Test de Air Conflicts Collection - Tour du monde et crashs en série

Sortis en 2011 et 2012, Air Conflicts Secret Wars et Pacific Carriers sont des jeux d'avion de chasse qui n'ont pas beaucoup marqué d'esprits. Sympathiques, les deux jeux manquaient de profondeur dans leur gameplay face à des concurrents un peu plus sérieux. Mais le temps passe et les deux jeux se retrouvent aujourd'hui dans un portage sur Nintendo Switch, une plateforme qui semble mieux leur correspondre... Le jour où ils seront jouables.

Test de Air Conflicts Collection - Tour du monde et crashs en série

On a zigouillé des nazis

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S'il n'est pas le tout premier épisode de la série des Air Conflicts, Secret Wars reste néanmoins le plus sympathique du lot. En nous racontant l'histoire un peu improbable d'une contre-bandière devenue pilote héroïque lors de la Seconde Guerre mondiale, le jeu dépasse son statut de simple shooter pour offrir un peu d'émotions et d'affection pour des personnages hauts en couleur. Qu'il s'agisse de la contre-bandière un peu blasée, de l'histoire de son père - qui est une excuse pour nous faire jouer des missions lors de la Première Guerre mondiale - ou d'un mécanicien alcoolique, Air Conflicts Secret Wars offre quelque chose de plus humain, de moins militariste que son successeur Pacific Carriers dont on parlera plus bas.
Tout commence en Libye, à Tobrouk, où celle qui faisait passer diverses cargaisons d'alcool de contre-bande avec son vieux coucou se retrouve prise entre deux feux. La Seconde Guerre fait rage et peu de monde est épargné, à commencer par les centaines de Nazis qui tombent sous nos tirs. Alors, quand un officier militaire lui conseille de mener diverses opérations secrètes... Nous voilà embarqués aux quatre coins de l'Europe, à enchaîner des missions plus classiques d'attaques, d'escorte, ou bien des missions qui nous demandent de nous poser en territoire ennemi pour récupérer des cargaisons sans nous faire voir. 

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Deux types de gameplay s'offrent au joueur, le premier se dit "arcade" et le deuxième "réaliste". Qu'on se le dise : ce choix n'a pas une très grosse incidence. Le mode arcade permet de piloter l'avion plus simplement, à un stick, tandis que le mode réaliste nécessite de contrôler également le lacet avec les gâchettes. Rien de bien insurmontable dans les deux cas dans la mesure où Air Conflicts Secret Wars se veut particulièrement accessible. On le constate rapidement avec une barre de vie démesurée, des avions ennemis qui nous passent au travers - ainsi, il n'y a aucune raison de faire attention à ce qui nous entoure - et enfin, des colline qui font rebondir l'avion si on les frôle, à moins de tomber dessus en piqué. La seule difficulté véritable du jeu réside finalement dans certaines missions avec une contrainte de temps, ou dans la nécessité parfois de rester invisible et ne pas être repéré.
Les missions bénéficient d'ailleurs d'une diversité bienvenue : des missions de contre-bande en tout discrétion aux assauts contre des positions ennemis, on utilise sans mal la dizaine d'avions à disposition pour survoler l'Europe et tenter de la libérer. Malheureusement, la mise en scène du jeu reste très sommaire malgré l'affection que l'on peut vite avoir pour ses personnages, avec des batailles pas vraiment engageantes et des cinématiques et dialogues très artificiels. La faute peut-être à un doublage peu convaincant et parfois involontairement drôle, avec des accents improbables, ou à un moteur graphique dépassé. Si le jeu passe assez bien en mode portable malgré quelques ralentissements lors de grosses explosions, il a tendance à piquer les yeux en mode TV. Pour autant, Secret Wars reste un jeu agréable à parcourir : faiblard du temps de sa version PC, son côté très accessible et ses missions plutôt courtes nous ont fait passer de bons moments de détente et un certain fun immédiat.

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Néanmoins, une très grosse ombre au tableau se révèle : le jeu est victime d'un bug bloquant qui empêche de lancer la 44ème mission (sur un total de 49). Relancer le jeu, changer d'avion, réinstaller le jeu, essayer sur une autre console : rien à faire. Il nous a été impossible d'aller plus loin avec un jeu qui crash systématiquement pendant le chargement de cette fameuse mission. Plus d'une semaine après sa sortie, nous n'avons aucune information sur un éventuel patch.

Les deux camps d'une guerre

Passé la déception de voir qu'il nous serait impossible d'aller au bout de Secret Wars qui, malgré ses défauts et son manque d'ambition, se révèle comme un shooter sympathique, Air Conflicts Pacific Carriers s'offre à nous avec l'espoir d'avoir un jeu pleinement fonctionnel. On ne fera pas durer le suspense : il n'en est rien.

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Pacific Carriers nous emmène dans un conflit différent, opposant les États-Unis au Japon dans les îles du Pacifique. Tout commence avec l'attaque de Pearl Harbor, que le jeu nous propose de vivre des deux côtés puisqu'il offre deux campagnes, une dans chaque camp. D'un côté, il faut défendre ce qu'il reste de Pearl Harbor après une première attaque surprise, tandis que de l'autre on s'acharne à détruire la base navale et les avions américains qui sont encore au sol. Cependant, la principale nouveauté apportée par Pacific Carriers, ce sont les portes-avions. Ici, on n'entendra plus parler de cette histoire familiale de la contre-bandière, place à la guerre, à ses soldats et officiers, à ses généraux trop gourmands et à l'utilisation de plusieurs escadrons pour parvenir à nos fins. Il faut effectivement pour chaque mission choisir quel type d'avion on souhaite utiliser (chasseur, bombardier ou bombardier-torpilleur) afin d'affronter au mieux la menace adverse. Et c'est là que les porte-avions entrent en scène, puisqu'on a accès dans chaque mission à un escadron complet et l'on peut passer d'un avion à l'autre afin que ceux qui sont endommagés ou à court de munitions puissent rentrer se poser sur le porte-avions et revenir plus tard dans la bataille. Certaines missions ne nous laissent pas le choix et nous mettent aux commandes des trois types d'avions, avec plusieurs objectifs.

