Test de Tom Clancy's The Division 2: Warlords of New York - Retour aux sources

Début mars sortait Warlords of New-York, l'extension de The Division 2, sur PC Windows, Xbox One et PlayStation 4 (et prochainement sur Stadia). Cette nouvelle aventure nous propose de retourner là où tout a débuté, l'histoire comme la licence : New York. L'occasion de faire marche arrière sur certains changements introduits avec Division 2 ?

Warlords of New York

Plutôt que de réintroduire complètement The Division et sa suite The Division 2, je vous invite à relire les tests de l'un et de l'autre. Mais je me garde malgré tout le droit de revenir sur certains points précédemment abordés.

Et je commence directement en rappelant que The Division raconte les événements qui suivent l'introduction et la prolifération, à l'occasion du Black Friday, d'un virus par l'intermédiaire de billets de banque contaminés. Bien que le foyer se situe à New York, dans la presqu'île de Manhattan rapidement mise sous quarantaine, le virus parvient tout de même à se rependre en dehors de cette zone, au point de faire sombrer les États-Unis d'Amérique et son gouvernement.

Si le premier opus nous envoyait avec une seconde vague d'agents au cœur de la capitale économique des USA pour enquêter sur les origines de ce virus, faute d'indices sur la localisation de l'instigateur, le second nous envoyait remettre de l'ordre dans la capitale législative.

Ce second opus repartait des bases du premier, en améliorant certains points et en en enrichissant d'autres, mais se perdait un peu en route sur d'autres, comme les Dark Zones - les zones JCJ - proposant plus de variétés, mais finalement moins appréciées ou l'équipement (dont les pouvoirs), qui avait de nouvelles possibilités de personnalisations, mais inutilement complexe dans certains cas. De plus, l'histoire, qui était avant un tout un fil rouge dans le premier, devenait un prétexte assez anecdotique dans cette "suite".

De plus, il s'agit d'un Game as a Service, un jeu qui s'enrichit dans le temps - à la manière d'un MMO -, permettant de conserver les joueurs sur la durée. Cela se traduisait dans The Division 2 par l'introduction d'Épisodes, des ajouts récurrents de contenu, avec à chaque fois de nouvelles missions et une nouvelle spécialisation afin d'explorer de nouveaux gameplays et même de nouveaux lieux, certaines missions nous emmenant hors de Washington, comme par exemple au Pentagone.

Cependant, on peut imaginer que les Épisodes n'ont pas atteint leur objectif. Le dernier d'entre eux sert ainsi de prologue à l'extension Warlords of New York (Les Seigneurs de guerre de New York pour les anglophobes). Cette extension débarque avec beaucoup de changements apportés aux Dark Zones, à l'équipement ainsi qu'à la manière de fidéliser les joueurs. Une partie de ces changements est appliquée à tout le monde et l'autre réservée aux possesseurs de l'extension.

Welcome to New York

Dans le troisième Épisode de The Division 2, on retrouve la trace d'Aaron Keener, qui se révèle être à New York. C'est donc l'occasion de retourner dans la grande pomme et de débuter une traque de cet agent renégat de la Division. Pour cela, on commence par débusquer et abattre ses quatre lieutenants à la recherche d'indice pour remonter jusqu'à lui. Chacun contrôle un quartier différent de la zone Downtown de Manhattan via l'intermédiaire d'une des factions rencontrées lors de The Division 1.

S'il était souvent reproché à TD2 d'avoir une ambiance inférieure à celle de TD1 en passant de New York en hiver quelques semaines après le début des événements où les gens en quarantaine luttent pour survivre à Washington en été quelques mois plus tard avec la société qui s'est complètement effondrée sans véritable raison, retourner à New York n'est cependant pas la solution miracle. Toujours en été, bien que les lieux rappellent ceux du 1 (qui se déroulait dans la zone Midtown un peu plus au Nord), on retrouve une ambiance plus proche de celle du 2 avec une société en reconstruction autour d'un Refuge - cette fois méfiant de la Division.

On est ainsi projeté dans un conflit entre cinq factions, avec le Refuge qui essaye de récupérer le contrôle sur les quatre quartiers alentours et les quatre gangs qui protègent leur territoire, mais essayent aussi de l'agrandir en affrontant les gangs voisins. On se retrouve ainsi dans une situation étrange où les gangs, pour une raison inconnue, ont quitté leur territoire pour le Lower Manhattan et, même si les hommes qui contrôlent ces gangs sont alliés et travaillent pour Keener - en mettant à profit les ressources des gangs -, il y a malgré tout des luttes entre leurs hommes de main.

On se serait attendu à des alliances entre les gangs ou même à de nouveaux gangs dans la mesure où ces lieux ne sont pas une destination rêvée : frappée par une tempête, la zone est ravagée, ce qui apporte aux environs une ambiance unique par rapport aux deux jeux principaux.

