Test de Barotrauma (multijoueurs) - on a coulé

L’espace. L’ultime frontière de l’humanité. La Terre devient trop étroite pour l’homme, qui tente de s’expatrier dans le système solaire, tant par envie que par nécessité. L’humanité a élu domicile sur Europe, une des lunes de Jupiter, recouverte de glace, mais dont les profondeurs peuvent être colonisées. Ceci est l’histoire d’un petit équipage qui tente d’y survivre.

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J’ai découvert Barotrauma il y a quelques mois, lors d’une visite dans les studios de Daedalic, qui présentait quelques titres issus de studios partenaires. C’était le cas de celui-ci, développé par FakeFish et Undertow Games. Avec le recul, je peux vraiment le dire, c’est ce titre qui m’avait le plus interloqué, car totalement en marge de ce qu’on a l’habitude de voir dans notre univers de jeux vidéo. Et ça fait du bien de voir des idées germer en projets concrets.

Coopératif, mais pas avec n'importe qui ! 

Barotrauma est un jeu coopératif en 2D.  Vous êtes un membre d’un équipage d’un submersible qui voyage sous la croûte de glace qui recouvre Europe, une des lunes de Jupiter. Plusieurs classes sont disponibles : le capitaine, bien entendu, mais aussi l’ingénieur, le mécano, le médic, l’agent de sécu et un assistant. Chacun a son rôle et même si tous peuvent corriger n'importe quel problème, ils sont nettement moins efficaces pour ceux sortant de leur domaine de prédilection. Or, l’efficacité est un maître-mot dans ce jeu.

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Multi sinon rien !

Soyons clairs : Barotrauma est un jeu multijoueur. J’ai essayé d’y jouer en solo, mais avoir des bots et leur ordonner des actions semi-automatiques… ça ne m’a même pas amusé 5 minutes et j’ai laissé tomber (ultérieurement, un second compte-rendu viendra sûrement compléter mon avis, sur la partie solo du titre). Du coup, il faut réunir des copains (et vous préparer à les perdre :p) pour jouer à ce jeu. 3 minimum, pour bien faire : le capitaine, l’ingé et le mécano. À eux trois, ils peuvent à peu près pallier tout ennui qui pourrait subvenir dans le sous-marin (et en dehors). Du moins, pour le premier sous-marin, car il en existe de plusieurs tailles. Un outil de modding est intégré dans le titre, donc entre le moment où j’écris ces lignes et celui où vous les lirez, il y aura sûrement pas mal d’autres sous-marins à expérimenter.

Une fois votre fine équipe montée, vous pouvez lancer le jeu.

Un conseil : faites les tutos avant de vous lancer. Le jeu est simple en soi, mais déroutant de prime abord.

Sachez toutefois que vous ne pouvez PAS choisir votre classe. Vous pouvez seulement donner vos préférences au niveau des rôles. Ensuite, au petit bonheur la chance, vous endossez une des casquettes présentes dans le titre.

Deux modes sont disponibles : un mode mission dans lequel il s’agit simplement d’essayer d’atteindre un objectif ou une campagne. Celle-ci se décline dans un labyrinthe sous-marin. Oui, un réseau sous-marin de voies qui vous permettent d’arpenter les fonds d’Europe, tout en augmentant la difficulté au fur et à mesure de votre progression. Soyons clairs ici aussi : nous n’avons pas réussi à aller très loin !

En vrac :

  • Une livraison durant laquelle le colis a explosé pendant le transport… on a coulé.
  • Explosion du réacteur suite à une surcharge… on a coulé.
  • Écrasement de la coque dû à la pression extérieure… on a coulé.
  • Perte de contrôle du submersible suite à des collisions sur la paroi… on a coulé.
  • Perte du sous-marin alors qu’on était parti chercher un artefact dans une ruine extraterrestre… il a coulé, on est mort asphyxié.
  • On a éliminé une énorme bête, mais les dommages subis par le sous-marin étaient trop importants… on a coulé.
  • Oublié de racheter du combustible pour les moteurs, panne sèche… on a coulé.

Une bonne courbe d'apprentissage

J’exagère un peu, ceci était nos deux premières soirées, mais la suite ne fut pas beaucoup plus glorieuse. On meurt souvent dans ce jeu, très souvent. Même si on devient rodé à partir d’un moment, les événements surprises ont toujours tendance de vous rappeler que vous êtes tout en bas de l’échelle de survivabilité sur la lune de Jupiter (et aussi en bas de la chaîne alimentaire :p).

