Test de Assetto Corsa Competizione - Le doux rêve d'un apprenti pilote - MÀJ du 24.06 : ajout de la version Xbox One

Simulation de courses automobiles particulièrement pointue, Assetto Corsa Competizione est sorti de sa phase d'accès anticipé le 29 mai 2019. Un passage à une version 1.0 qui s'est fait avec son lot de nouveautés, mais surtout avec le lancement enfin de ses prétentions dans le domaine eSport. Résolument tourné vers le multijoueur, le jeu doit faire ses preuves auprès de la communauté de joueurs de simulations automobiles et pour ce faire, il propose un jeu sous licence officiel du Blancpain GT Series, championnat du monde officiel de GT. Entre un mode carrière paresseux, des pistes terriblement glissantes et un mode multijoueur qui nous donne envie de rêver, Assetto Corsa Competizione nous en a fait voir de toutes les couleurs.

Test de la version Xbox One, par Hachim0n

« On prend les mêmes et on recommence », voilà comment on pourrait décrire cette version consoles de la simulation de Kunos Simulazioni. Aucun changement à l’horizon si ce n’est la transmission, autant que possible, de ce qui a fait tout l’intérêt du jeu depuis sa sortie sur PC il y a plus d’un an.

À l’époque, on découvrait un jeu particulièrement exigeant, mais pourtant attaché à ne pas perdre en route les néophytes, offrant de nombreux paramètres d’accessibilité (aides à la conduite, configuration de la manette) pour celles et ceux qui voudraient mettre un premier pied dans l’impitoyable univers des simulations. Les puristes, eux, retrouvaient les sensations du premier Assetto Corsa dans un jeu plus fin visuellement, mais aussi plus limité, la faute à une licence officielle du championnat du monde de GT qui laisse assez peu de latitudes en matière de circuits et de véhicules. On ne reviendra toutefois pas sur le contenu ou même sur les qualités intrinsèques du jeu : le test, réalisé l’an dernier, que vous pouvez lire à la suite de cet encart dédié aux versions consoles explique déjà ce que l’on en avait pensé. Cette fois-ci on s’intéresse plutôt aux performances du jeu sur consoles, spécifiquement sur Xbox One première du nom, et c’est assez peu flatteur. Exigeant sur PC, le jeu était à l’époque particulièrement joli pour peu que l’on puisse le pousser au maximum, notamment grâce à ses effets de pluie ou sa modélisation des véhicules. Les circuits « laser scannés », quant à eux, offrent une belle restitution des tracés et apportent un peu plus de plaisir visuel (en plus de sensations relativement fidèles).

Néanmoins les choses sont moins réussies sur Xbox One (et sur PlayStation 4 : les deux versions sont vraisemblablement identiques), à commencer par des concessions graphiques très importantes pour tenter de faire tourner le jeu de la manière la plus « fluide » possible. L’antialiasing est oublié, les textures des environnements ont pris cher, les effets de pluie, l’éclairage des circuits (très impressionnants sur la version PC) et des phares en sont réduits à leur strict minimum. Cependant, si cela ne concernait que ces détails visuels, on pourrait encore s’en accomoder. Assetto Corsa Competizione a un très, très gros problème : pour éviter toute forme de saccades et de ralentissements inopportuns, les développeurs ont fait le choix de limiter le framerate à 30 images par secondes. Un choix qui hérisse les poils des amateurs de « sim racing », prêts à sauter à la gorge des développeurs de Kunos Simulazioni.

Alors oui, le jeu parvient en général à maintenir ce cap, mais une simulation automobile sans les sacro-saintes 60 images par seconde et dans laquelle il faut constamment corriger sa trajectoire, faire de très légers inputs au volant ou au stick pour maintenir la voiture sans déraper en phase d’accélération en sortie de virage, c’est un tue l’amour. L’ensemble paraît lourd, comme si nous avions constamment du retard dans la prise de décision, comme si le freinage en entrée de virage arrivait toujours un poil trop tard. Si vous souhaitez essayer une simulation automobile ou si vous aimez le genre, Assetto Corsa Competizione est un bon jeu, mais pas sa version console, qui frôle l’hérésie.

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Captures effectuées sur Xbox One.

