Test de Röki - Une aventure au pays des contes scandinaves

Nous avions découvert Röki il y a quelques mois lors du festival des jeux indépendants de Steam et ce jeu d’aventure inspiré du folklore scandinave nous avait fait de l’œil. Il est maintenant temps de voir ce que le jeu complet a dans le ventre alors que sa sortie est prévue pour le 23 juillet.

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Il était une fois...

Röki nous mène à la rencontre de Tove, une jeune fille qui depuis la mort de sa mère doit veiller sur son jeune frère Lars pendant que leur père noie son chagrin dans une bonne bouteille. Ce rôle de sœur et de mère de substitution a conduit Tove à mettre en veille son âme d'enfant et à ne plus croire aux monstres des contes et légendes qui passionnent son frère. Mais lorsqu'un monstre étrange attaque la maison de la famille et enlève Lars, Tove n'a d'autre choix que de les suivre dans un portail qui la conduit dans un monde où ces contes sont peut-être bien réels. Pour sauver son frère, Tove doit donc obtenir l'aide de ces créatures de légende et vaincre ses propres peurs.

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Un troll sous un pont

Histoire d'un aller-retour

Ses développeurs nous présentent Röki comme un jeu d'aventure au level-design non linéaire. Difficile de savoir ce qu'ils entendent réellement par là. Ainsi, le début du jeu nous montre un jeu d'aventure tout ce qu'il y a de plus classique dans son fonctionnement, avec ses objets à ramasser, à combiner et à utiliser au bon endroit pour avancer. On constate toutefois dès la fin de cette introduction que le jeu s'ouvre un peu et commence à mettre régulièrement le joueur devant des éléments dont il ne peut tirer parti immédiatement ou devant des chemins qu'il ne peut ouvrir pour l'instant. Le jeu multiplie donc les allers-retours entre ses différentes zones durant son second chapitre, mais a la bonne idée d'intégrer un système de voyage rapide à son univers. On applaudit aussi le fait d’avoir des temps de chargement très courts, quelques secondes à peine, ce qui rend ces multiples changements de niveaux supportables.

Les arbres ont des yeux, et des racines magiques
Les arbres ont des yeux, et des racines magiques

Toutefois, cette bonne impression s'atténue avec le temps. Sans vous spoiler, le troisième et dernier chapitre du jeu ajoute un nouveau personnage à l'aventure et vous oblige à continuellement basculer entre Tove et ce personnage. Les déplacements deviennent soudain plus pénibles puisqu'il est impossible de déplacer simultanément les deux personnages lorsqu'ils doivent passer d'une zone à l'autre. Pire, il n’est pas rare de se farcir un temps de chargement (heureusement toujours aussi court) lorsqu’on change de personnage.

Sus au premier gardien !
Sus au premier gardien !

Au final, Röki est un jeu à deux visages. Une première qui se déguste en se laissant porter par le courant, sans chercher à résoudre immédiatement le moindre problème. Je n'ai ainsi jamais eu l'impression d'être perdu sans savoir où aller et sans indication sur ma prochaine destination. Au contraire même. La quête des gardiens qui constitue la partie centrale du second chapitre semble se dérouler assez naturellement. Le jeu n'est d’ailleurs dans l'ensemble pas bien dur et ses combinaisons d'objets restent logiques. Mieux, les commentaires de Tove donnent souvent des indices sur la manière d'avancer dans l'aventure. Puis arrive ce deuxième visage, qui concerne toute la route vers la fin du jeu (soit pas loin de 3 heures quand même, sur un total d'une dizaine pour arriver au terme de l'aventure). Röki se montre alors plus lourd, moins intuitif et certaines énigmes deviennent plus obscures. Et c'est dommage quand on s'est bien amusé durant tout le début du jeu.

Choix techniques

Sur le plan technique, difficile de nier que Röki possède une identité visuelle propre. Une identité qui mélange monde en 3D et caméra fixe avec un certain succès lorsque le jeu s'offre certains plans particulièrement réussis. Mais aussi parfois avec des petits ratés lorsque le jeu échoue à bien montrer la différence de profondeur entre un objet et le personnage que l'on manipule. À ce sujet, bien qu'il soit possible de jouer au clavier, je vous conseille de vous tourner vers un pad, bien plus adapté à ce genre de déplacement. Un peu plus gênant, le jeu souffre parfois d'un léger manque de visibilité dans les environnements 3D, lorsqu'il nous énerve en planquant un passage derrière un élément en arrière-plan. De même, si le jeu offre la possibilité de faire clignoter d'une simple touche les éléments avec lesquels le joueur peut interagir, il m'est arrivé d'en rater quelques-uns qui restaient à peine visibles. De même, le switch entre les deux personnages du chapitre 3 donne parfois lieu à quelques moments où la caméra se perd un peu. On notera aussi que le jeu est plutôt avare en options graphiques puisque hormis le choix de la résolution, il n'y en a tout simplement pas. Ceci dit, le jeu n’est pas gourmand et devrait même tourner sur une machine un peu ancienne.

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On note également que Röki a fait le choix, judicieux à mon sens, de privilégier la traduction de ses textes plutôt qu’un doublage sonore des dialogues. Le jeu est donc disponible dans un grand nombre de langues, dont le français, pour ses textes alors que la partie sonore de dialogues se contente des petites onomatopées des personnages. Des voix assez vite lassantes, mais heureusement désactivables dans les menus. On regrette d’ailleurs que ces phases de dialogues soient si lentes, obligeant le joueur à marteler le bouton A pour passer à la suite. Une situation qui se ressent surtout dans les longs tunnels narratifs durant lesquels ce format de dialogues manque cruellement de dynamisme.

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J’arrive finalement au terme de ce test de Röki avec un sentiment assez partagé. J’ai beaucoup aimé les deux premiers tiers du jeu. Une partie assez classique dans la forme, mais bien foutue avec une histoire, certes sans surprises, mais plaisante à suivre. Cependant, la dernière partie du jeu a par contre été moins convaincante, le jeu perdant en simplicité et en fluidité avec l’ajout de ce second personnage. Dommage vraiment, car il ne manquait pas grand-chose pour faire de Röki un vrai bon jeu d’aventure. On le quitte avec un goût de jeu moyen, qui passe certes le temps, mais qu’on ne fera peut-être pas d’une traite.

Test réalisé par Grim sur PC à l'aide d'une version fournie par l'éditeur.

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5,3 / 10 - Intéressant