Test de DiRT 5 - Virage toute vers l'arcade ; Màj du 18.11 : ajout de la version PlayStation 5

DiRT 5 est l'un de ces jeux qui traversent deux générations de console : sorti cette semaine sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, le jeu profitera d'une mise à niveau lors de la sortie des nouvelles consoles de Microsoft et Sony ce mois-ci. Cinquième épisode de la série de Codemasters, le jeu s'émancipe presque entièrement du rallye, catégorie reine de la licence, qui se retrouve depuis dans un jeu consacré à la discipline (DiRT Rally 2.0). On retrouve cette fois-ci des courses plus délirantes et farfelues, avec une orientation plus arcade que jamais.

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Test de la version PlayStation 5 de DiRT 5 par Hachim0n :

La présence d’un jeu de course tel que DiRT 5 au lancement de la nouvelle console de Sony est salvatrice. Pas nécessairement pour la licence elle-même, encore que ce cinquième épisode, comme nous le disions déjà dans le test de la version PlayStation 4 ci-dessous, remet la série sur de bons rails. Mais surtout parce qu’on attendait impatiemment de mettre à l’épreuve les fonctionnalités de la DualSense, la manette de la PlayStation 5, dans un jeu de course.

Ses gâchettes adaptatives, telles qu’elles ont été présentées, semblaient en effet tout indiquées pour ce type de jeu : la possibilité pour les développeurs de mettre un degré de résistance dans les gâchettes à la manière d’un retour de force, provoquer des vibrations ou encore de les bloquer ouvre la voie à de nouvelles idées et sensations. Et on n’a pas été déçus du voyage. Des petits claquements rappellent que l’on rétrograde, la gâchette droite de l’accélérateur demande plus de force pour être enfoncée en sortie de virage, les gâchettes tendent à se relâcher complètement en plein saut… On pourrait aussi parler des vibrations dans ces mêmes gâchettes qui apportent un meilleur retour sur les surfaces où l’on accélère. Alors certes, le gameplay très arcade du jeu empêche de rechercher une certaine finesse dans les sensations. On a bien du mal à identifier avec précision le comportement des voitures, le patinage n’est pas une évidence, pas plus que la perte d’adhérence, on reste donc curieux de voir comment les développeurs de jeux un tantinet plus exigeants appliqueront ce concept. Mais DiRT 5 permet de se faire une belle idée de ce que les fameuses gâchettes adaptatives peuvent offrir, et ce qu’il propose fonctionne déjà sacrément bien. L’effet « wow » est déjà là, même si cela ne bouleverse pas notre manière d’aborder la conduite sur un tel jeu. Par contre, le même éditeur, Codemasters, pourrait bien affiner son approche en l’appliquant à la licence F1 et ça nous rend terriblement curieux. Le retour haptique, quant à lui, censé offrir des sensations différentes grâce aux vibrations, ne propose pas grand-chose de passionnant sur ce titre.

Le passage à la nouvelle génération s’accompagne enfin d’un peu plus de confort. Le jeu tournait déjà plutôt bien sur les anciennes consoles, mais le passage à la PlayStation 5 offre un joli gain sur les temps de chargement qui avaient tendance à être longuets. Côté visuel, le jeu offre trois options : un mode qui donne la priorité à « la qualité d’image », un qui favorise « la résolution » et un autre pour jouer en 120 images par seconde. Ce dernier opère quelques sacrifices visuels, tandis que les deux premiers sont bien difficiles à distinguer à l’œil nu. Ils maintiennent la plupart du temps les 60 images par seconde, mais ils souffrent aussi tous les deux de chutes de framerate très localisées sur certaines zones de quelques circuits.

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À gauche, le mode "qualité d'image." À droite, le mode "priorité à la résolution."

