Test de SnowRunner - Les usines enneigées

Il y a quelques années, le très sympathique MudRunner, ou son aîné Spintires, nous séduisait par sa proposition : des gros camions, de la boue et un terrain terriblement difficile à pratiquer. Ne pas s'embourber était un challenge de tous les instants grâce à une physique et à une déformation du terrain plutôt bien gérée. Voilà que débarque SnowRunner, le petit nouveau de la bande qui nous invite cette fois-ci à découvrir, entre autres, la campagne enneigée d'Alaska. 

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Country roads, take me home...

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SnowRunner dépayse autant qu'il rassure. De nouveaux environnements ne signifie pas qu'il ignore pour autant ce qui a convaincu la petite communauté fidèle autour de son prédécesseur. Il ne faut ainsi pas plus de quelques minutes pour retrouver les sensations de MudRunner, avec sa terre difficilement praticable et ses averses qui transforment en boue des chemins déjà bien compliqués à parcourir. La physique des véhicules et du terrain ne bouleverse pas les habitués, avec une forte insistance sur le différentiel que l'on adapte aux situations, pour peu que le véhicule que l'on possède le permette (notamment en le bloquant afin de mieux s'en sortir sur les terrains les plus difficiles). Pour autant, SnowRunner débarque avec une promesse : la neige. Un élément naturel qui complique un peu plus les débats puisque les véhicules finissent irrémédiablement par s'enfoncer dans la poudreuse, mais surtout, cela implique aussi l'apparition du verglas, qui oblige à être vigilant même sur des routes goudronnées qui auraient pu sembler inoffensives dans d'autres circonstances.  

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Le jeu surprend toutefois dans ses premiers instants : malgré un nom qui laisse croire à des heures passées sous la neige, c'est au Michigan dans un temps automnal qu'on se retrouve. Première carte d'un jeu qui en comprend trois, avec l'Alaska enneigé ainsi que Taïmyr en Sibérie et son temps pluvieux, le Michigan sert avant tout de gigantesque tutoriel grâce à des terrains un poil plus accueillants que ses compères. Ne nous y trompons pas pour autant : SnowRunner est un jeu fondamentalement difficile, où la patience est bien souvent récompensée. Un rythme de jeu assez lent qui nous rappelle la bande-annonce du jeu où l'équipe de communication s'est fait un malin plaisir à reprendre l'esthétique et le ton du Death Stranding de Hideo Kojima, en faisant un parallèle qui s'avère finalement... Assez bien vu. Au-delà de toute taquinerie ou de coup de communication bien huilé, SnowRunner partage étonnamment ce même goût pour l'aspect contemplatif d'une aventure hors du commun. Plus mature que MudRunner, le dernier titre proposé par Saber Interactive insiste grandement sur la patience des routiers en herbe. Livrer des trucs aux quatre coins de l'Alaska (sur des cartes plutôt grandes) n'est probablement pas la chose que l'on rêve tous de faire dans un jeu vidéo, mais la manière de mettre en scène ces livraisons est d'une justesse aussi drôle que passionnante, grâce à des voyages où chaque rivière à traverser peut se transformer en épreuve ; sans parler de notre ennemi principal : les marais. 

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Pour mener à bien nos missions, on a accès sur chaque carte à un garage, centre névralgique d'une entreprise en devenir. Acquérir des nouveaux véhicules plus puissants et adaptés à de nouvelles situations, ainsi que des remorques, reste notre objectif principal. Pour ce faire, SnowRunner délaisse un peu le cadre très sandbox de son aîné en préférant ajouter un peu plus de contenu et de missions qui permettent d'orienter le joueur. Ces missions sont extrêmement nombreuses et parfois bien difficiles à terminer, d'autant plus que chacune des trois régions ajoute son petit lot de missions secondaires ou d'endroits spéciaux à découvrir. L'exploration est en effet au centre du jeu, toujours avec de quoi récompenser les joueurs les plus curieux : on découvre des missions dans des lieux inattendus, des panoramas rafraîchissants ou même des améliorations pour customiser nos véhicules. Ce dernier point est essentiel pour se faciliter la vie, en rendant les véhicules plus puissants et résistants. Et ce n'est pas de trop, car débloquer de nouveaux véhicules signifie souvent dépenser beaucoup, beaucoup d'argent. Des crédits durement acquis dans des missions longues et plutôt radines, où des expéditions qui traînent en longueur ne sont que très rarement bien récompensées. Mais peut-être est-ce là un vrai choix de game design ? Les développeurs insistent beaucoup dans leur jeu sur le contemplatif et la patience, à tel point qu'il est peut-être préférable de passer beaucoup de temps avec un véhicule imparfait afin de connaître ses capacités et ses limites avant de pouvoir s'en procurer un meilleur. Un choix qui peut s'avérer frustrant tout de même, car la quarantaine de véhicules sous licence (Freightliner, Caterpillar, Chevrolet, GMC...) est souvent hyper-spécialisée, permettant de terminer des missions quasi-inaccessibles à d'autres véhicules. 