Dans tous les cas, une fois arrivé dans la ville et les contacts établis, on est libre d'aborder la suite des événements comme on le souhaite. À la manière d'un Megaman, on peut partir affronter le boss qu'on souhaite, dans l'ordre qu'on souhaite - les ennemis de la zone s'alignant sur notre niveau - pour acquérir son pouvoir spécial et, une fois les quatre vaincus, débloquer le boss final. Seule différence, et pas des moindre : le pouvoir débloqué n'apporte aucun avantage contre un autre boss.

Chaque quartier propose ainsi une série de quêtes, contenant une mission principale et une secondaire, afin de remonter jusqu'au lieutenant qui supervise les opérations locales. À côté, il y a un objectif secondaire demandant, pour chaque quartier, de déloger les ennemis des deux points de contrôle et de récupérer les cinq caches SHD éparpillées dans le quartier, pour débloquer la prime sur un nommé et récupérer le contrôle du quartier après l'avoir battu. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne trouvera plus de méchants dans le quartier pour autant.

L'exploration d'un quartier devient bien plus attractive dans cette extension grâce à l'apparition d'un brouillard de guerre. Si auparavant, rejoindre la Planque dans un quartier permettait de dévoiler tous les objets à récupérer et activités présents, il faut désormais parcourir la ville pour lever un brouillard de guerre et dévoiler au fur et à mesure tous les éléments cachés. Ce système pousse efficacement à l'exploration sans devenir ennuyant, car la zone dévoilée autour de nous est plutôt généreuse et car retirer le brouillard est définitif. En plus de cette nouvelle mécanique, les énigmes pour atteindre certains coffres se sont pas mal renforcées, avec certaines qui demandent un bon sens de l'observation ou la nécessité de s'éloigner pour trouver le passage convoité.

New York State of Mind

Entre les séries de quêtes pour battre les quatre lieutenants, la mission finale pour affronter Keener, les activités pour reprendre le contrôle des quartiers, les trois missions secondaires supplémentaires et les activités aléatoires, on a de quoi faire. Cependant, on reste malgré tout un peu sur sa faim.

Une première déception vient du fait qu'on n'a pas autant de missions dans des monuments ou lieux importants que précédemment. Il y en a, comme par exemple la mission à Wall Street. De plus, les autres missions peuvent proposer des lieux très sympa comme un cargo échoué. Néanmoins, cette zone reste moins marquante.

C'est aussi dû au fait qu'on manque un peu de missions. D'autant plus qu'avec tout ce qui a été listé précédemment, une fois le contenu parcouru, il ne reste que cinq missions qu'on peut refaire avec les différentes difficultés. L'extension occupe, mais aurait pu le faire plus longtemps. Idéalement, un cinquième quartier aurait été parfait pour une extension. Je me serais même contenté d'avoir des missions pour améliorer le nouveau Refuge.

Une fois le contenu terminé, on dispose de cette carte de New York, mais on peut aussi enfin retourner à Washington - car une fois arrivé à New York, pas question de repartir tant qu'on n'a pas réglé son compte à Keener. La surprise à Washington est que la carte a été remise à zéro à nouveau, comme à chaque changement de World Tier. Cependant, cette fois on retrouve les ennemis de base plutôt que les Black Tusk et la zone devient le décor pour la première Saison (j'y reviendrai plus tard).

Ever Since New York

À l'arrivée à New York, notre équipement retourne au niveau 30, ce qui représente une perte de puissance - d'autant plus qu'on est passé au système Gear 2.0 qui simplifie les stats de l'équipement. Toutefois, d'une part la difficulté est revue à la baisse par rapport aux Black Tusk suréquipés auxquels on était alors confrontés, d'autre part l'équipement est rapidement remplacé alors qu'on progresse jusqu'au niveau 40 (et au-delà) avec une montée en puissance qu'on pourrait aisément qualifier de power creep.

Tout le long du contenu de l'extension, la difficulté est donc assez faible. Sauf face à quelques ennemis contre lesquels la difficulté remonte. La palme revient à la plupart des boss qui nous confrontent à une difficulté à laquelle on n'était clairement pas préparé.

Une fois Keener battu, on débloque une montre spéciale qui introduit au jeu une progression infinie en niveaux, la possibilité de régler la difficulté du jeu en monde ouvert ainsi que celle d'ajouter des modificateurs lors des missions (chaque modificateur apporte en compensation un bonus d'expérience). De plus, la première Saison devient également disponible (nan, toujours pas).

Difficulté globale
Directives

Une fois la montre obtenue, on passe au niveau SHD 1 et l'expérience acquise à partir de ce moment permet de progresser dans ces niveaux. Chaque niveau fait gagner de façon permanente 30 point de vie max et un point à utiliser dans une catégorie d'amélioration ; sa nature change à chaque niveau, ce qui force ainsi à répartir la progression dans les différentes catégories plutôt que de chercher directement à maxer un bonus. Chaque catégorie d'amélioration de stats dispose de quatre sous-catégories, chacune apportant un bonus à une stat de 0,2 à 0,4% par point (avec un maximum de 50 points à mettre dans la sous-catégorie).

