Test de No Straight Roads - Une belle composition pas totalement harmonique

No Straight Roads, ou NSR pour les intimes, est un jeu d’action/aventure développé par Metronomik et disponible sur PC, Xbox One et PlayStation 4 depuis le 25 août dernier. Le titre s’est notamment fait remarquer par sa direction artistique coloré et par son casting de doubleur de haute volée.

Alors, la vie est-elle belle du côté de Vinyl City ?

For those about to rock (we salute you)

Vous êtes Bunk Bed Junction, un groupe de rock indépendant clairement pas venu pour faire dans la dentelle. Composé de Mayday à la gratte et Zuke à la batterie que vous incarnez simultanément, votre objectif premier est simple : participer à l’émission musicale Lights Up, vous faire connaître aux yeux du monde et surtout, arriver à séduire le fameux jury de l’émission. En effet, cette réussite vous permettrait d’intégrer NSR, la fameuse société en charge d’alimenter la ville en électricité grâce à la puissance de la musique. Malheureusement, vous êtes vite confronté à la réalité : l’EDM (Electro Dance Music) règne en maître et vous êtes rapidement relégué au rang de paria ne méritant pas de vivre ailleurs que dans les égouts de la ville, avec une interdiction totale de pratiquer le rock dans toute la cité. La goutte de trop pour votre duo qui n’a donc plus d’autre choix que de faire tomber l’empire établi par NSR dans Vinyl City pour la gloire du rock ! Et autant vous dire que pour arriver à votre fin, il faudra éliminer un à un chaque musicien pratiquant l’EDM pour le compte de votre ennemi.

Si le scénario reste relativement classique, la sauce prend bien grâce à l’ambiance générale du titre. Malheureusement, l’histoire ne décolle jamais vraiment et les rares rebondissements sont tellement cousus de fil blanc qu’on arrive à deviner sans grande peine ce qu’il va se passer bien avant que cela ne se produise. Les dialogues, bien que drôle, s’avèrent très caricaturaux dans l’ensemble.

Néanmoins, le jeu reste agréable à suivre, d’autant que le jeu profite d’un doublage en version française intégral de qualité. C’est assez rare pour être souligné ! On retrouve plusieurs noms connus tel que Donald Reignoux, Kelly Marot, Eric Legrand ou encore Anaïs Delva.

Lors de ma partie, le jeu souffrait d’un problème assez important de synchronisation labiale : les personnages pouvaient continuer de bouger les lèvres pendant deux secondes alors que le doublage était déjà terminé. Bien que frustrant, nous avons eu l’information qu’un patch était en cours de déploiement pour corriger ces quelques soucis très prochainement !

D’un point de vue visuel, le jeu n’est clairement pas ce qu’il y a de plus beau techniquement pour un titre de 2020, mais se rattrape aisément par une direction artistique mélangeant habilement 3D colorée pour les phases d’exploration/combat et affichage 2D pour les phases de dialogue. Ce mélange donne un aspect manga/bande dessinée clairement pas désagréable.

Vinyl City

Wherever I May ROAM

Le jeu se décompose en deux parties bien distinctes : l’exploration de Vinyl City d’une part, les combats de boss d’autre part. N’y allons pas par 4 chemins : le jeu n’est mémorable que pour l’une des deux parties (et heureusement, la plus intéressante des deux !).

En effet, les phases d’explorations sont sans le moindre intérêt, avec du contenu famélique, dans lequel votre principal objectif est de récupérer du qwasa (l’équivalent d’une source électrique) réparti aléatoirement dans l’environnement, afin de réactiver du matériel électrique et d'obtenir des fans supplémentaires. Ainsi, pour chaque boss vaincu, vous débloquez un nouveau quartier de la ville à explorer et répétez en boucle le même processus ad nauseam : retour à votre base, briefing de la prochaine mission, traversée des quartiers précédents jusqu’à arriver au nouveau quartier, déblocage du matériel électrique avec le qwasa, déblocage de l’accès au boss suivant en combattant une série d’ennemis basé sur 3 modèles identiques, puis enfin le combat de boss.

Rapidement rébarbatif, cette partie du jeu est clairement oubliable.