L'empreinte carbone pour les nuls

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Le moteur graphique fait toujours des miracles, à son niveau. Sans être absolument incroyable, il nous emporte facilement grâce à quelques panoramas très réussis, d'autant plus que l'ambiance reste une chose que maîtrise parfaitement les développeurs de Saber Interactive, avec une musique un peu plus présente qui sait toutefois se taire lorsqu'on est face à un obstacle qui demande plus de concentration. On peut en plus toujours compter sur un level design maîtrisé, avec des zones étudiées pour que la plupart des obstacles aient un sens et pas seulement avoir comme objectif d'entraver le joueur dans son expédition. Certaines zones deviennent presque des puzzles à résoudre et c'est bien là le cœur du jeu. Si beaucoup de situations se règlent à grand coup de blocage du différentiel ou d'un treuil quasi-magique qui permet de s'accrocher à tous les arbres que l'on croise, d'autres demandent plus de finesse et un peu de réflexion dans leur approche afin de ne pas s'embourber. Le tout en sachant que le jeu offre une vraie liberté d'approche dans toutes ses missions, tant sur l'itinéraire que l'on préfère suivre (avec leur lot d'obstacles) que sur le moyen de mener à bien notre objectif. On regrette quand même une ergonomie toujours compliquée, à l'image de son prédécesseur, avec une multitude de menus et sous-menus qui demandent un bon temps d'adaptation. De la même manière, la caméra est souvent capricieuse et peut poser problème, notamment quand on tire une remorque très large.

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Mais si le jeu offre suffisamment de contenu pour s'amuser plusieurs dizaines d'heures pour peu que l'on adhère à son étonnante proposition, SnowRunner ne serait pas grand chose s'il ne laissait pas aussi une place à ce qui a fidélisé une partie du public de MudRunner : les mods. Toujours très ouvert et accessible aux moddeurs, le jeu donne les outils pour permettre toutes sortes de modifications et création de contenu par la communauté. Saber Interactive propose de son côté un season pass, mais on attend surtout de voir ce que les moddeurs proposeront. Qui plus est dans un jeu où l'aspect communautaire est terriblement important : on disait juste avant que certains obstacles demandent un peu de réflexion, mais ils peuvent aussi être facilités par nos amis. Le jeu propose en effet un mode coopératif jusqu'à quatre pour s'entraider dans les missions durant lesquelles on est bien content d'avoir quelqu'un pour nous tirer hors d'un marais où l'on s'est mal engagé, dans un mode de jeu qui est un peu l'équivalent vidéoludique du pote qui vous appelle à 1h du matin parce qu'il est en panne sur une petite route de campagne. Les situations font souvent rire, mais surtout elles appellent à l'entraide pour que les choses terminent du mieux possible. Attention quand même : le mode coopératif est loin d'être indispensable et ne sert qu'à s'amuser ou à se faciliter la vie dans des zones plus difficiles que les autres, surtout lorsque l'on n'a pas encore pu acheter le véhicule le mieux adapté.

Conclusion

SnowRunner réussit là où son aîné peinait parfois à convaincre : sur le contenu. Moins sandbox, un peu plus encadré avec de très nombreuses missions, il rassure ceux qui auraient pu être effrayés par la totale liberté de MudRunner en ne sachant pas comment l'aborder. Deux ans après, les développeurs de Saber Interactive ont repris ce qui marchait pour leur titre référence, son moteur physique et son ambiance, tout en proposant beaucoup plus, à tel point que SnowRunner s'impose comme une belle réussite dans une ode à la persévérance et à l'ingéniosité où le sentiment d'accomplissement surpasse toujours la frustration d'un obstacle qui nous a cassé la tête pendant des dizaines de minutes.

Test réalisé par Hachim0n sur PC à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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5,3 / 10 - Moyen

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