Un contenu classique, mais un jeu difficile à prendre en main

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Après plusieurs mois d'accès anticipé, on était bien contents de redécouvrir Assetto Corsa Competizione avec sa version 1.0. Le jeu s'est étoffé au fil des mois jusqu'à atteindre un jeu complet où chacun peut aller s'amuser avec le contenu officiel sous licence du Blancpain GT Series, le championnat du monde de courses de GT. Des pilotes aux véhicules, en passant par les équipes et les circuits, le jeu propose à peu près tout ce qu'il faut pour s'amuser et se mettre dans la peau de l'un des pilotes du championnat. Le tout dans des modes aussi classiques qu'attendus, entre contre la montre, championnat d'endurance ou de sprint et multijoueur.

Mais aussi un mode carrière accompagné par Mirko Bortolotti, l'Italien champion 2017 des Blancpain GT Series, qui nous propose de faire nos preuves auprès d'autres pilotes débutants à bord de la Lamborghini Huracan GT3 qui lui a permis d'être champion. Un début des plus sympathiques où nos compétences sont mises à l'épreuve dans plusieurs essais, en situation de course optimale ainsi que de nuit ou sous la pluie, où la régularité et la qualité des trajectoires sont récompensées. L'objectif est d'intéresser une des écuries du Blancpain GT Series ou de créer la notre pour participer à différentes courses. Et c'est tout : le mode carrière est assez basique et on comprend rapidement que l'intérêt de Assetto Corsa Competizione se situe ailleurs, puisque la carrière se résume à enchaîner les essais et les courses pour tenter de glaner quelques points au classement général. On aurait aimé quelque chose de plus fourni, rien que pour donner un vrai sentiment de progression en carrière, mais on se contente d'un mode plutôt utile pour se familiariser avec les véhicules et les différents circuits, avant de s'atteler au véritable poumon du jeu : le mode multijoueur.

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Cette phase d'entraînement en carrière est une vraie nécessité, car si le jeu propose une pléthore d'aides à la conduite pour les néophytes et supporte plutôt bien la conduite à la manette au contraire de son prédécesseur Asstto Corsa, il reste difficilement accessible du fait de son orientation hyper-réaliste. Très exigeant - une pensée pour toi, Honda NSX GT3, petit ange parti trop tôt dans un mur sous la pluie -, le jeu met en avant une physique très réaliste et un travail formidable sur le comportement des véhicules. Une fois l'ensemble des aides désactivées pour appréhender la simulation au maximum de son potentiel, c'est un combat de tous les instants pour parvenir à maintenir une trajectoire et une vitesse correcte. Néanmoins, s'il faut évidemment un bon temps d'adaptation, à moins que vous ayez l'habitude de conduire des GT3, le comportement des véhicules s'appréhende facilement sur les différentes surfaces tant il colle à la réalité, bien qu'il reste quelques pistes où déborder sur un vibreur provoque des réactions assez étonnantes. Piloter sur une piste humide et glissante nécessite une réelle prudence, tandis qu'une piste en situation optimale ne doit pas laisser place à trop de confiance, car chaque accélération mal gérée en sortie de virage peut vite tourner au drame. On apprécie également le travail effectué sur l'ambiance sonore, pas toujours irréprochable, mais qui reste un plaisir sur les oreilles lorsque l'on pilote en vue cockpit ou casque et qu'on entend ronronner les puissants bolides. 

Tourné vers le multijoueur et l'eSport

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Comme nous le disions précédemment, Assetto Corsa Competizione a été pensé pour le multijoueur en ligne. D'abord pour satisfaire la communauté des joueurs de simulations de course automobile définitivement tournée vers les courses en multijoueur, mais aussi avec quelques rêves d'eSport que caressent les développeurs de Kunos Simulazioni et les têtes pensantes du Blancpain GT Series. 

