Test de Xenon Valkyrie + : Rogue Pixel

Originellement sorti fin 2017 sur PlayStation Vita, Xenon Valkyrie + arrive en ce début d'année sur Switch, porté par Fabrice Breton, le développeur du très sympathique Demetrios. Rogue-like en pixel art, un genre qui a ses adeptes, a-t-il de quoi nous amuser longtemps ?


Titre

Une histoire ? Pourquoi faire ?

Le moins qu'on puisse dire est que Xenon Valkyrie + ne s'encombre pas d'un scénario : en gros, une méchante sorcière veut foutre le bazar sur la lune et vous devrez lui casser les dents. Enfin, c'est à peu près ce qu'on retient des quelques lignes de dialogue lâchées par de rares PNJ. Ce court paragraphe rend justice au scénario.

Des personnages différents... ?

Xenon Valkyrie + vous donne le choix entre 3 personnages :
- Eloen : waifu dotée de statistiques de départ faibles. Elle dispose d'une bombe collante utilisable à l'infini, mais avec un temps de récupération, d'un bouclier absorbant un coup et d'une clé de coffre.
- Renna : waifu orientée corps à corps disposant d'une plus grande force, de davantage de points de vie et de moins de munitions à distance. Elle a un radar pour détecter les coffres et la sortie.
- Nue : grenouille orientée dégâts à distance possédant moins de points de vie, mais un peu plus de défense. Elle a beaucoup de munitions et peut sauter plus haut que les autres personnages.

Dans les faits, les différences de statistique de départ sont très faibles et ce qui guidera votre choix devra surtout être la capacité bonus et, à ce petit jeu, Eloen me semble être la grande gagnante : sa capacité de bombe infinie lui permet d'ouvrir des passages dans le décor, de le modeler pour atteindre des endroits difficiles d'accès ou de blesser des ennemis quand les autres personnages doivent se contenter de rares grenades pour faire la même chose. Par contre, ça rend le gameplay du personnage assez lent, car on a tendance à souvent attendre de pouvoir réutiliser la capacité.

Le fait que Nue saute plus haut peut être utile, mais de façon très épisodique. Quand à Renna, sa capacité de radar n'est faite que pour les gens qui veulent effectuer le niveau le plus vite possible et aller à l'essentiel, ce qui va à l'encontre de la philosophie du jeu, car dans Xenon Valkyrie +, il est recommandé de prendre son temps pour arrivé préparé.

Globalement, à part cette capacité spéciale, les trois personnages se jouent de la même façon et on a du mal à voir un intérêt à Nue et à Renna.

FichedepersoLa fiche de perso, petite touche RPG dans un jeu qui n'a rien d'un RPG.

Le gameplay

Les niveaux sont principalement verticaux : on part du haut et le téléporteur permettant de passer au niveau suivant est systématiquement en bas des plateformes.

Une fois arrivé à ce point, on peut choisir de remonter pour nettoyer encore plus le niveau ou d'avancer ce qui, après un passage par un magasin d'objets et la montée de stats, nous amène à un autre niveau ou à un boss.

Du coup, on peut vouloir descendre le plus vite possible pour avancer, mais, dans ce cas, on ne gagne pas d'expérience et qui dit "pas d'expérience" dit "statistiques qui ne montent pas" : on en arrive alors vite à se faire tuer en deux coups par la moindre bestiole.

Rien de foufou concernant les attaques : un coup d'épée, des tirs monodirectionnels de loin ; pas de dash ou de coup spécial. Les patterns des ennemis sont eux aussi simplistes, mais c'est ce qui permet de progresser en les retenant, sachant quand même que le décor joue grandement sur la difficulté de certains monstres : avoir un demi boss coincé entre deux plateformes aide beaucoup.

