Test de NBA 2K21 - On stagne et on attend la suite

Référence de la simulation de basket, bien aidée aussi par une concurrence qui n'a jamais su tenir la cadence, la série des NBA 2K n'a jamais cessé de s'imposer toujours un peu plus comme une évidence. Forte de l'expertise des développeurs de Visual Concepts, la série ne souffre pratiquement d'aucune contestation. Cependant, on voit avec cette édition 2K21 qu'à l'aune de la nouvelle génération de consoles, il y a encore beaucoup de choses à faire pour avancer et éviter de trop stagner.

À l'attaque, encore et toujours

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On ne va pas se le cacher : le ravalement de façade pour les menus de ce NBA 2K21 est à peu près la seule chose excitante du côté des nouveautés du jeu. Exit les couleurs et les tuiles qui se multiplient, place à quelque chose de bien plus sobre et classique, mais qui gagne en clarté. Une recherche de la clarté qui n'est malheureusement pas la même pour l'autre grande nouveauté du titre : son système de tir. Auparavant, la licence misait tout sur le timing avec un bouton de tir à relâcher au bon moment, mais désormais on recherche plutôt la précision. Pour cela, il faut orienter le stick vers la gauche ou la droite selon la barre affichée à l'écran lorsque l'on enclenche la séquence de tir. Un système qui tranche avec l'ancien, mais qui ne s'est pas fait sans tracas : compliqué, peu lisible et particulièrement punitif, il a été patché dans l'urgence après la sortie du jeu pour augmenter la marge d'erreur laissée au joueur dans l'orientation du stick. Un succès ? Pas vraiment, ce système reste assez peu convaincant et le jeu offre d'ailleurs la possibilité de revenir sur l'ancien, en privilégiant le timing. 

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Le contenu s'offre aussi une poignée de nouveautés, avec l'arrivée de nouvelles équipes de légende dont les Raptors de 2018-2019 qui ont offert un titre historique au Canada. On pense également à l'arrivée, enfin, d'un mode saisons pour la WNBA. Les joueurs ont en effet pu faire leur apparition dans la série des NBA 2K l'année dernière, mais les douze équipes de WNBA n'étaient jouables qu'en match rapide. Désormais, on peut se lancer dans une saison ainsi que des play-offs et profiter de toutes les équipes féminines, un bon point pour un jeu qui peine cruellement à évoluer sur tout le reste. On regrette en effet que les modes MyTeam et MyCareer restent pratiquement identiques à leurs prédécesseurs, même si on apprécie que le mode MyCareer, où on crée notre propre joueur, nous permette de débuter dans des matchs de lycée. L'occasion de se faire la main avant d'atteindre la NBA où nous nous faisons quoiqu'il arrive marcher dessus par des joueurs à la note générale infiniment supérieure à la notre sans pouvoir rivaliser avant de très, très nombreuses heures de jeu, mais on on en reparlera plus bas dans le test. Cette année, NBA 2K s'offre quand même la présence de Michael K. Williams au casting dans le rôle d'un gars qui donne de bons conseils à notre joueur, Junior, dont le père a déjà marqué à sa manière la NBA. Dans l'ensemble, la narration reste superficielle et ne tient que d'excuse à la progression lente de notre joueur qui caresse le doux espoir d'intégrer un jour le Hall of Fame.

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Pourtant, cette absence de nouveautés ne change rien au fond de l'affaire : NBA 2K21 est, à l'image de ses prédécesseurs, un bon jeu de basket. Le seul aujourd'hui qui est capable de poser une forme de technicité dans son approche des situations avec l'omniprésence de systèmes et de dribbles, à tel point qu'il demande de s'y plonger sérieusement pour en saisir toutes les subtilités. Cependant, c'est aussi un jeu qui sait se faire accueillant et accessible, en donnant constamment la priorité à l'attaque pour s'assurer des matchs impressionnants et particulièrement grisants. On peut comprendre toutefois que certains fans attendent la suite avec impatience : cela fait plusieurs années que le gameplay de NBA 2K21 évolue assez peu, avec des améliorations qui relèvent du détail plus qu'autre chose. L'arrivée cette année d'un nouveau système de tir n'est pour le moment pas loin du fiasco, mais on lui reconnaît au moins la volonté de tenter quelque chose.

Mamba Forever ?

