Test de Kunai - Ma tablette et mon couteau

Une tablette résistante contre l'oppresseur robotique, des kunai transformés en grappins, en voilà un univers surprenant pour un jeu qui s'inspire des metroidvania les plus populaires. Développé par le petit studio indépendant néerlandais TurtleBlaze, Kunai nous propose un gameplay rythmé et plutôt bien trouvé, mais on s'aperçoit vite qu'il a bien du mal à assumer tout son potentiel.

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Jeune tablette recherche ordinateur sympa

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Simili-metroidvania, Kunai nous emmène sur de grandes cartes interconnectées où la guerre fait rage, l'humanité a été décimée par une terrible intelligence artificielle nommée Lemonkus. Mais la résistance tient comme elle peut, jusqu'au jour où elle trouve l'élu : Tabby, une tablette curieusement habile avec un sabre et des kunai. L'humour est évidemment omniprésent, même s'il faut se contenter de blagues plus ou moins faciles autour de la technologie plus ou moins récente. Si les dialogues forcent un peu l'humour, à l'image de cet ordinateur qui nous explique qu'il surchauffe à cause de l'overclocking, Kunai brille plutôt lorsque ses vannes deviennent circonstancielles : taper des policiers-ordinateurs avec un écran CRT en guise de tête, c'est quand même inattendu et plutôt rigolo dans un metroidvania. Pour le reste, le jeu reprend un peu tous les codes du genre : une carte qui se révèle au fil des gadgets et des nouvelles armes débloquées pour ouvrir des chemins autrefois inaccessibles, des salles relativement petites avec leur lot d'ennemis, des salles secrètes, de sauvegarde et des boss plus ou moins inspirées. La progression du personnage, quant à elle, se limite au déblocage de quelques capacités en plus avec des crédits glanés sur les débris fumants des ennemis.

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Bref, Kunai ne réinvente pas la roue, mais le jeu se distingue assez largement grâce à son gameplay très nerveux. Sans que le personnage soit d'une agilité folle, il peut toutefois compter sur ses deux kunai transformés en grappins pour se mouvoir plus rapidement dans les différentes salles tout en accédant à des zones qui seraient inatteignables avec un simple saut ou double saut. Cet élément de gameplay apporte une belle fraîcheur au genre, d'autant plus que la prise en main est immédiate avec une configuration initiale plutôt intuitive, en mettant chaque grappin (gauche et droite) sur les gâchettes correspondantes. Quant au reste, on trouve un bouton de saut, un pour le sabre et un bouton pour les armes secondaires : mitrailleuse, étoiles de ninja (shuriken) et lance-roquette. Chaque arme secondaire permet de se défaire d'obstacles différents et d'accéder à de nouvelles salles tout en donnant un nouvel arsenal à utiliser face aux ennemis. Des ennemis suffisamment diversifiés pour s'amuser tout au long de l'aventure, même si on aurait aimé y trouver un peu plus d'originalité. Il faut en effet se contenter d'affrontements assez classiques pour le genre, entre les ennemis de base qui s'apparentent à des zombies, des tireurs, des gros ennemis à lance ou encore des chauve-souris qui rendent hommage à nos plus belles heures sur Castlevania. Les boss, quant à eux, manquent certainement d'un petit quelque chose pour marquer les esprits. Dans des affrontements à base de patterns à retenir (qui sont franchement basiques et simples à appréhender), les boss se déchaînent autant que possible, mais ne font pas vraiment le poids face à l'agilité apportée par les grappins et les multiples armes que l'on obtient assez rapidement. Plutôt facile pour les habitués des metroidvania, le jeu n'est presque jamais punitif puisqu'une mort face à un boss ne nous renvoie qu'au début de l'affrontement.

Il est beau mon grappin

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Visuellement intéressant, Kunai impose sa propre identité, c'est indéniable. On aime beaucoup la cohérence visuelle d'un monde à l'autre, avec une certaine diversité dans les nuances de couleurs utilisées tout en gardant une base commune afin d'apporter un certain liant entre les mondes. Le choix de faire apparaître les ennemis en rouge tandis que le héros vire au bleu permet d'ailleurs de vite se situer dans l'espace quand bien même les vibrations de l'écran (désactivables pour les personnes que cela gêne) et la vitesse de déplacement avec les grappins auraient pu vite nous perdre. Pour le reste, on regrette quand même que la bande-son ne soit pas plus présente, avec des thèmes qui ont tendance à se répéter et qui ne se démarquent jamais vraiment. Le genre du metroidvania a parfois été l'occasion pour les musiciens d'offrir de jolis thèmes de boss notamment, mais Kunai se perd un peu dans le domaine. Cela dit, dans l'ensemble, la direction artistique est convaincante, avec un feeling rétro dans un univers paradoxalement très moderne. On note toutefois quelques ralentissements dans sa version Switch, dans des zones parfois vides de tout ennemi. Surprenant.

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Le véritable problème posé par Kunai relève de la progression. Très horizontal, le jeu dévoile la plupart de ses éléments de gameplay dans sa première partie. Vite répétitif malgré l'apparition de nouveaux environnements, Kunai ne parvient pas à relancer l'intérêt à cause d'ennemis qui s'abordent un peu tous de la même manière et une histoire finalement très dispensable. La difficulté n'aide pas beaucoup non plus puisque dans l'ensemble, le jeu reste sur le même ton et au même niveau de difficulté, à l'exception peut-être d'un boss ou deux sur la toute fin dont la difficulté à les battre relève plus de la durée de l'affrontement que de l'exigence des patterns. Ainsi, Kunai rate un peu ce qui fait tout le sel des fins de partie dans les metroidvania dont il se réclame : le gain de puissance. Les compétences d'armes achetées au fil de l'aventure n'apportent pas grand chose de ce côté là, donnant l'impression de parcourir tout le jeu sans jamais ressentir ce fameux gain de puissance. Cela ne rend pas Kunai inintéressant pour autant, mais il aura bien du mal à captiver les amateurs du genre plus de quelques heures. Remarquez cela tombe bien puisque nous avons battu le dernier boss en un peu moins de sept heures de jeu.

Conclusion

Charmant grâce à son univers, Kunai est un metroidvania correct. Visuellement attrayant et plutôt bien rythmé, son gameplay à base de grappins offre de bons moments. Malheureusement, il est difficile d'en ressortir pleinement convaincu tant pêche à proposer des moments vraiment mémorables et une courbe de progression plus intéressante. Très monotone, le jeu repose sur les mêmes artifices tout au long de la partie et les nouvelles armes acquises au fil de la progression ne pimentent pas plus les combats que les phases de plateformes tant la plupart des mécaniques sont découvertes et maîtrisées dans sa première partie. Les boss sont d'ailleurs très oubliables, ce qui empêche Kunai d'être aussi intéressant que l'on aurait pu l'espérer.  

Test réalisé par Hachim0n sur Switch à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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