Test de The Signifier - Enquête dans les méandres de l'esprit d'une morte

Enquêter sur les circonstances d'un décès en explorant les souvenirs de la défunte, voilà la proposition assez originale de The Signifier. Encore fallait-il accompagner cette idée d'un bon gameplay pour en faire un bon jeu vidéo. Voyons cela ensemble.

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Une bonne idée de départ

The Signifier débute avec une bonne idée. Johanna, cadre supérieure dans une entreprise de haute-technologie, a été retrouvée morte à son domicile. Tout indique qu’elle était seule au moment de sa mort, mais pour en être sûr, il est demandé au docteur Frederick Russell d’enquêter sur ce décès. Car Russell est l’inventeur d’une technologie, appelée Dreamwalker, permettant d’explorer les souvenirs d’une personne dont le cerveau a préalablement été numérisé. L’histoire n’est évidemment pas aussi simple que jeter un œil dans les souvenirs de Johanna juste avant sa mort. Pour découvrir la vérité, il vous faut explorer diverses mémoires de la jeune femme pour comprendre la suite d’évènements qui l’ont conduite à son trépas. Un voyage qui vous mène bien plus loin que vous ne le suspectiez au début.

Vous êtes plus Gil Grissom ou Horacio Caine ?
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Cette partie est à mon sens la vraie réussite du jeu. Le joueur explore les différents souvenirs qui lui sont proposés et tente de comprendre ce qu’il a sous les yeux. Le jeu met ainsi vraiment le joueur dans la peau de Russell, vous êtes aussi perdu que lui et selon vos choix, vous pouvez finir le jeu sans avoir toutes les réponses. Et même probablement avec de nouvelles questions, pour être honnête, tant le scénario semble complexe. Le jeu possède également plusieurs fins, selon les relations que vous avez nouées avec les différents protagonistes de l’histoire. Personnellement, j'ai été assez déçu par celle qui m'a été proposée. Elle m'a semblé fort abrupte tant le dernier acte du jeu prend un tournant inattendu.

La lumière au bout du tunnel ?
La lumière au bout du tunnel ?

Au gameplay obscur

Côté gameplay par contre, ça devient plus compliqué à définir. Le jeu semble se situer quelque part entre le walking-sim (il a même son classique passage en forêt) et le jeu d’enquête. Résumons. Le jeu vous fait visiter trois « dimensions ». La réalité d’abord, où vous visitez divers lieux et divers personnages. C’est là que vous pouvez exploiter les éléments que vous avez découverts en parcourant les différents souvenirs, parfois juste pour convaincre une personne de vous parler, parfois pour obtenir une piste vers un autre souvenir. Les souvenirs que vous explorez avec le Dreamwalker constituent l’autre principal axe d’exploration du jeu. Ceux-ci existent le plus souvent en deux versions. Dans la version objective, ce que vous voyez est le plus proche de la réalité, parfois un peu déformée, parfois incomplète. Mais il existe une autre version, subjective celle-là, où les choses sont telles que l’inconscient du propriétaire des souvenirs les voit. C’est là qu’on trouve le plus d’éléments étranges dans le jeu.

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Encore plus troublant, on trouve dans ces souvenirs des éléments qui semblent échapper à l’IA du Dreamwalker. Des données brutes qui sont manipulables par Russell. Il s’agit en fait de l’une des formes de puzzles du jeu. En observant et en analysant ces données, vous devez découvrir ce qu’elles représentent et les replacer là où elles doivent se trouver. Hélas, si c’est assez simple de reconnaître et de replacer un objet que l’on a vu dans le monde réel, c’est nettement plus compliqué lorsque la forme peut être n’importe quoi et se placer n’importe où dans un lieu que vous ne connaissez pas. C’est là l’un des principaux problèmes que j’ai rencontrés avec le jeu : le monde que l’on parcourt est parfois étrange, mais il est surtout très obscur dans ce qu’il attend de nous pour progresser. En effet, en plus de ces éléments à placer correctement, vous rencontrez également des blocages. En clair, des souvenirs dont une partie est protégée et auxquels il vous faut trouver un accès. Pas toujours évident, surtout lorsque cette protection vous vire du souvenir si vous l’approchez trop. En résumé, pour la partie énigme, si vous êtes plutôt à la recherche d’un jeu où la logique prime, vous risquez de trouver le temps très long sur The Signifier.

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Touche technique

Puisque nous explorons des mondes pas totalement réels, The Signifier se devait de proposer une approche visuelle particulière pour bien différencier les différentes couches de souvenirs que le joueur explore. Un pari plutôt bien tenu en ce qui concerne les environnements. Les souvenirs ont tous cette petite touche qui les caractérisent. On passe ainsi d’un rendu fort lumineux à l’ambiance angoissante d’un souvenir pénible en passant par le rendu noir et blanc d’un cauchemar. En comparaison, les environnements du monde réel semblent presque trop propres. On met pourtant un gros point noir sur les autres personnages que l’on croise dans le jeu qui sont très en deçà du visuel du reste du jeu.

Monde réel
Monde réel
Souvenir
Souvenir

Il faut également signaler que le menu des options est particulièrement minimaliste. En plus de l’absence de réglages graphiques avancés, on regrette l’absence de réglages du son. Et ce d’autant plus que le mixage sonore en jeu est loin d’être parfait, les voix se retrouvant parfois étouffées derrière la musique. On note également que le jeu souffre de certains chargements extrêmement longs qui s’accompagnent parfois d’un affichage des textures avec du retard. Je n’ai eu le problème que dans une zone précise, mais de manière récurrente. Enfin, signalons que le jeu souffre de quelques petits problèmes d'ergonomie, certaines manipulations sont assez pénibles à faire au pad.

Pas le plus réussi des visages
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Enfin, j’aimerais terminer ce test par un avertissement : The Signifier n’est pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Certains passages du jeu (et la visite d’un certain Club en particulier) concernent des sujets touchant à des pratiques sexuelles particulières qui sont montrées de manières assez explicites. Soyez prévenus.

Là-bas, c'est NSFW
Là-bas, c'est NSFW

Me voilà au terme de ce test et j’ai toujours beaucoup de mal à émettre un avis définitif sur The Signifier. J’ai beaucoup aimé son idée de départ et l’enquête qui en découle. J’ai par contre été beaucoup moins convaincu par les énigmes du jeu et la manière dont il s’en sert. The Signifier se révèle être une expérience étrange, clairement pas destinée à tous les publics, dont la fin abrupte risque encore plus de désorienter ceux qui auront tenté l’expérience. À réserver aux plus curieux d’entre vous.

The Signifier est disponible sur Steam depuis le 15 octobre.

Test réalisé par Grim sur PC à l'aide d'une version fournie par l'éditeur.

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