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Toutefois, le jeu souffre toujours d'un même problème d'équilibrage : l'IA ne rate presque jamais. Certes, le niveau de la NBA actuelle est tel qu'il y a de plus en plus de joueurs capables de tirer de toutes les zones du terrain, y compris les tirs à trois points. Néanmoins, cette précision redoutable tranche énormément avec l'exigence du nouveau système de tir, poussant le joueur à utiliser un système difficile à maîtriser et pas forcément aussi réussi qu'on l'espérait. En plus de cela, les tirs à trois points rentrent trop facilement côté IA, y compris avec des joueurs dont la note reste faible dans ce type de tir. Enfin, cela fait aussi partie de la philosophie de NBA 2K : la priorité va toujours à l'attaque, avec une défense souvent simple à transpercer, encore plus pour les stars de la NBA qui profitent d'un bonus conséquent lorsqu'ils ont le ballon entre les mains. 

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Côté visuel, le jeu n'évolue pas et reste aussi fidèle que possible à l'ambiance d'un match retransmis à la télévision. Ambiance du stade, commentaires plus ou moins fidèles, interviews sur le terrain avant le match, tout y passe. On a quand même l'impression de voir le même jeu année après année, mais on se doute bien qu'il faudra attendre la nouvelle génération pour voir une évolution. D'autant plus que le jeu souffre de quelques ralentissements pénibles sur les lancers francs dans sa version Xbox One, ainsi que de temps de chargements plutôt nombreux et souvent trop longs. Des choses qui devraient, on l'espère, être améliorées sur la nouvelle génération de consoles.

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Enfin, la série des NBA 2K est marquée depuis un certain nombre d'années par un modèle économique qui laisse songeur. La progression de notre joueur, celui que l'on utilise en carrière ou parfois dans le mode street, est dépendante des points "VC" (virtual currency), pour acheter des points de compétence ou des objets cosmétiques. Si le dernier cas ne nous bouleverse pas, le premier est inévitable pour améliorer le joueur et espérer rivaliser en talent avec les stars de la NBA. Mais voilà, le jeu est extrêmement avare en points VC, à tel point que l'on peine à gagner plus de quelques centaines de points par match alors que rapidement, les points de compétences dépassent largement les plusieurs milliers. Vous l'avez compris, la progression est artificiellement rallongée, à tel point qu'au bout d'un moment il devient bien trop long et fastidieux d'améliorer notre joueur. La solution est alors du côté des microtransactions : le jeu nous propose d'acheter des points VC moyennant l'utilisation de notre carte bancaire qu'on espérait laisser bien au chaud. Si ce n'est pas indispensable, cela reste très incitatif tant le jeu fait tout pour ralentir la progression. Et cette année, comme une cerise sur le gâteau : à l'heure où la plupart des éditeurs promettent d'offrir les versions Xbox Series X et PlayStation 5 de leurs jeux à ceux qui les achètent sur la génération précédente, 2K Games de son côté a décidé de ne l'offrir qu'aux personnes qui débourseront 100 euros pour l'édition spéciale "Mamba Forever". Autrement dit, l'édition spéciale censée rendre hommage à Kobe Bryant. Un hommage de bon goût, assurément. 

Conclusion

NBA 2K21 ne change pas beaucoup les habitudes : encore une fois une référence pour les amateurs de basket, tant pour sa qualité de finition que ses actions grisantes quand on les maîtrise du début à la fin, cette nouvelle édition offre le même plaisir de jeu. Mais aussi les mêmes défauts, entre son attaque toute puissante et l'omniprésence de microtransactions en mode carrière et un manque général de nouveautés à l'exception d'un système de tir patché dans l'urgence après la sortie du jeu. Pourtant, la recette est bonne, NBA 2K21 est un jeu solide qui, malgré ses défauts, permet de retrouver ce que chacun aime dans le basket, donnant lieu à des rencontres sympathiques face à l'IA ou face à des amis. Si l'éditeur annonce une version différente pour la prochaine génération à la sortie des nouvelles consoles, la version actuelle donne ce sentiment de stagner et de voir la même chose que ces dernières années. Et quand on voit en plus qu'au contraire de nombreux éditeurs, 2K Games n'offrira pas les versions PlayStation 5 et Xbox Series X aux acheteurs de l'édition standard, mettant ce bonus derrière l'édition spéciale à 100 euros, on a bien du mal à rester tendre face à un jeu qu'on aime autant qu'il nous déçoit.  

Test réalisé par Hachim0n sur Xbox One à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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