Total War Three Kingdoms - On y a joué

On est mercredi 19 janvier, petite balade à Londres en compagnie de quelques rédacteurs de diverses organisations en direction d’une présentation de Total War 3 Kingdoms et ce que je peux vous dire… c’est que mama mia, je ne suis pas déçu du tout !

Total War Three Kingdoms - On y a joué

 

Un journée bien chargée

On a commencé l’après-midi par une présentation générale.

Le jeu se déroule en 190 CE (current era… EC en français… on s’est posé la question… faut être politiquement correct apparemment… AD/Après J.-C. on ne peut plus :p) et se prolonge jusqu’à l’établissement de la Chine moderne. Il semble donc ne pas y avoir pas de limite de temps ; le but est de devenir Empereur et de s’imposer. Néanmoins, pour rester le plus fidèle possible à l’époque, Creative Assembly a pu compter sur le soutien du Professeur Rafe de Crespigny, une sommité et un pionnier dans la traduction et l’historiographie des sources ayant un rapport avec les Trois Royaumes de Chine.

L’histoire de la campagne se base sur deux œuvres :

  • Les chroniques des trois royaumes, de Chen Shou, écrites au 3ème siècle EC, donc quelques dizaines d’années après les faits.
  • L’histoire des trois royaumes, écrite par Luo Guanzhong au 14eme siècle EC, plus d’un millénaire plus tard.
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Vous pouvez donc évidemment vous dire que cette deuxième partie est fort romancée et plus fantastique qu’historique. Le jeu prend bien cela en compte, car les deux sources de gameplay sont proposées : historique et fantastique. On verra comment ça sera traduit dans les faits, mais ils ont bien pris en compte les desiderata tant des fans de l’historicité que des aficionados des aventures épiques.

L’idée de la campagne est donc de devenir l’Empereur et d’unifier la Chine. Pour se faire, les personnages sont au cœur du jeu. Or, contrairement aux Total WAR antérieurs, vous pouvez changer de factions et d’allégeance si le cœur vous en dit. Vous pouvez aussi vous acoquiner avec d’anciens ennemis, les récupérer sous votre bannière et gagner en influence. Les relations entre les différents personnages n’ont jamais été aussi importantes que dans ce jeu. On ressent d’ailleurs le travail qui a été effectué pour le spin-off de Total War avec Britannia dans cet aspect-là du jeu. Ces relations entre les personnages s’appellent le Guanxi et sont très importantes pour pouvoir vous élever dans la société chinoise. Il faut savoir qui brosser dans le sens du poil, contre qui vous imposer et manier habilement des astuces politiques pour survivre.

La diplomatie s'est étoffée 

À ce niveau-là, on pouvait s’en douter, de nombreuses possibilités de diplomatie ont été élaborées pour ce nouveau volet de la saga Total War :

  • Possibilité d’échanger des ressources.
  • Plus d’options diplomatiques.
  • Céder, exiger des provinces.
  • Une IA plus réaliste (enfin, ça, c’est ce qui est prévu… on verra dans les faits ^^).
  • Un gameplay qui place la diplomatie au centre de son activité avec des alliances et des coalitions temporaires.

Votre faction et vos héros ont des affinités avec le « Wu Xing », les 5 éléments.

Ces différents éléments définissent les classes, unités, bâtiments et ressources à votre disposition.

Au niveau de la gestion de province, vous pouvez gérer des commanderies et des comtés.

La ressource primordiale est la nourriture, donc il faut prendre et développer des fermes. Non seulement elle est importante pour le bonheur de votre population, mais elle l’est encore plus pour votre armée : une armée qui a faim est affaiblie. Surtout, quand elle est en campagne, il faut qu’elle soit ravitaillée. Ça engendre une limite de distance pour votre armée dans ses déplacements. Ça veut aussi dire qu’un ennemi qui coupe le ravitaillement d’une armée en territoire ennemi, par exemple en prenant possession d’une province sur le trajet de l’armée, affaiblit clairement l’armée en question. Il faut donc stocker cette nourriture pour l’utiliser à bon escient.

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En ce qui concerne les armées, chacune peut compter jusqu’à trois héros en son sein. Chacun de ceux-ci peut posséder six unités. On arrive donc à un nombre maximum de 18 unités + 3 héros dans l’armée. Bref, de quoi faire. Il faut savoir que le recrutement, qui est lié à chaque personnage donc, n’est pas du tout lié à sa classe. Aussi, vous pouvez gérer vos unités comme bon vous semble.

Tout un nouveau panel de siège et d’embuscades est proposé et la grande nouveauté est évidemment les duels. Vos héros peuvent provoquer en duel ou en accepter/refuser qui émane de vos ennemis. Réfléchissez bien, car une défaite de vos héros engendre une sacrée perte de moral pour la suite.

Au niveau de la technique, on nous promet une meilleure définition, plus d’ombres et de détails ainsi qu'une caméra dynamique pour les duels.

