Test de Gorn – Le casse-tête à l'état brute

Après du pixel-art bourrin et de la 3D irrévérencieuse, le studio sud-africain Free Lives a choisi le monde de la réalité virtuelle pour son troisième titre. Lancé en Early Access, Gorn a vite capté l’attention des joueurs : en plus de recevoir divers prix, il s’est imposé comme un résident régulier du top des jeux les plus utilisés sur Steam VR. Après deux ans marqués par des mises à jour régulières, le titre est maintenant disponible dans sa version finale. Pour voir de quoi il en retourne, il faut entrer dans l’arène.

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Ave Imperator, morituri te salutant !

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Après un rapide tutoriel sur le mode de déplacement, le joueur se retrouve dans le hub central de l’arène. Il s’agit d’un petit ascenseur depuis lequel il est possible de rejoindre les portes vers les différents combats. Les menus et options tapissent également les lieux.

Quand la première porte est passée, le personnage se retrouve au centre d’une arène : le monarque des lieux entame un petit discours depuis son balcon (en anglais sous-titré uniquement) tandis que les spectateurs, de grosses têtes flottantes, observent les gladiateurs. Après avoir salué la foule, un combat à mort contre les divers adversaires s'engage.

Pour se frayer un chemin vers la victoire, ce ne sont pas les outils qui manquent : haches, mini-arbalètes, épées à deux mains, arc, étoiles du matin, griffes rétractables, bâtons, pistolet, … Tout ça serait assurément interdit par la commission internationale des Helvètes ! Surtout que ce joli attirail est généreusement mis à contribution pour démembrer, écarteler, décapiter, écraser, empaler… Il vaut mieux que le rouge soit votre couleur favorite si vous tenez à vous rendre dans cette arène.

Chaque porte vous propose une série d’assauts, muni à chaque fois d’une arme différente. D’ailleurs, il y a généralement un thème autour du style de combat à adopter pour chaque partie. Vient ensuite un combat de type « chacun pour soi » à l’issu duquel le survivant peut affronter le champion. En tout, il faut défaire les huit champions, originaux et parfois amusants, et cela sur trois arènes différentes. Vous pouvez alors accéder à la dernière porte et à son combat final.

Si les champions sont tous très différents, le reste des ennemis est quant à lui plutôt limité : les adversaires sont tous des brutes trapues, disponibles en taille normale et en XXL. Les différences se font principalement sur leur équipement : armes et surtout pièces d’armures. Il faut déceler le point faible dans la cuirasse afin de les faire tomber au plus vite.

Néanmoins, si c’est vous qui recevez un coup mortel, pas de panique : le temps que la blessure devienne fatale et que l’obscurité vous enveloppe totalement, vous pouvez essayer d’occire un des adversaires et ainsi regagner automatiquement toute votre vie. Mourir n’est de toutes façons pas un drame ; le point de sauvegarde se situe au début de chaque altercation.

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Are you not entertained ?

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Pour jouer à Gorn, vous devez prévoir un peu de place. Comme il s’agit de corps-à-corps, il faut allègrement taper tout autour de vous : autant éviter qu’il y ait l’écran géant OLED ou la lampe offerte par belle-maman à portée de main. Le jeu se pratique aussi à 360°, les ennemis pouvant arriver de toute part ; heureusement, il existe une option pour se tourner au stick, même si c’est à coup de quart de cercle. Vous pourriez aussi avoir besoin de ramasser les armes par terre, donc la posture debout est à privilégier.

Le déplacement dans l’arène peut se faire de diverses manières. Le mode par défaut oblige le joueur à littéralement se traîner à la force des bras : il s’agit d’une sorte de drag & drop assez étrange, mais finalement assez raccord avec le côté décalé du titre. Il est toutefois possible d’activer un déplacement classique au stick. À noter que les options sont plutôt complètes à ce sujet et il est vite possible de régler les déplacements à sa guise. Par contre, pas de téléportation ici : attention donc au phénomène de dissonance.

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En matière de combat, la réalité virtuelle a déjà démontré qu’elle se prêtait parfaitement aux armes de tir. Cependant, le choix de la mêlée est plus périlleux : si vous frappez une personne ou même un simple mur, aucun obstacle ne viendra retenir votre bras, ce qui casse immédiatement l’immersion.

