Test de Everybody's Golf VR - fairway to heaven ?

La série des Everybody's Golf a taillé son chemin à grands coups de club sur la totalité des consoles PlayStation depuis 1997, principalement entre les mains du studio japonais Clap Hanz.
Le golf étant un sport parfaitement adapté à la réalité virtuelle et Sony étant désireux de pousser son propre casque, il n'était pas étonnant qu'un nouveau volet voie le jour, spécialement dédié au PlayStation VR.

Club de bois ou club de fer, si je manque je vais dans le bunker

Comme beaucoup, le seul contact que j'ai avec le golf est la version miniature à laquelle on joue le plus souvent en famille ; il était bien temps de tâter un peu du club virtuel en restant bien tranquillement enfermé chez moi alors que la température commence à grimper à l’extérieur. Cette version propose d’emblée de jouer de plusieurs manières différentes : soit à la manette (le gameplay classique), soit à la manette de détection de mouvements, assis (pour plus d’accessibilité pour tous) ou debout. Pour avoir un maximum d’immersion (et puis, ça serait dommage de ne pas jouer le jeu jusqu’au bout si on peut le faire), j’ai bien sûr choisi de jouer debout au Move ; casquette virtuelle visée sur le crâne, les mitaines cuir et le petit pantacourt de circonstance, on se présente au comptoir où la réceptionniste Miyuki nous accueille pour le menu qui est le hub central du jeu.


De là, on peut accéder à toutes les options, choisir son parcours ou consulter les tableaux des scores... Mais d’abord, direction l’entraînement pour se familiariser avec les contrôles au Move. Là encore, Miyuki nous accompagne dans nos premiers pas, sur les coups à longue distance, selon un dénivelé ou pas, les approches du green et bien sûr le putt. Première constatation assez évidente : faire un swing, même avec un simple Move, ce n’est pas si simple ! Il faut bien doser la force ainsi que la direction du coup et il est aussi possible d’imprimer un effet à la trajectoire de la balle – volontairement ou malgré soi… Résultat, on peut faire un coup à la force parfaite, la trajectoire nickel et complètement dévisser et voir la balle partir en hors limites... Fort heureusement, le jeu nous permet de faire des swings d’entraînement avant de passer à la frappe réelle (moins d’excuses pour la rater, même si ça arrive tout de même souvent), d’une simple pression sur le bouton central.

Allez, demain je vais au putt

Quelques swings plus tard, on remise les clubs dans son sac et on entame les hostilités. On débute sur un 3 trous aléatoires du premier parcours, en boucle jusqu’à pouvoir débloquer deux modes supplémentaires, à savoir 9 trous « aller » (1ère moitié du parcours complet) et « retour » (la 2nde moitié). Le parcours complet de 18 trous ne peut être débloqué que bien plus tard, après avoir déverrouillé les trois parcours mis à disposition. Il faut avouer que c’est un peu frustrant de ne pas en avoir plus, mais ça donne déjà de bonnes sessions de jeu (d’autant plus en réalité virtuelle) – un 9 trous peut occuper jusqu’à une bonne demi-heure.

Le jeu donne le choix entre trois caddies (deux femmes et un homme) pour nous accompagner sur le terrain et dispenser des conseils. Comme de bien entendu, il faut vous habituer à entendre encore et toujours les mêmes conseils (impossibles à désactiver), partie après partie... Mais au moins, ça fait de la compagnie sur le green. Néanmoins, comme on est dans un jeu de VR et que certains développeurs ne savent pas s’arrêter à temps, on a parfois le droit entre deux trous à des cinématiques aussi peu utiles que douteuses, où on fait plus connaissance avec son caddie virtuel. Si au début c’est innocent (regarder le terrain en montant dans une petite tour d’observation), ça devient vite digne de Malaise TV quand la jeune Riko vous propose un chocolat ou quand on est rapetissé à la taille d’une balle de golf (???) et que la bimbo blonde maladroite vous tombe dessus malencontreusement... Euh, vraiment ? Disons que ça peut plaire à un certain public très ciblé, mais je le vois principalement du côté de l’archipel japonais... Seul soulagement, ces cinématiques sont très courtes et en nombre réduit, mais perso je suis là pour améliorer mon swing, pas pour flirter comme dans Summer Lesson...

C’est green ? Super green !

Côté environnements, le jeu est plutôt propre sans faire profusion d’effets ou de graphismes poussés. Par temps ensoleillé, il est agréable de se balader en vue aérienne pour regarder le décor en style modèle réduit, tandis que le temps de pluie donne direct envie de se réfugier dans le lobby en attendant des jours meilleurs. Un temps venteux a bien sûr une incidence sur les frappes de balles, que ce soit pour les dévier, les pousser ou les repousser ; il faut donc jongler aussi avec les éléments pour finir sous le par ou mieux, spécialement en temps pourri. On peut accessoirement tester le sens et la puissance du vent en jetant des brins d’herbe...

L’interface est plutôt simple : passer d’un club à un autre se fait en un bouton et la mini carte ainsi que la jauge de puissance permettent de juger lequel adopter, celui par défaut n’étant pas forcément le plus adapté (surtout quand on est en bordure du green et qu’il propose un fer au lieu d’un putter, la puissance et le coup ne sont pas du tout les mêmes !). Lorsqu’on est à une distance proche du trou, le terrain fait apparaître le dénivelé et indique son influence sur la frappe (principalement pour le putter, évidemment). Comme toujours, la pratique et l’expérience des parcours permettent de juger du meilleur club à tirer du sac et du coup à frapper.
L’ambiance sonore est réduite, étant donné qu’on est sur un terrain désert sans public, accompagné simplement de son caddie (qui n’arrive jamais à la fermer, cela dit) ; tout au plus, quelques bruitages d’oiseaux ou un bateau au loin complètent la panoplie succincte des sons des frappes. En prenant en compte les graphismes épurés (mais loin d’être moches tout de même), il en résulte un poids très modeste du jeu à l’installation.


Un club très fermé

Le principal point négatif à mon avis est qu’on se retrouve bien seul sur le terrain, malgré l’omniprésence du caddie. Comme déjà mentionné, le public est aux abonnés absents et si on comprend facilement qu’il est difficile de faire un jeu en multijoueur local avec un casque de réalité virtuelle et que le multijoueur en ligne est compliqué à organiser (surtout pour les 18 trous, on n’a pas tous une heure à tuer en ligne en VR...), il est plus difficile d’accepter l’absence totale d’adversité côté IA. La seule personne avec laquelle on se retrouve en compétition est donc... soi-même, d’une partie à une autre, où seul le total final compte et où les meilleurs coups sont gardés en mémoire pour savoir si on a fait tel ou tel trou sous le par.

Cela n’empêche pas de swinguer avec un malin plaisir avec le Move bien en main et on savoure les coups réussis et les trous sous le par. Améliorer son score sur les parcours est la seule motivation pour continuer à jouer, mais c’est loin d’être désagréable. Dommage qu’il n’y ait pas plus de parcours ou qu’il n’existe pas un mode de création de parcours comme on peut en voir sur certains jeux de golf (d’autant plus en VR, ça aurait été top !). Le jeu est plutôt réussi et une bonne session peut aider à se détendre en passant le temps ; on se contentera du contenu, mais on ne peut pas s’empêcher d’en vouloir un peu plus...

Test effectué par Bardiel Wyld à partir d'une version offerte par l'éditeur.

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