Plus d'une dizaine de factions jouables

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11 seigneurs sont jouables en campagne. Le gameplay général de votre faction peut changer selon les personnalités que vous placez pour la gestion de votre faction (leader, seigneur, Premier ministre, etc.). Par exemple, Liu Bei, dont on parlera plus tard, augmente plus rapidement son prestige et son rang de faction, ce qui peut lui permettre de gravir les échelons plus rapidement, et il peut annexer la dynastie Han. Ces rangs de factions sont importants, car c’est via ces rangs qu’on peut devenir Empereur, le rang final. Chaque rang intermédiaire apporte des nouvelles possibilités dans la gestion et dans le gameplay.

Bref, tout ça, c’était la présentation théorique du jeu ; on attaque la pratique.

Pour cette démonstration, nous jouions Liu Bei, un seigneur et vassal de la dynastie Han. Il est épaulé par ses frères d’armes : Guan Yu et Zhang Fei. Une petite présentation historique que je vous épargne nous voilà lancés dans la carte de campagne. Et là, on voit qu’ils ont vraiment bossé sur la beauté de la carte : elle est beaucoup plus belle que précédemment, tant au niveau des décors que de l’animation. J’explore un peu les différentes fonctionnalités de la carte. Si certaines sont identiques aux jeux précédents (les menus en bas à droite pour la diplomatie, etc.), on en trouve aussi de nouvelles en haut à gauche, tel que les rangs de factions.

Petit tout d’horizon des héros, aussi. Vous commencez avec trois héros. En effectuant un clic droit sur le portrait, on constate qu’ils peuvent évoluer sur plusieurs axes de compétences, être équipés, avoir des servants, etc. Ils ont l’air bien bourrin, comparé à la piétaille.

Petit détail appréciable : les trois héros, Liu Bei, Guan Yu et Zhang Fei sont superbement représentés et très bien modélisés, mais sont surtout très proches des représentations historiques qu’on peut trouver des trois hommes dans les différentes sources déjà évoquées plus haut. C’est un détail, mais pour moi qui suis féru d’histoire, ça a une importance.

Puis, je regarde un peu la situation de départ : on se retrouve directement opposé à une armée hostile des turbans jaunes (rien à voir avec les gilets). Je n’ai pas trop suivi les raisons de ce comportement, mais ceux-ci vous sont hostiles et ça permet de mettre dans le bain directement.

Pas de grosse révolution sur l'aspect combat du titre

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On attaque donc ladite formation. On est deux fois supérieur en nombre. Je jette un œil aux formations possible… OK. Faudra réorganiser ça dans mes futures parties : ça me perturbe de voir mon armée divisée en « compagnies » et que mes archers soient séparés dans le menu en bas, mais pas sur le terrain. Autre truc à noter : nos héros sont à cheval et par conséquent se déplacent beaucoup plus vite que leurs troupes. Pas grave, j’essaye… je charge avec toute l’armée, les héros partant en avance. J’envoie Guan Zou, le bourrin de service, directement sur le général de l’armée adverse et je lance un duel. Il accepte. Ça se fonce dessus et, tandis que Liu Bei et Zhang Fei plongent au cœur des troupes ennemies, Guan Zou charge le général qui se trouvait sur le flanc gauche de son armée. Les deux guerriers se télescopent et Guan Zou, d’un magnifique revers de sa Guandao (merci le manga Kingdom pour m'avoir fait connaître ce mot ^^) désarçonne le général ennemi tout de jaune vêtu, qui se vautre magnifiquement à terre. Néanmoins, Guan Zou a de l’honneur : il descend de cheval pour continuer son duel.

Il fut bref… le général ne faisait vraiment pas le poids. Pendant ce temps, les deux autres héros ont fait le ménage dans les troupes rebelles, étant rejoints rapidement par l’armée. Le duel se termine sur une jolie petite mise à mort du général, l’armée des turbans jaunes est en déroute : victoire.

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Cette petite mise en bouche m’a montré que, si l’essence même du jeu est identique, l’importance des duels influe énormément sur le déroulement du combat. Plus tard dans le jeu, je me suis retrouvé face à une armée de taille équivalente à la mienne. Cependant, j’ai défié immédiatement le général adverse, trop imbu de lui-même pour refuser le duel et je l’ai tué AVANT que les troupes n’entrent en contact. Résultat : armée en déroute, 0 mort de mon côté… Aussi, avoir un champion est vital. Guan Zou semble clairement faire l’affaire. Toutefois, je n’ai pas assez de recul avec les 2/3 heures de gameplay pour me faire une idée des capacités de chacun, surtout que j’ai très vite récupéré d’autres personnages avec eux aussi des compétences très spécifiques. Autre détail, que je n’ai pas constaté moi-même, au contraire d'un autre testeur avec qui j’ai fait le voyage : les options de combat habituelles, « combattre », « déléguer », « fuir » qu’on a avant la phase de combat semblent légèrement différentes des opus précédents. Ainsi, si vous voulez automatiser un combat par l’option « déléguer », c’est un duel de champion qui s’amorce… et donc, vous pouvez perdre un combat à 2000 contre 200 si votre champion perd son duel. Il faudra bien sûr vérifier en jeu si cette information est réelle ou non.

