Cependant, là aussi, l’IA et l’interface doivent être un peu retravaillées. Dans un premier temps, je fais du bénéfice en continu avec le marchand qui m’apporte de la thune en arrière-plan pendant que je continue ma petite aventure personnelle. Mais parfois, je me demande si ça marche vraiment. En effet, l’interface affiche les ventes d’un marchand lorsque celle-ci s’effectue, MAIS n’affiche pas le prix d’achat, donc impossible d’avoir le bénéfice effectué. Un mod rapidement installé, je peux voir l’historique des achats aussi dans l’interface et là, petite claque : ce con de pilote vend à perte un coup sur deux. Le problème a été remonté aux devs, car je n’étais pas le seul à l’avoir constaté : deux jours plus tard, un patch a corrigé le problème. OK, ça roule.

Me voilà doté de quelques navires commerciaux. Je décide de voir comment fonctionne le minage.

Hey ho !

Bon, ben là, c’est facile. Vaisseau de minage, laser de minages, go astéroïde et on fore… pas compliqué du tout. On automatise ça, et… ha ben ça rapporte pas mal du tout ! Pas de grosses quantités, mais beaucoup de petites. C’est carrément plus rentable que le commerce, complètement aléatoire au final. Du coup, bon conseil pour démarrer : minez !

 

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Liberté d'action

Dans X4 : Foundations, on est aussi reparti sur ce qui a fait le succès de la série originale : on peut tout piloter ! Tous les vaisseaux que vous croisez peuvent être achetés et/ou récupérés, voire abordés. Vous pouvez vous poser sur et vous balader dans toutes les stations que vous croisez. Pareil pour les vaisseaux, d’ailleurs. Si certains sont limités à l’habitacle du cockpit, d’autres sont assez grands pour avoir certaines pièces. Bon, c’est purement cosmétique (pour le moment), mais ça a le mérite d’être là. Dans les stations, vous pouvez aussi trouver des personnes d’intérêts, que vous pouvez embaucher si vous voulez, mais aussi des marchands et des concessionnaires de vaisseaux. Vous pouvez d’ailleurs accéder au second à distance, mais pour le premier, c’est assez étrange.

Je ne pige pas du tout l'intérêt...

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En effet, le marchand dont on parle ici n’est pas le marchand qui achète/vend les biens qu’on trouve sur d’autres stations. Celui-ci achète des objets dont l’utilité est encore à démontrer qu’on aurait looté sur les épaves fumantes des ennemis qu’on aurait occis. C’est aussi avec ces loots que vous pouvez faire du craft via l’établi, qui fait apparaître des recettes selon les objets que vous avez dans votre inventaire. À ce jour, je ne comprends pas du tout l’intérêt de ce marchand alternatif. Surtout qu’il ne vend jamais les mêmes trucs d’une station à l’autre et impossible de savoir qui vend quoi à distance. Donc pour le craft… bah en fait, après 50 heures de jeu, je n’ai encore rien fait vu qu’il me manque toujours une pièce X ou Y pour réussir à faire un truc. Bon, j’avoue ne pas vraiment m’intéresser au système, car ça me semble une perte de temps, mais j’ai tout de même cherché sur plusieurs stations.

Au final, j’ai revendu pas mal de trucs pour m’acheter un autre navire.

Des Lego spatiaux

Vient ensuite tout l’aspect construction du jeu. Il est compliqué à prendre en main. Il demande de placer placer des modules dans un environnement 3D, puis de passer des commandes avec un constructeur qui affrète tout le matériel nécessaire à la construction de votre station. Celle-ci entre dans le microcosme commercial de la région et fait des bénéfices selon ses possibilités.

Le jeu est modable donc attendez-vous à ce que la communauté très active du jeu apporte son lot de contenu dans le jeu, pour le plaisir de tous ! Un jour, je ferai un empire galactique sith dans le jeu :p

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Toutefois, si le côté mathématique est super impressionnant, car entièrement géré par l’IA, il faut bien avouer que c’est… vide. Il n’y a pas d’opéra dans ce space opera. Il n’y a pas de réelle histoire en fond de jeu, malgré les missions corporatives qui vous donnent des alliés et/ou des ennemis sur certains secteurs de la carte. Ça manque d’épique, on ne se sent pas vraiment valorisé dans cet univers. Est-ce vraiment important ? Je ne sais pas… au final, ce X4 est clairement fait pour récupérer les fans de la série avant X : Rebirth, mais ne frotte pas vraiment dans le sens du poil les fans de ce dernier. Dommage qu’on n’ait pas une histoire de fond pour alimenter notre emploi du temps dans le jeu. En revanche, niveau bac à sable, difficile de faire mieux que X4 : Foundations.

Test réalisé par Seiei à partir d'une version fournie par le développeur.

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5,5 / 10 - Assez bien

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