On s’interroge toutefois sur la pertinence des mots et descriptions employées pour ces différents modes. Le mode « qualité d’image » et le mode « résolution » semblent viser tous deux la 4K, mais le jeu n’explicite à aucun moment les concessions faites dans un cas ou dans l’autre. On vous laisse d’ailleurs le soin d’apprécier les différences entre les deux modes sur la comparaison des captures ci-dessus. Le jeu ne dit pas un mot sur la résolution dynamique, sur les ombres ou encore la distance d’affichage, qui sont probablement quelques-unes des variables en jeu. Sur cette nouvelle génération, où de nombreux jeux offriront le choix de modes de graphismes, il serait important que les développeurs soient un peu plus précis sur les ce qui change entre chaque mode. Capcom le fait d’ailleurs plutôt bien sur son Devil May Cry 5 Special Edition.

Arcade comme il faut

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Dans notre test de DiRT 4 il y a trois ans, nous pointions du doigt la difficulté pour le titre à trouver son identité. À mi-chemin entre la recherche de courses très arcades et la présence d'un rallye un tantinet plus réaliste, le jeu n'excellait dans aucun des deux domaines. Avec ce cinquième épisode de la série, Codemasters fait table rase du passé et tente d'assumer pleinement le côté arcade qui rappelle terriblement l'épisode spin-off DiRT Showdown sorti en 2012. Plus spectaculaire encore, DiRT 5 mélange les disciplines en recherchant toujours des courses très disputées et surtout plutôt fun, qu'il s'agisse d'obstacles, de rally raid, de drift ou de courses sur des pistes glacées. Les portières subissent tous les chocs possibles, les sauts sont nombreux et la musique entêtante prend le pas sur les bruits des moteurs : on est sans aucun doute face à un jeu qui veut nous rappeler qu'on doit absolument s'amuser. Mais est-ce que cela fonctionne ?

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En prenant cette orientation, DiRT 5 a le mérite de se placer enfin dans un secteur qui se fait plutôt rare dans les jeux vidéo de nos jours. Si la plupart des développeurs font le choix de la "simulation accessible", DiRT 5, lui, part complètement vers des courses qui se veulent plus délirantes, plus surprenantes, grâce à des physiques des véhicules globalement fantaisistes. Facile à prendre en main et assez peu punitif, le jeu remplit son contrat en donnant l'opportunité à chacun de s'amuser dans des courses qui prennent vite une tournure proche du stock car, où tout le monde se rentre dedans pour prendre la tête de la course. Il est par exemple plus efficace de prendre appui sur la voiture d'un concurrent dans un virage plutôt que de réussir son freinage, tandis que l'IA a une fâcheuse tendance à nous attendre au cas où on se plante quelque part. Cela vient aussi avec une jolie diversité de véhicules, allant de la voiture de rallye au 4x4 et aux buggy, en passant par les voitures de "sprint" américain avec leur étrange aileron sur le toit qui ne leur permet que de tourner efficacement d'un seul côté. Cette diversité se ressent vite sur la conduite : les voitures de rallye sont puissantes et agiles, les buggy sont instables, les 4x4 plus lourds malgré leur puissance et les voitures de sprint nécessitent une certaine dextérité pour ne pas se retourner. Les épreuves tournent essentiellement autour du rallycross qui mélange des sections sur tarmac et sur terre, et du "land rush" sur des pistes plus sauvages avec de nombreux sauts. Cependant, le jeu propose aussi quelques courses de sprint avec les voitures associées, qui se déroulent sur une piste ovale, ainsi que des épreuves en arène où il faut faire des points avec des sauts et des drifts. Les pistes elles aussi sont diversifiées avec des environnements aux quatre coin du monde, entre Brésil, Chine, États-Unis ou enfin la Norvège. En bref, assumer pleinement l'orientation arcade permet aux développeurs de s'affranchir de pistes plus "réalistes" propres au rallye pour proposer un peu plus, d'autant plus que la météo dynamique vient parfois pimenter la course avec une tempête de neige, ou une nuit noire qui rend la visibilité compliquée.