Une gestion de la carte beaucoup plus pointue

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Après ce premier combat, il nous faut prendre une mine, située juste à côté. Ce point d’intérêt s’attaque, comme une ville. Elle est défendue par quelques centaines de gars, une formalité vite expédiée. Là, on découvre le développement des infrastructures. En effet, ces mines, fermes, etc. qui sont sous votre juridiction se développent exactement de la même façon qu’une de vos cités. On est très vite dépassé sous le nombre de propriétés sous sa responsabilité. Pas de panique. Apparemment, vous pouvez placer des administrateurs. Je ne sais pas encore quels seront leurs rôles sur le développement des zones, mais ça peut aider. Et au moment de passer votre tour, des petites icônes « ! » apparaîssent sur votre interface partout où vous pouvez encore réaliser une action avant de passer.

La campagne de Liu Bei est classée comme difficile. Je dois avouer que j'ai vu un certain nombre de collègues galérer et moi-même, je me suis retrouvé dans une situation très précaire après quelques tours, mais, petit coup de chance, j’avais effectué une alliance avec un seigneur voisin. Celui-ci, après quelques tours, me demande de le soutenir contre un ennemi que je ne situe pas encore sur la carte. Bon, bon gré, mal gré, j’accepte… même si je ne suis pas à l’aise de mon côté… (je venais de perdre ma capitale, alors que j’attaquais une autre ville). Cependant, une alliance est une alliance et la réputation semble pas mal jouer dans le jeu.

Tour suivant : mon allié décède… de vieillesse ^^ Il n’a pas d’héritiers et vue mon « honorable personne », il m’a absolument tout légué ! Je me retrouve donc en tête d’un petit royaume de plusieurs provinces et quelques villes à gérer par le plus grand des hasards.

Je parle de hasard, parce qu’en fait, mon alliance avec le gars en question est juste un véritable coup du sort. Vu le nombre de seigneurs dans le voisinage immédiat, j’en ai reçu des demandes d’alliances, de rançons, de menaces… et là, j’ai pu noter un petit bémol dans le jeu :

Les demandes d’alliances s’imposent en plein sur votre écran et s’il y a deux choses qui peuvent se ressembler, ce sont bien deux noms chinois… Xu Ling demande votre aide… Zuan Hou vous déclare la guerre… on en reçoit des messages pareils et à chaque fois, je me suis posé la même question : « P… mais c’est qui ? ». Il n'est pas facile de voir sur la carte de qui il s’agit, car l’interface qui prend un bon ¾ de l’écran vous en dissimule une grosse partie… Du coup, j’avais accepté et/ou refusé un peu n’importe qui, puisque je n’étais pas là pour jouer dans la durée, mais pour tester le jeu sur les 30 premiers tours.

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3 heures... c'est court

On n'a pu jouer que 30 tours, ou 3h de jeu, donc je ne pourrais pas vous dire comment évoluent vos personnages avec l’âge. Cela ne fait que 7 ans et demi, car un tour équivaut à une saison, à l’instar d’un Shogun 2. D’ailleurs, à ce niveau, le changement des saisons sur la carte de campagne est vraiment joli. Toutefois, je parlais de l’évolution des personnages, car durant ces 7 ans, j’ai pu voir émerger des héros, pas toujours très forts, car ils atteignaient l'âge adulte. J’ai pu voir des mariages se former, des naissances… et je me dis que si la campagne s’éternise, vu ce qui s’est passé avec mon voisin, on peut… mourir de vieillesse et devoir composer avec un héritier de votre dynastie pour atteindre le pouvoir ultime. Il faudra voir si c’est le cas ; peut-être que les seigneurs principaux sont immortels, mais, là encore, il n'était pas possible de le savoir en 30 tours.

L’essai se termine. Tout le monde semble assez content de ce qu’il a vu ; c’est plutôt bon signe.

Mon point de vue personnel est que Total War: Three Kingdoms est vraiment un mariage entre les licences historiques et fantastiques de Creative Assembly, avec comme amant un petit Britannia qui passait par là. Les bons côtés de chacun des derniers titres sont apportés dans ce jeu, plus quelques nouveautés spécifiques. Alors, si on additionne ce qui était bien dans les autres titres et des nouveautés, ça ne peut être qu’un bon cru, non ?

On le saura bien assez tôt, mais étant un bon amateur de la licence Total War, je ne le raterai pas, celui-là !

Aperçu réalisé par Seiei dans le cadre d'un voyage presse organisé par l'éditeur.

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