Néanmoins, cela nous mène à l’autre partie, cœur de ce titre, et clairement plus intéressante : les combats de boss. L’action prend alors tout son sens lors de combats épiques contre les différents apôtres de NSR, ayant chacun son thème musical propre et son style de combat unique. Particulièrement bien mis en scène et soutenu par le doublage cité précédemment, les combats prennent régulièrement un aspect épique et unique dans leur déroulement, les rendant clairement mémorable. De l’attaque interplanétaire de DJ Subatomic Supernova, au boys band robotique 1010 (imaginez un mélange improbable entre Daft Punk et le groupe BTS à prononcer TenTen), il y en a pour tous les goûts.

De plus, votre champ de compétence n’est pas en reste pour leur répondre : attaques, parades des frappes ennemies symbolisées par un halo violet, tir à distance des « notes de musiques » éparpillées au sol, transformation d’objets inertes en soutien offensif ou défensif selon le personnage que vous incarnez. Votre panel est relativement complet et grandit au fil du nombre de fans que vous récoltez après ces combats de titans !

C’est d’ailleurs pendant ces combats que l’aspect rythmique de la bande son prend son intérêt puisqu’elle oblige le joueur à se caler sur ce même rythme pour gérer les attaques successives qu’il doit contrer. Manette en main, si cela peut s’avérer difficile au premier abord, c’est vite grisant et entraînant ! Une belle réussite, dont on ne peut qu’en redemander.

DJ Subatomic

Stop. Repeat. Play

Et ça tombe bien, parce que les développeurs y ont pensé en ajoutant plusieurs possibilités. La première, c’est déjà de faire le jeu en mode deux joueurs. Bon, pour être honnête, ce mode est très rapidement limité malheureusement. En effet, les phases d’explorations deviennent totalement injouables puisque seul le joueur 1 contrôle la caméra et qu’on perd donc le joueur du champ de vision en quelques secondes. Néanmoins, à l’exception du deuxième combat de boss, cette phase de jeu est déjà plus adaptée et permet d’obtenir une bien meilleure note de fin de combat.

Car oui, c’est là une idée bien trouvée : comme tout bon jeu de rythme, un système de scoring est proposé, basé sur la durée du combat, le nombre de dégâts subis ou encore la chaîne de combos effectués ! Les plus perfectionnistes pourront donc prendre plaisir à aller chercher la fameuse note S en répétant le combat. Et si la difficulté n’était pas assez au rendez-vous, vous pouvez débloquer plusieurs modes différents par la suite pour redécouvrir le combat différemment : mode difficile, mode taré ou encore le mode parade qui supprime les munitions à distance, vous forçant à jouer bien plus sur la parade et les contres. Enfin, vous pouvez découvrir les combats via des pistes sonores alternatives, vous permettant de rallonger encore un peu la durée de vie du titre.

En effet, le jeu se termine facilement en 6 à 8h, selon votre rythme. Laisser la possibilité de redécouvrir les moments forts du titre sous un autre angle/difficulté est donc une excellente opportunité.

Mother & Child

So what ?

No Straight Roads porte assez bien son nom : c’est une route vidéoludique relativement sinueuse. Comme expliqué, le jeu présente son lot de fausses notes en contrepartie d’une composition globale qui le rend aussi fun que mémorable. À titre personnel, j’ai trouvé le jeu très agréable et j’ai regretté que la fin arrive aussi vite. J’aurais clairement apprécié être confronté à encore quelques combats de pontes de chez NSR !

Quoi qu’il en soit, pour un titre vendu au prix de 39,99€, l’expérience peut être un petit plaisir coupable si vous cherchez un jeu original, aux combats épiques et à la bande son particulièrement bien travaillée, tout en acceptant que le jeu ne soit pas non plus parfait.

Balade en ville

Test réalisé par Dunta sur Xbox One à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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Plateformes Nintendo Switch, PlayStation 4, Windows, Xbox One
Genres Aventure, fantastique

Sortie 30 juin 2020 (PlayStation 4)
30 juin 2020 (Windows)
30 juin 2020 (Nintendo Switch)
30 juin 2020 (Xbox One)

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