Test de The Uncertain : Light at the End - Incertain comme son titre

Attendre quatre ans le second épisode d'une série prévue pour être une trilogie est rarement bon signe. Nouvelle illustration avec ce The Uncertain: Light at the End dont le résultat est assez incertain.

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Le point sur l’histoire

Au 22ème siècle, les robots créés pour servir l’humanité se sont révoltés. Ils ont contaminé l’approvisionnement d’eau potable, prenant totalement par surprise une humanité sans méfiance. D’innombrables hommes, femmes et enfants ont ainsi été capturés et emmenés. Personne ne sait où ni pourquoi. Plus d’un an plus tard, les survivants vivent cachés, traqués par la police mécanisée et par des drones. C’est là que votre histoire commence. Light at the End débute donc par un changement de protagoniste principal. Dites au revoir à RT-217NP et bonjour à Emily, une jeune femme humaine qui tente de survivre en compagnie d’une petite bande de réfugiés dont on se demande encore comment ils ont réussi à éviter de s’entretuer.

Notre petite bande dans un dialogue qui annonce la couleur
Notre petite bande dans un dialogue qui annonce la couleur

On ne s'est pas déjà vu quelque part ?

Sur le fond comme sur la forme, Light at the End ne change pas la recette de The Uncertain. Le jeu est toujours un jeu d’aventure assez basique. On se retrouve devant un découpage de l’histoire en forme d’un environnement fermé dans lequel nous devons accomplir un objectif (récupérer des médicaments, trouver des composants électroniques, etc) avant de pouvoir partir. L’exploration de ces environnements nous fait examiner quelques objets dont seuls deux ou trois sont utiles, résoudre quelques puzzles logiques pas folichons et est, souvent, l’occasion d’une petite séance de furtivité. De la furtivité sauce The Uncertain, n'espérez pas de folie. Ici, on passe d’une couverture à une autre en appuyant sur une touche. On imagine aussi que le jeu voudrait copier un peu Telltale dans les conversations entre ses personnages, mais tout semble un peu forcé et sans conséquences. On trouve même, ici et là, des scènes à base de QTE qui rappellent vraiment le modèle Telltale. Et après 3 à 4 heures, le jeu se termine.

Parlotte
Parlotte
et furtivité
et furtivité

Mon jeu est coincé en 2016, sortez-moi de là

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Pour comprendre les problèmes de ce Light at the End, il faut revenir aux origines de la série. The Uncertain devait être une série épisodique dont le premier épisode est sorti en 2016. Hélas, la poursuite du développement fut très incertaine et ce deuxième épisode a finalement mis 4 ans à apparaître. Et c’est un euphémisme de dire que ces retards se sentent d’un point de vue technique. Là où Last Quiet Day parvenait à donner le change grâce à un protagoniste robotique, le choix d’avoir fait des acteurs de ce second épisode des humains ne peut plus cacher le retard technique du jeu. Que ce soit au niveau des animations, de la rigidité des contrôles ou du mixage sonore, le jeu paraît bloqué dans une autre époque. Ce qui pourrait encore être excusable si on ne retrouvait pas ici certains des défauts déjà présents dans l’épisode précédent.

Un puzzle
Un puzzle
Parlons sans plus attendre du principal élément énervant du jeu : ses contrôles. Comme trop souvent chez les jeux indépendants à petit budget, le jeu dispose de contrôles clavier limités au Qwerty, sans possibilité de reconfigurer ses touches. Il suffit des quelques déplacements et d’une tentative d’interactions avec un objet pour se dire qu’en fait, l’interface serait bien plus agréable au pad. On bascule donc de mode de contrôle (à la volée, accordons au moins ce point positif au jeu) et tout semble effectivement être plus intuitif. Jusqu’au moment où on rencontre un puzzle et qu’on constate que ceux-ci sont pensés pour la souris, l’absence de pointeur sur un pad posant un léger souci de visibilité. Enfin, dans la majorité des cas. Certains puzzles sont en effet plus simples à finir au pad (celui du cadenas du Geekstore par exemple) alors que d’autres sont pénibles même à la souris. On se retrouve donc à basculer continuellement entre pad et souris avec l’impression qu’aucun des deux modes de contrôle n’est vraiment optimal. Si vous pensez que j’exagère le problème, dites-vous qu’il est impossible de naviguer dans certains menus du jeu avec un pad.

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Malheureusement, ce n’est qu’un problème parmi d’autres tant la liste des soucis techniques est longues. Plantages, écrans noirs, écrans figés durant plusieurs secondes, sous-titres qui s'affichent alors que personne ne parle, le jeu ne nous épargne pas grand-chose. Pire encore pour les anglophobes, alors que le jeu annonce une traduction française, on tombe régulièrement sur des passages entiers non traduits et sous-titrés en russe. Et croyez-moi, vous allez trouver ça long quand vous constaterez que ces passages ne sont pas passables et qu’ils vous immobilisent sur place.

Presque le moment le plus fun du jeu
Presque le moment le plus fun du jeu

Il est vraiment difficile de sortir quelque chose de positif de ce jeu. Ce Light at the End semble se destiner à ceux qui connaissent déjà la série The Uncertain, ont attendu quatre longues années pour ce nouvel épisode et qui attendront sans doute encore un moment une conclusion à l’histoire. Le nouveau joueur n’aura lui que peu de raison de tenter l’aventure sur un titre présentant tant de lacunes techniques.

Test réalisé par Grim sur PC à l'aide d'une version fournie par le développeur.

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