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Le gameplay est essentiellement le même que dans Secret Wars. On retrouve encore ce choix entre pilotage arcade et réaliste - qui se révèle un peu plus difficile à maîtriser que dans le précédent jeu -, mais ici on découvre surtout un nouveau type de combat grâce aux bombardiers torpilleurs. Ceux-ci larguent des torpilles à destination, principalement, des porte-avions ennemis et offrent quelques subtilités de pilotage puisqu'il faut être stable, très bas et à la bonne vitesse pour larguer l'arme sans qu'elle n'explose au contact de l'eau. Une diversité dans l'approche des combats bienvenue, qui tranche assez largement avec le précédent. D'autant plus qu'on a accès à des missions de patrouille, en vol ou à bord du porte-avions, qui nous demandent de trouver la menace ennemi en un temps limité. Disons-le clairement :  les patrouilles à bord du porte-avions sont infâmes, notamment sur l'écran de la Switch, où l'on a presque eu besoin d'utiliser une loupe pour distinguer un pixel au loin censé représenter un avion ennemi.

Toutefois, là encore, plus que tout, c'est la technique qui fâche. Le jeu est moins fluide que son prédécesseur et a tendance à sérieusement ramer lorsque l'on s'approche de l'eau (une nécessité pour les torpilleurs), mais aussi à crasher aléatoirement. Pas de bug bloquant a priori, mais des crash qui surviennent régulièrement lors des missions les plus longues. Ces retours à l'interface de la Switch sont déprimants et on se demande bien si un jour les deux jeux bénéficieront d'un patch.

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

Difficile donc de traiter de ce Air Conflicts Collection. Un moteur graphique dépassé, des missions dans le second jeu qui sont peu adaptées à un petit écran en nomade et surtout des crashs en tout genre qui rendent la progression fastidieuse, voire impossible dans le cas du premier jeu. C'est un désastre qui se déroule sous nos yeux, d'autant plus que le jeu - en dehors de ces terribles ratés - reste faiblard sur d'autres éléments.

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On pense à l'intelligence artificielle des ennemis qui, même dans les plus hauts niveaux de difficulté, est incapable d'effectuer la moindre manœuvre de contournement, ne servant que de cible dans des séquences de tir au pigeon improbables, mais aussi le sound design du jeu, trop discret dans Secret Wars avec des avions et armes qui ne font presque aucun bruit, accompagnés par des doublages en anglais du pire effet. Si les choses s'améliorent dans Pacific Carriers, tant dans sa mise en scène que dans son sound design, on reste face à un jeu terriblement daté qui peinait déjà à l'époque face à des jeux plus maîtrisés dans le même genre. 
D'autant plus qu'on en fait assez vite le tour, avec des campagnes qui ne dépassent pas les 6 ou 7h, un mode multijoueur où on a été incapables de trouver la moindre partie et un mode escarmouche qui aurait pu détendre dans les transports si seulement les deux jeux n'étaient pas victimes de tous ces crashs. 

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Et c'est vraiment dommage, car comme nous le disions en introduction de ce test, la Switch apparaît comme la plateforme parfaite pour ce type de jeu. Son côté arcade et très accessible, associé à des missions qui ne durent que quelques minutes, en font des shooters bien calibrés pour une console portable. L'honnêteté nous commande d'ailleurs d'admettre le fun procuré, notamment par le premier jeu, grâce à ses missions très diverses et sa petite histoire qui paie pas de mine, mais qui reste agréable à suivre. Toutefois, comment tolérer qu'à notre époque, alors que les jeux peuvent être mis à jour sur toutes les consoles, et s'agissant qui plus est du deuxième portage du jeu (après un premier portage sur PlayStation 4), on nous propose un jeu qui finisse par empêcher toute forme de progression ?

Conclusion

Peut-on conseiller Air Conflicts Collection sur Switch ? Non, difficilement. Loin des meilleurs jeux du genre, dont Ace Combat 7 que nous testions il y a peu, Air Conflicts Collection nous rappelle pourtant l'existence de deux jeux qui procuraient quand même un fun certain. Le manque de sensations qu'on aurait pu pointer à l'époque, ses missions terriblement courtes et la trop grande simplicité du pilotage s'allient plutôt bien au format nomade. Le jeu nous fait passer le temps sans qu'on s'en rende vraiment compte et si son histoire très caricaturale est dispensable, elle reste sympathique à suivre. En bonus, le premier épisode de la collection nous emmène dans le conflit européen de la Seconde Guerre mondiale où on zigouille beaucoup de Nazis, de quoi donner envie d'y revenir de temps en temps. Malheureusement, un bug bloquant empêche de terminer le premier jeu, tandis que le deuxième a une fâcheuse tendance à planter aléatoirement et, soyons honnêtes, on n'a pas eu la motivation d'aller au bout du jeu après avoir subi plusieurs crashs. On vous conseille donc vivement de conserver vos deniers, en attendant un éventuel patch du jeu.

Test réalisé par Hachim0n sur Switch à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.