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Cependant, en l'état, le mode multijoueur de Assetto Corsa Competizione devra bénéficier d'un soin tout particulier avant d'être réellement praticable. Au cours des nombreuses heures que l'on a passé dessus, la latence était bien trop souvent présente et les crash loin d'être rares. Si le netcode semble génial lorsque tout va bien, et force est d'avouer que l'on a effectué plusieurs courses où tout s'est bien passé, le reste du temps le mode multijoueur en ligne donne le sentiment de ne tenir qu'à un fil. Pourtant, il pose d'excellentes bases : orienté vers les amateurs du genre, le jeu propose un système de classement ingénieux qui permet de mettre les "mauvais pilotes" de côté - c'est-à-dire ceux qui sont là pour saboter les courses en envoyant tout le monde dans le mur. Ce système repose sur une notation de la régularité du pilote au fil des tours, le contrôle de son véhicule, la vitesse ou encore la sécurité du pilotage. Du côté de la création des parties en ligne, le choix est libre : limiter l'accès à ceux qui ont une bonne ou très bonne note ou la laisser ouverte à tous. Entrer dans des parties qui nécessitent une bonne note est presque toujours l'assurance d'avoir des courses propres, où les seules sorties de route sont dues à des accidents ou à une perte de contrôle du véhicule. C'est très franchement quelque chose que l'on attendait alors que les simulations automobiles ont toujours du mal à proposer des parties rapide en ligne où l'on peut s'amuser sans craindre de croiser des petits malins en mal de casse ou sans avoir à s'investir dans des parties et communautés privées. Le système fonctionne très bien, même s'il y a parfois des erreurs et on n'est jamais à l'abri de joueurs toxiques, mais c'est un pas dans le bon sens et on a très envie d'y croire.

Techniquement exigeant

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En passant à l'Unreal Engine 4, Kunos Simulazioni s'était séparé de son moteur maison afin de faciliter l'implantation de fonctionnalités que l'on a tendance à exiger des simulations modernes comme les nombreuses conditions météorologiques. Et c'est une réussite, car le jeu se révèle particulièrement agréable à l'oeil, avec un bon travail effectué depuis le début de l'accès anticipé pour améliorer autant que possible des textures qui étaient parfois plutôt crado. Les véhicules sont modélisés avec justesse, la pluie rend superbement, notamment sur le pare-brise ou lorsque la piste est gorgée d'eau avec des flaques ici et là pour autant de zones de danger en entrée et sortie de virage. Le travail sur l'éclairage est lui aussi très intéressant, notamment dans les courses de nuit où certaines portions de piste ne sont éclairées que grâce aux phares des véhicules.

En revanche, ces qualités graphiques ont un coût, celui de la performance. Assez mal optimisé, le jeu souffre encore de saccades et de ralentissements en tous genres, notamment sur la ligne de départ et dans quelques virages (selon les circuits). Sur un Ryzen 5 1600, une GTX 1060 6Go et 8Go de RAM, le jeu tient globalement les 60 images par seconde, mais tend à souffrir de quelques ralentissements à différentes occasions, peu importe que ce soit de jour, de nuit, en plein soleil ou sous la pluie. 

Conclusion

Pensé pour le multijoueur, Assetto Corsa Competizione prend une orientation très intéressante pour la série. Moins généreux en contenu que d'autres simulations en se limitant purement aux courses du championnat officiel de GT, le jeu n'en reste pas moins un exemple en terme de simulation en proposant un gameplay suffisamment profond pour plaire aux pilotes les plus exigeants. Les néophytes, eux, pourraient être déstabilisés lors du premier contact, mais le support de la manette et les nombreuses aides à la conduite permettent d'offrir une courbe de progression bien utile, sans pour autant léser ceux qui préfèrent une expérience totale, au volant, et particulièrement difficile à maîtriser. Les GT ronronnent et les joueurs se font plaisir à chaque tour, d'autant plus que son mode multijoueur part sur de bonnes bases avec une communauté tournée vers ce qu'il y a de plus réaliste et un jeu qui parvient plutôt bien à mettre ensemble des joueurs qui privilégient des courses propres et disputées. On n'est évidemment pas à l'abri d'un petit rigolo qui passe dans le coin de temps en temps, mais on est loin du grand n'importe quoi des modes multijoueurs de pseudo-simulations plus grand public. Bref, Kunos Simulazioni devra faire quelques efforts sur l'optimisation du jeu, mais le titre est déjà excellent.

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Test réalisé par Hachim0n à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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4,7 / 10 - Moyen

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