Test de Gordian Quest - Le délicieux quatre quart du roguelite

Depuis quelques temps, le roguelite a le vent en poupe. Démocratisé par Darkest Dungeon puis adoubé par Slay the Spire, ce type de jeu a réussi à rendre attirant le concept de répétitivité, récompensant la persévérance du joueur. La compétition se fait rude dans ce domaine, avec des jeux resuçant souvent les recettes validées par la critique avec plus ou moins de brio. Dans cet océan impitoyable, Gordian Quest prend-il le large ou prend-il l’eau ?

Tout se passe en terre de Wrendia, continent ayant été brisé en cinq parties par une malédiction effroyable. Après une cinématique parcheminée, le premier acte disponible dans cet accès anticipé fait office à la fois d’introduction et d’aventure à part. En choisissant l’économie de moyens scénaristiques, nous débutons directement l’aventure dans un village encerclé par le mal. 

Six héros sont pour l’instant disponibles - d’autres étant prévus dans les mises à jour à venir. On retrouve des archétypes familiers ; une clerc baignant dans la lumière divine, un vieux magicien en appui sur son bâton, un blondinet prêt à sacrifier son armure en acier trempée à la moindre occasion ; autant dire que de ce côté-là, les développeurs n’ont pas pris le risque de l’originalité. 

Je pars sur une sauvageonne pouvant invoquer des esprits de la nature ; les autres héros peuvent être recrutés par la suite, au fil de l’aventure. Un aperçu de son deck m’aiguille sur son style de jeu, potentiellement très agressif.

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Le premier combat donne la couleur dans une ambiance de manga 2D très léchée : le terrain de jeu se compose de deux damiers, un pour notre équipe de trois, l’autre pour les ennemis. Trois rangées, trois colonnes, nous offrant d’autant plus de possibilités dans notre stratégie. Toutes les actions prennent la forme de cartes et certaines ne sont jouables que d’une certaine position. Il faut donc manoeuvrer pour s’aligner avec tel ou tel malfrat afin de pouvoir user de ses meilleures attaques tandis que se cacher derrière un tank permet de parer les coups arrivant en ligne droite. Qui dit trois personnages dit travail de groupe et des compétences passives sont activables en fonction des actions des autres membres de l’équipe. 

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Le combat remporté, nous avons droit à de l’argent et à une pièce d’équipement. La bonne idée réside dans le fait que l’équipement, en plus d’octroyer des bonus à vos stats, rajoute également une compétence à votre héros. Se munir d’une paire de bottes nous permet de bouger d’une case à l’autre sans utiliser d’AP (Ability Point, nécessaire pour utiliser nos cartes) tandis qu’un arc donne accès à une flèche allant droit au but. On peut déjà miroiter une très belle manière de personnaliser son gameplay de cette façon. 

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Notre druide gagne également un niveau, ce qui nous donne accès à son arbre de compétence. Il nous est possible de spécialiser davantage le personnage par ce biais, en débloquant une carte dans une des branches de sa classe. Je pars pour l’invocation d’esprit et reçoit un ours bien costaud, idéal pour protéger mes membres les plus faibles. 

Au fil des combats, dont les points d’intérêt se répandent autour du village en toile d’araignée pour développer à la fois l’histoire et la surface de jeu, notre groupe accède à des donjons et autres évènements annexes pouvant altérer la carte du monde. Sur cette mappemonde interactive, les stats de notre équipe sont mises à l’épreuve à travers des défis dont le lancer de dés récompense ou punit notre trio.

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Destinée aussi bien aux joueurs occasionnels qu’aux vétérans, la difficulté du jeu peut s’adapter afin de satisfaire les goûts de chacun. La mort des membres de l’équipe peut être plus ou moins handicapante, allant de la résurrection (à un coût non négligeable, l’argent se faisant rare) à la mort permanente, voire à la fin du run si l’équipe entière trépasse. Ce qui semble sciemment débuter comme une promenade de santé devient rapidement une course contre la montre pour tenir le rythme de la progression de la corruption environnante qui fortifie les éléments de chaque bataille, et très souvent à notre désavantage. Les ennemis deviennent coriaces, en surnombre, et il faut user de la synergie de vos héros pour en arriver à bout.

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D’après les développeurs, ce premier acte peut se compléter en une dizaine d’heures, mais la difficulté est telle qu’il en faudra sans doute plus à la plupart des joueurs pour en venir à bout au premier essai. Une fois accomplie, on peut redémarrer l’aventure en débloquant une sous-classe pour notre héros favori grâce à des parchemins récompensant les prouesses de la partie précédente, une occasion de renouveler l’expérience en attendant les ajouts de cet accès anticipé.

La suite ? Les développeurs, soucieux du soutien de leur communauté de joueurs, ont dévoilé leur vision du jeu pour les mois à venir, à commencer par un polissage des systèmes en cours ainsi que le déploiement des actes supplémentaires. Plus d’une dizaine de nouveaux héros sont prévus ainsi que l’ajout de centaines de cartes. Les nouveaux actes seront l’occasion d’affronter des adversaires inédits et de peaufiner le système de combat, dont les bases sont d’ors et déjà solides et addictives. Précisons que le jeu n’est pour l’instant disponible qu’en anglais.

En résumé, Gordian Quest est un peu le quatre quart du roguelite, alliant les genres dans un tout qui arrive à sublimer ces ingrédients qui à priori seraient difficiles de faire coexister en gardant une expérience progressive équilibré et agréable à jouer. Allez, ça ne fait pas grossir ; on en redemande une part.

Test réalisé sur PC par Prudence à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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