Les développeurs de Gorn ont opté pour certains choix de design qui rendent l’expérience assez convaincante. Le premier d’entre eux est bien sûr de ne pas chercher le réalisme : le moindre coup peut envoyer valdinguer votre adversaire et trancher un membre peut se faire avec aisance, du moment que le coup est convenablement porté. Cet aspect est accentué par l’aspect cartoon des graphismes et des effets.

Un autre choix, plutôt curieux, est celui des armes molles. Entre les mains du joueur, les lames se dandinent et les bâtons se tordent paresseusement. Ça ne les rend pas moins efficaces, loin de là ; mais un coup porté sur une armure les plie à l’impact, justifiant instinctivement pourquoi on ne ressent aucune pression suite au choc.

Les sons et vibrations judicieusement utilisés sont également là pour favoriser l’immersion. Certes, il faut rester à distance respectable de votre adversaire pour que l’illusion fonctionne : si vous vous avancez trop, la gestion des collisions peut devenir hasardeuse et les corps se fondre sans trop savoir où taper pour se débarrasser de l’autre.

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Arrête ton char !

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Une fois les arènes effectuées, il y a encore quelques défis à relever : les finir sans mourir une seule fois ou remplir un objectif précis (tuer un certain nombre d’adversaires, parfois d’une manière particulière, ou détruire des pièces d’armures). Il y a ensuite le mode Endless où il faut affronter une infinité de vagues d’ennemis ou encore le mode Custom où il est possible de s’équiper de certaines armes particulières, de modifier l’apparence des adversaires ou encore d’activer certaines règles spéciales. Largement de quoi se défouler après une longue journée au boulot, donc. Enfin… du moment que la canicule n’est pas d’actualité. Sachant que les combats pour atteindre et vaincre un champion durent autour de dix minutes, ces modes supplémentaires sont les bienvenus pour augmenter la rejouabilité. Par contre, pas de multijoueurs au programme : les développeurs estiment que l’équilibrage pour un tel mode casserait l’alchimie du titre.

Comme dit plus tôt, la diversité des armes est admirable ; par contre, leur qualité est assez inégale. Certaines sont amusantes à utiliser et d’autres plutôt pénibles. Quelques modèles font laborieusement des dégâts tandis que les armes à deux mains dévastent tout sur leur passage. La plupart sont néanmoins agréables à utiliser. C’est juste dommage que les armes de poignet ne soient pas accessibles en mode Endless.

L’intelligence artificielle n’est pas non plus au beau fixe : ces brutes épaisses en ont autant dans le ciboulot que leur morphologie le laisse présager. Ils avancent droit sur leur ennemi (au risque de glisser tout seul dans une fosse en passant) jusqu’à pouvoir porter leur coup (largement prédictible). Finalement, la difficulté ne vient pas des adversaires, mais de leur nombre. Surtout quand ils arrivent dans le dos. Il existe toutefois divers niveaux de difficulté : leur tactique reste la même, mais ils sont alors plus résistants et leurs coups plus fatals. C'est l’occasion de perfectionner vos parades.

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Le gladiateur idiot et les armes trop puissantes, les développeurs en ont bien conscience. Pour eux, Gorn n’a pas vocation à devenir le jeu de combat ultime : il est là pour se défouler, pour massacrer les péons de manière amusante et inventive. Et sur ce point, le titre est plutôt un succès.

La réalisation est en tout cas très propre. Quelques rares bugs sont peut-être à noter, comme des armes qui répondent parfois mal à l’activation ou le moteur physique qui peut bizarrement plier un bras du personnage ennemi.

La maniabilité est également très bonne. Avec les Oculus Touch, la position des touches est instinctive et efficace. Le seul défaut se trouve peut-être dans les touches menu/home, sur lesquelles on peut accidentellement appuyer dans le feu de l’action : la pause casse alors le rythme et les armes en mains peuvent alors tomber au sol. Le titre est également compatible avec tous les autres casques PC.

Dans Gorn, il ne faut pas vraiment chercher le challenge ou la performance, ni même une histoire digne des grands péplums. En revanche, si vous voulez quelque chose de drôle et de purement défoulant, vous êtes assurément à la bonne adresse ! La maniabilité est bonne, le moteur physique convaincant et l’humour ambiant amusant. La palette d’arme offre un choix certain et c'est une joie de découper ou d’envoyer valdinguer cette bande d’imbéciles tel un Spartacus des temps modernes.

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Test réalisé par NeoGrifteR à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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5,6 / 10 - Assez bien

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