Test de FRACTER - Marche à l'ombre

Près d'un an après sa sortie sur IOS et Android, FRACTER tente le coup du portage sur PC. Le charme de son minimalisme visuel et la qualité de ses énigmes suffiront-ils à se faire une place au soleil sur notre plateforme ?

Fragment de lumière

L’histoire de FRACTER, comme souvent dans ce genre de petits jeux indés, se veut assez cryptique. Une jeune fille erre dans un monde plongé dans l’obscurité. Attirée par son reflet dans un miroir, elle le touche et voit des fragments composés d’ombre et de lumière s’échapper du miroir. Pour être entière de nouveau, notre héroïne silencieuse doit parcourir sept niveaux pour retrouver ses fragments lumineux tout en évitant d’être capturée par ce qui rôde dans l’obscurité de ces labyrinthes. Pour ce faire, il faut résoudre un certain nombre de petits puzzles en utilisant la seule ressource disponible contre les ténèbres : la lumière.

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Entrer dans la lumière

Dans son principe, FRACTER est donc essentiellement un puzzle-game dont la mécanique est basée sur la lumière. Dans ce monde plongé dans l’obscurité, la lumière permet d’activer divers mécanismes, mais possède ses limites que les premiers niveaux vous apprennent. Par exemple, la lumière ne peut pas franchir un trou, qu’il vous faudra donc d’abord remplir. Inutile toutefois d’en espérer trop, FRACTER est un jeu développé à la base pour des supports mobiles et ça se sent. Les niveaux ne sont jamais bien compliqués et si la plupart d’entre eux apportent une petite nouveauté de gameplay, on reste dans des mécaniques et des énigmes assez basiques (miroir pour dévier la lumière, bloc qu’il faut balader dans un labyrinthe dont les différentes plateformes tournent, etc.) De quoi occuper le joueur pendant deux à trois heures.

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Les développeurs de 4L Games ont bien essayé d’apporter un peu de tension dans certains passages en ajoutant des versions sombres de l’héroïne. Celles-ci errent sans but, se cognant aux murs de lumières qu’elles ne peuvent franchir et traquent votre personnage si elles le voient. Une idée qui ne fonctionne qu’à moitié, ces monstres étant trop faciles à attirer vers une source lumineuse qui leur est fatale dans les salles de puzzle. Reste donc la légère tension présente dans les quelques passages labyrinthiques où on peut tomber sur une de ces ombres planquées dans le noir. Une tension bien alimentée par la musique de ces passages, bien plus stressante que durant le reste du jeu.

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Quelques soucis à sortir de l’ombre

Comme on pouvait s’y attendre à la vue de sa plateforme d’origine, FRACTER n’est pas le jeu qui vous en mettra plein les mirettes. Les différents niveaux sont tous baignés dans cette atmosphère noire uniquement éclairée par la petite lumière qui vous accompagne et par les murs lumineux des énigmes. C'est finalement assez reposant. On est par contre un peu plus gêné par quelques petits soucis de perspective de la vue isométrique, dissimulant parfois les marches d’un escalier ou simplement le chemin vers un interrupteur. Notez que j’ai également eu droit à un bug m’ayant fait chuter à travers le décor. La sauvegarde automatique (souvent bien placée) ne m’a pas été d’un grand secours puisqu’elle n’a pas réinitialisé la position des plateformes, m’empêchant d’avancer. Autre petit bémol à signaler au niveau de la traduction du menu d’options, parfois digne de Google Traduction. Celle du jeu lui-même s’en tire mieux même si le texte des indices que l’on peut obtenir à chaque énigme est parfois un peu obscur.

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Dans le noir, personne ne vous verra rager

Je ne doute pas que FRACTER ait pu avoir du succès sur des plateformes disposant d’un écran tactile. Malheureusement pour lui et pour nous, il suffit de quelques minutes pour toucher du doigt le principal problème de ce portage : son ergonomie. Les déplacements du personnage sont ainsi plus agréables au pad grâce auquel on a un bien meilleur contrôle de la vitesse du personnage lors des phases de cache-cache avec les ombres. Cependant, dès qu’on aborde les interactions avec l’environnement, c’est la souris qui s’impose comme le périphérique de choix. Les interactions au pad sont de base peu pratiques - il faut déplacer un curseur avec un stick, appuyez sur une gâchette pour sélectionner l’élément avec lequel on veut interagir puis enfin utiliser le stick pour effectuer le mouvement -, mais sont encore compliqués par le fait que certains objets comme les miroirs ou les plateformes tournantes s’alignent souvent bizarrement et rarement comme on le voudrait. Ajoutons une tendance du personnage à se coller aux éléments qu'il peut déplacer alors que vous souhaitez juste passer à côté et vous comprendrez que l'ergonomie PC n'est pas au point. Bref, j’ai fini par jouer à la fois au pad pour les déplacements et à la souris pour les interactions. On devine que ça devait être plus agréable d’effectuer les actions avec le doigt.

Le gros curseur qu'il faut déplacer au pad
Le gros curseur qu'il faut déplacer au pad

Conclusion

Ce problème d’ergonomie résume à lui seul le principal soucis de cette version PC de FRACTER. Je ne peux pas dire que c’est un mauvais jeu ; il est même assez plaisant dans son genre. En revanche, je peux vous dire que c’est un jeu qui n’est pas adapté à la plateforme sur laquelle il débarque aujourd’hui. Découvrez-le sur IOS et Android, ça vous coûtera entre 4 et 5 euros pour un peu moins de 3 heures de jeu, c’est sûrement la meilleure façon d’y jouer en terme de confort de jeu.

Test réalisé par Grim sur PC grâce à une version fournie par l'éditeur.

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