Test de Terminator Resistance - Dans l'enfer de la guerre du futur

La licence Terminator est bien de retour. Quelques semaines après la sortie du film Terminator : Dark Fate, voilà que débarque un nouveau jeu basé sur la franchise imaginée par James Cameron. Développé par le duo Teyon et Reef Entertainment à qui l'on doit le peu ragoûtant Rambo sorti en 2014, on a tous les droits d'être méfiants. Mais comment résister à l'envie de défourailler des T-800 ?

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John Connor au rapport

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Terminator Resistance prend place une trentaine d'années après le Jugement dernier, en pleine guerre contre les machines dont nous parlent rapidement les deux premiers films de la saga. On se retrouve dans la peau de Jacob Rivers, un soldat de la résistance menée par John Connor dans un Los Angeles post-apocalyptique. Les machines contrôlent les rues et bien peu de gens sont capables de survivre à la tyrannie de Skynet, obligeant les quelques survivants à se réunir et à tenter d'organiser la riposte sous l'impulsion de quelques soldats qui y croient encore. C'est ainsi qu'on se retrouve propulsé dans les rues désertes et déprimantes d'une ville qui a connu une guerre totale. Les débris et les corps jonchent un sol poussiéreux, dans des ruelles où le danger est partout. Avec son ambiance soignée et proche des films, c'est bien la seule bonne chose que l'on reconnaît à Terminator Resistance.

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En effet, la suite n'est pas vraiment convaincante. On nous jette dans des niveaux assez ouverts dans lesquels on a l'occasion de remplir des quêtes et objectifs secondaires tout en veillant à se débarrasser des robots qui traînent en ville ou au contraire de les esquiver en profitant de la stupidité de l'IA pour se cacher. Néanmoins, si la volonté de proposer des niveaux ouverts est tout à fait louable, ils n'en restent pas moins souvent vides, avec très peu de collectibles ou de points d'intérêt à aller voir, mis à part la tentation d'explorer chaque recoin pour récupérer de quoi crafter quelques objets. Le jeu rappelle bon nombre de FPS à petit ou moyen budget qui sortaient encore sur la précédente génération de consoles, des jeux qui n'apportaient pas grand chose, mais qui avaient le mérite de divertir quelques heures à très bas prix. Alors, on se balade dans ces niveaux vides de toute vie - et pas seulement à cause du contexte post-apocalyptique - pour accomplir une poignée de missions secondaires confiées par des membres de notre groupe de survivants et des missions plus importantes pour la survie de l'humanité. Il faut toutefois noter que les missions secondaires ont une certaine forme d'intérêt : celles-ci permettent de gagner, en plus des dialogues à choix, un peu de confiance de la part de nos partenaires. Or, cette confiance montre enfin son intérêt dans les derniers instants du jeu où il faut faire quelques choix déterminants. 

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Pour mieux attaquer les robots, le jeu offre une dimension de craft d'objets qui facilitent notre progression, tels que des crochets pour ouvrir les portes, des grenades ou encore des leurres, ainsi que quelques éléments de customisation pour le héros et ses armes. Il y a en effet un système de niveau qui permet d'améliorer la puissance et la résistance du héros, en plus de quelques compétences relatives à l'infiltration et au piratage, ainsi que quelques puces qui permettent de modder les armes à plasma que l'on récupère assez tard dans le jeu. Les premières armes, plus classiques, ne bénéficient elles d'aucune forme d'amélioration. Un choix douteux ; on aurait pu imaginer la possibilité d'ajouter une lunette, un silencieux ou encore un chargeur renforcé à nos armes comme le laisse espérer au départ la présence du craft, mais il semblerait que les protagonistes de Terminator soient assez bons pour reconfigurer des armes créées par les machines, mais pas assez pour installer une lunette sur une arme classique. Au-delà de ses choix de game design, Terminator Resistance pêche surtout par son gameplay terriblement lourd. Jacob Rivers, notre héros, semble peser une tonne alors qu'il tente de se mouvoir dans les débris de Pasadena, et ne propose aucun début de sensation ou d'intensité lors des fusillades. Les armes n'ont aucun retour,  aucun feeling, tandis que les robots-boîtes de conserves ne sont que des sacs à points de vie. Le phénomène s'accentue lors des quelques combats de boss dont le challenge ne réside que dans le déséquilibre entre leur puissance de feu et leur nombre de points de vie. Il faut donc prendre toutes les précautions pendant un certain temps, même si en définitive aucun boss ne pose réellement de problème. 

I'll be back (ou pas, pitié non)

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Heureusement, Terminator Resistance a le bon goût de se terminer assez rapidement : cinq heures en prenant notre temps et en nous occupant de toutes les missions secondaires dans l'espoir de pouvoir sauver tous nos copains à la fin du jeu. D'ailleurs, il réussit presque à nous impliquer émotionnellement, ou au moins tente de donner du cœur à ses personnages. Chercher des craies au milieu des décombres pour le gamin du groupe, c'est une mission foncièrement stupide en pleine guerre contre les machines, mais il faut bien avouer que cela humanise le groupe et son héros, et c'est une vraie bonne idée pour la narration. Malheureusement, ce genre de choses est noyé au milieu d'un torrent de médiocrité et de missions trop classiques qui semblent tenter de cocher toutes les cases du FPS moderne. 

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Côté technique, le jeu est assez pauvre avec des textures d'un autre âge et des environnements qui se répètent inlassablement. Le grain sur l'image fait d'ailleurs office de cache misère, comme l'abus du flou de mouvement. On effectue d'ailleurs plusieurs missions de la campagne au même endroit, tandis que les retours à la planque, où on rend notre rapport et récupère de nouvelles missions, sont autant d'occasions d'observer la mocheté des animations des personnages. Le tout accompagné de dialogues lunaires qui semblent tout droit sortis d'une forme de cinéma hollywoodien pas très intéressante et c'est peut-être là que le jeu rejoint le mieux les films. En outre, testé sur Xbox One, le jeu souffre de très gros ralentissements dans les zones ouvertes, ce qui rend la progression parfois désagréable même s'il ne souffre pas de bug notable.

Conclusion

Terminator Resistance est aux jeux vidéo ce qu'est la saga au cinéma : ça se consomme vite et ça se paie même le luxe d'être parfois rigolo à jouer et à regarder, même si c'est toujours par dépit. Bien qu'on se soit bien amusé à tirer sur des boîtes de conserve, on aurait bien du mal à conseiller le jeu parce qu'il faut bien avouer que les bons jeux de tirs à la première personne ne manquent pas et celui-ci est bien loin des standards du genre. 

Test réalisé par Hachim0n sur Xbox One à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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