  • Le capitaine a aussi la responsabilité de naviguer dans les eaux. Pour ce faire, il peut utiliser le sonar passif, sûr, mais très délicat à utiliser, la vision étant très limitée, ou le radar actif… qui fait du bruit et par extension indique à toute créature environnante que vous êtes dans le coin. Or, mieux vaux ne pas embêter les créatures environnantes si on veut vivre vieux…
  • L’ingénieur règle les problèmes de fonctionnement technique et fait des raccordements électriques, des pontages, des dérivations… Bref, il doit s’assurer du bon fonctionnement de l’ensemble.
  • Le mécano s'assure que les machines ne tombent pas en panne ainsi que de l'entretien général (il faut le faire régulièrement et ne pas attendre d’être dans le rouge).
  • Le médic a toute une panoplie d’outils pour soigner ses patients avec un scan qui vous indique quoi utiliser, sur quelle partie de l’anatomie, etc.
  • L’agent de sécu : son rôle est facile à deviner.
  • L’assistant a peu ou prou les mêmes fonctions que le capitaine.

La vie coûte cher 

Évidemment, pour faire tourner un sous-marin, ça demande beaucoup… beaucoup de matériel. D’une mission à l’autre, vous en usez beaucoup. Il faut donc racheter du matériel pour ne pas en manquer dans les moments cruciaux. Prenons en exemple les munitions des canons : il faut charger les canons et stocker les munitions. Le combustible qui alimente les moteurs s’épuise lui aussi rapidement. Tout ceci coûte de l’argent. Les missions vous en rapportent, mais pas au point de pouvoir jouer à la folie des grandeurs et de tout claquer sans réfléchir.

Et ce n’est pas tout. Comme si ce n’était pas déjà assez difficile comme ça, vous pouvez désigner, lors de la création de parties, un traître dans l’équipage… Son rôle est évidemment de saborder le navire sans se faire chopper- Bon, je n’ai pas encore compris le réel intérêt, car si l’équipage meurt, le traître meurt avec eux, mais c’est une mécanique assez fun.

Et ce n’est pas tout ! Les fonds d’Europe ont un petit quelque chose de Lovecraftiens. Les personnages finissent à un moment ou un autre par avoir quelques connectiques dans le cerveau qui lâchent. La paranoïa peut faire voir à un joueur des choses qui ne sont pas vraiment là, comme un feu, dans une pièce. Cela peut aboutir à des situations et des discussions assez cocasses.

« Mais qu’est-ce que tu fous ! Tu m’as enfermé ! Eh, pourquoi je perds des PV moi ? Je suis en train d’étouffer ! Qui a viré l’air de la pièce ? »

Belle tentative pour éteindre un incendie imaginaire… on a coulé.

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Stress...stress...stress...stress...

Je disais que l’ensemble avait une ambiance assez lovecraftienne. C’est aussi mis en exergue par les jeux de lumière et l’ambiance sonore qui reflète pas mal le huis clos dans lequel on se trouve. Ça a un petit quelque chose d’Alien (les films). La peur, la pression, le stress… ils sont bien présents dans vos parties. Surtout le stress : « Aaaaah, pourquoi j’ai entendu un bruit sourd ! Merde, on est attaqué ! Où ça ? » Soyez sûr de vos amis, j’insiste.

Le jeu n’est pas beau, les personnages sont désarticulés et se déplacent bizarrement. Parfois, les hitboxs sont un peu hasardeux, mais ce sont vraiment les seuls réels défauts que j’ai pu trouvés (outre un solo pour moi totalement inintéressant). Cependant, ça peut en rebuter certains.

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Le jeu est jouable jusqu’à 16 joueurs, imaginez la cacophonie que cela peut être ! Nous avons joué de 3 à 5 personnes et déjà, parfois, ça partait dans tous les sens par moment, alors à 16…

Bref, un bon jeu, stressant et qui vaut vraiment le détour. Tellement peut-être qu’on se sent bien vidé après quelques heures de jeu ininterrompu. En outre, pour le prix, on ne boudera pas notre bonheur !

Jeu testé par Seiei avec une version PC fournie par l'éditeur.


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6,1 / 10 - Prometteur