Par exemple, au premier niveau gagné, on récupère un point offensif. Un point offensif peut être utilisé pour augmenter les dégâts de 0,2%, les dégâts à la tête de 0,4%, les chances de critique de 0,2% ou les dégâts critiques de 0,4%. Au second niveau, on gagne un point défensif.

Leaving New York

The Division 2 introduisait les Spécialisations en fin de jeu. Ce système permet de disposer d'une puissante arme signature et de divers effets pour améliorer le personnage en soutenant différents gameplay selon la spécialisation choisie. Le jeu de base incluait trois spécialisations et chaque Épisode introduisait une nouvelle spécialisation.

Malheureusement, l'extension n'inclut pas de nouvelle spécialisation et il n'y a pas eu de communication sur un nouvel Épisode ou une nouvelle spécialisation à venir. D'un côté, l'Épisode 3 est encore récent. De l'autre, on sent un manque d'amour pour les spécialisations dans cette extension (faire tout son contenu rapporte cinq points, ce qui est vraiment ridicule et empêche un nouveau joueur qui a utilisé un boost pour passer directement niveau 30 d'avoir la moindre utilité pour ce système au cours de l'extension). Est-ce qu'ils vont abandonner Épisodes et spécialisations ?

La seule chose claire pour le moment est que leur nouveau cheval de bataille pour fidéliser les joueurs est le système de Saisons, en proposant régulièrement du "nouveau" contenu à faire. Cependant, celui-ci est réservé aux joueurs qui ont terminé l'extension.

Chaque Saison dure trois mois et propose une nouvelle traque similaire dans l'esprit à celle qu'on a eu avec Keener. Elle se débloque graduellement, avec de nouvelles choses à faire toutes les semaines et surtout la possibilité d'affronter un nouveau lieutenant toutes les trois semaines. Une fois les quatre lieutenants vaincus, on peut alors affronter la cible principale.

Pour l'instant, il est possible de se frotter au premier lieutenant. Il faut au préalable nettoyer trois quartiers de l'Ouest de Washington (récupérer les points de contrôle, faire une prime et une mission principale dans chaque quartier plus une forteresse) avant d'avoir accès à cette première cible.

L'expérience acquise au cours d'une saison, en plus de faire progresser le niveau SHD, augmente également un niveau de Saison (avec un bonus x2 pour l'expérience obtenue lors d'une activité demandée par la saison) jusqu'à un maximum de niveau de 100. Les niveaux permettent d'obtenir diverses récompenses. Certaines sont accessibles pour tous les participants, mais des récompenses supplémentaires sont réservées aux joueurs possesseurs d'un Battle Pass. Le Battle Pass de la première saison est offert à tous les possesseurs de l'extension, mais il sera payant pour les autres saisons.

De plus, chaque saison sera l'occasion de mettre la main sur de nouveaux éléments cosmétiques, de nouveaux sets et marques d'équipements, de nouvelles armes exotiques, mais aussi de nouveaux pouvoirs.

New York avec toi

Warlords of New York est une extension plutôt intéressante pour ceux qui ont apprécié le jeu de base.

Si on ne s'intéresse qu'à son contenu propre, celui-ci est de bonne qualité : l'ambiance de cette nouvelle zone est très réussie et parvient à avoir son identité spécifique, la partie exploration subit une nette amélioration, de nombreuses nouvelles idées et mécaniques sont mises en œuvre dans le level et le combat design, puis ça fait plaisir de laisser un peu de côté le Black Tusk pour retrouver des ennemis comme les Cleaners. Néanmoins, ce contenu ne révolutionnera pas le titre et malheureusement donne un sentiment de trop peu.

Par contre, si on regarde autour, il y a eu un gros changement sur l'équipement qui s'adresse à tous (qu'on ait l'extension ou non), qui peut décevoir ceux qui ont passé énormément de temps à obtenir leur équipement dans le système précédent, mais apporte une simplification bienvenue avec une nette amélioration de qualité de vie. Il y a aussi eu des changements sur les Dark Zones, mais que je n'ai pas testé ni étudié donc sur lesquels je ne me prononcerai pas.

Puis, derrière l'extension, on découvre ce système de Saison qui s'adressera aux joueurs les plus motivés, mais qui dévoile des arguments bien plus marquants pour un GaaS qui cherche à fidéliser les joueurs que le petit ajout de contenu que pouvait représenter les Épisodes. Il introduit cependant quelques craintes avec tout d'abord la dérive que représente ce Battle Pass nécessitant de payer tous les trimestres si on veut toutes les récompenses alors qu'on refait en boucle le même contenu (à peu de choses près) et également la question des plans pour ajouter du vrai nouveau contenu et de nouvelles spécialisations.

Si on pense refaire un tour sur The Division 2 ou rester à jour dans l'histoire dans l'espoir d'un The Division 3, cette extension, sans être exceptionnelle, est une bonne expérience. Elle devient complètement incontournable pour quiconque pense passer un peu de temps sur le titre à farmer et à se frotter aux défis les plus corsés.

Test réalisé par Peredur à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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