La chose la plus importante est de trouver le coffre à ouvrir dans le niveau. Ceci se fait avec une clé que l'on récupère sur un monstre du niveau plus fort que les autres (ou en jouant Eloen, qui a par défaut une clé). Il contient une nouvelle arme de corps à corps ou à distance qu'on peut échanger contre l'actuelle. Et là, c'est une énorme loterie : la nouvelle arme peut nous faire gagner 3 fois rien comme elle peut multiplier par 5 la puissance de notre personnage et ce complètement de façon complètement aléatoire dès le premier coffre. Du coup, il faut adapter notre montée de stats à ce qu'on récupère dans les coffres : inutile de monter sa force si on a une épée pourrie et un bon pistolet.

Enfin, ça, c'est la théorie parce que pendant les combats de boss, les armes à distance et les bombes sont désactivées. C'est un énorme défaut de game design à mon avis, car il rend tout personnage spécialisé à distance quasiment impossible et surtout frustrant à jouer puisque les boss sont bien trop longs à tuer pour ces personnages.

On peut néanmoins débloquer un téléporteur qui permet de commencer directement dans un niveau plus avancé, autorisant à attribuer directement quelques points de statistique qui correspondraient à peu près à la progression que l'on aurait eue en rejouant ce qui précède, mais le gros problème est qu'on démarre dans ce cas avec les armes de base contre des ennemis bien plus coriaces.

bossLes boss sont compliqués au premier abord, mais dès qu'on a compris leurs attaques, c'est une question d'endurance.

Xenon frustration +

C'est un peu mon sentiment global sur ce jeu : la frustration.

Tant de choses peuvent mal se passer que ça le rend souvent pénible :

  • Le level design, généré procéduralement, peut rendre le moindre niveau atroce comme outrageusement facile.
  • Les commandes réagissent parfois mal et rater des sauts arrive souvent, parfois sans possibilité de remonter sans devoir tout refaire.
  • Le décor est parfois très fouillis ; on ne sait pas bien si on tombe sur des piques, ni s'il y a un passage dans un mur.
  • Le gain aléatoire d'armes fait de vous un mollusque ou le dieu du oneshot.
  • Le magasin d'objets ne vous propose parfois pas de soins, alors qu'il vous reste 1 point de vie.

Tout ça par dessus le principe même du rogue-like qui, à chaque game over, vous fait recommencer à zéro avec vos stats et armes de base. On peut donc se retrouver après un super run à enchaîner des runs pathétiques à cause des aspects aléatoires du le jeu. Dans un jeu comme Everspace, chaque échec permettait au moins d'améliorer son vaisseau et d'avoir un sentiment de progression.

En outre le pixel art, c'est bien, moi j'aime beaucoup... mais à un moment, c'est trop. Sur un écran de télévision, ça pique les yeux ; c'est la première fois que je ressens à ce point une fatigue visuelle devant un jeu. En mode portable, c'est beaucoup mieux, presque mignon, même si la lisibilité reste parfois compliquée dans le décor fouillis.

Les musiques en mode chiptune collent bien à l'ambiance et au design, mais à force de refaire le même niveau, elles peuvent lasser.

pixelPixel art et tentative d'effets d'éclairage... Octopath Traveler le faisait bien mieux.


Xenon Valkyrie =

Malgré tout cette frustration qui peut ressortir du jeu (et sûrement à cause d'elle, d'ailleurs), Xenon Valkyrie + apporte de grandes satisfactions quand on trouve une super arme ou quand on passe enfin un boss qui nous a tué des tas de fois, les deux allant souvent de concert.

Jouable pour de courtes sessions et pouvant être facilement mis en pause si l'on est dans un bon run, ce jeu est très bien adapté à la Switch.

Techniquement, le portage est parfait : pas de ralentissements ni de bugs constatés.

Une démo est disponible sur le Nintendo eShop et si ça vous amuse de la jouer et de la rejouer, le jeu global devrait vous plaire : Xenon Valkyrie + n'est un jeu pas pour tout le monde, mais il aura ses adeptes.

Testé par Aragnis sur une version fournie par l'éditeur.


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5,9 / 10 - Assez bien

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.