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On s'amuse certes beaucoup grâce à une conduite débridée et aux sensations plutôt réussies, mais on aurait aimé que le mode carrière si longtemps annoncé ne se résume pas qu'à un podcast vite oublié. La narration tant promise, avec les voix de Troy Baker et Nolan North (à condition de passer votre console en anglais), ne se révèle qu'anecdotique avec une histoire de champion et de rival qui ne parvient jamais à nous impliquer. Pire, la voix de Troy Baker dans le rôle d'un personnage plutôt pénible a tendance à nous inciter à vite passer à la prochaine course pour empocher des médailles (ici désignées comme des "badges") et ainsi débloquer les chapitres suivants pour en finir. Le jeu propose bien un système de sponsor pour ajouter quelques objectifs de course, mais c'est sans grande pertinence. Plutôt court, ce mode carrière n'a comme intérêt que de nous confronter à tous les types d'épreuves, jusqu'à réussir suffisamment de courses pour enfin participer à l'épreuve finale. En réalité, malgré les attentes autour de ce mode carrière, l'essentiel du jeu repose sur le plaisir de conduite qu'il offre. Et c'est plutôt réussi, car toutes les réserves émises à l'encontre de la narration sont vite compensées par le plaisir d'enchaîner les courses pour jouer des coudes face à une IA plutôt agressive tout. 

Des bases solides pour préparer la suite ?

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Au-delà du jeu en solo, DiRT 5 compte beaucoup sur la création et le partage de circuits. Plutôt limité, son mode "Playgrounds", qui permet de créer ses pistes et de les partager en ligne, se contente de proposer des courses en arènes assez limitées en place. Malgré tout, il y a suffisamment de possibilités pour pouvoir espérer voir fleurir de jolies créations, une chose que l'on ne pourra constater que dans les prochaines semaines. Il faudra compter sur la communauté pour s'impliquer et pourquoi pas proposer quelques belles pépites. Les options proposées sont en effet assez larges malgré l'environnement en arène, permettant de créer des pistes très sinueuses ou spectaculaires, en créant même différents types d'épreuve. Plus que la simple course de checkpoints, il y a le gymkhana cher à la série où on tente de faire le meilleur score avec des figures ou du "smash attack" qui comme son nom le suggère consiste à détruire des objets. Difficile de présager de l'intérêt du mode sur la durée tant il dépend de l'investissement de la communauté, mais le potentiel est là pour apporter un peu plus de folie que les courses déjà disponibles. 

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Enfin, les réserves techniques sur le jeu à l'issu de nos premiers contacts lors de sessions preview ont rapidement été levées. Plutôt jolie, la version PlayStation 4 propose aussi un framerate stable malgré les nombreux effets à l'écran et propose même le choix entre deux versions, y compris sur la PlayStation 4 "fat" : un mode qui donne la priorité aux graphismes, l'autre au framerate. Dans les deux cas, le jeu passe bien visuellement et garde un framerate stable, même si le deuxième mode permet de monter plus haut. Maintenant, on attend surtout de voir ce qu'il en sera du jeu sur la nouvelle génération de consoles, mais il faudra attendre encore un peu pour cela. À noter d'ailleurs que le jeu profitera de mises à niveau gratuites sur les consoles de nouvelle génération, mais que la version PlayStation 5 ne permettra pas d'utiliser la sauvegarde PlayStation 4.

Conclusion

DiRT 5, pendant sa période d'annonces pré-sortie, a beaucoup insisté sur sa narration, mettant en avant évidemment les voix des deux acteurs les plus en vue des jeux vidéo en ce moment. Mais si Troy Baker et Nolan North sont de grands noms, ils ne servent pas à grand chose dans un mode carrière à l'écriture peu engageante, avec un simple "podcast" qui tourne en fond entre deux courses. Une fois évacué cette déception, DiRT 5 révèle toutes ses qualités dans ce qui constitue l'essence même du jeu : les courses. Cette orientation très arcade ne plaira pas nécessairement aux fans des précédents épisodes qui malgré un gameplay très accessible, proposait tout de même des épreuves de rallye plus classiques. Toutefois, cela permet à la série d'enfin se retrouver une vraie identité et de s'éloigner de son spin-off DiRT Rally. Manette en main, le jeu est finalement très fun à jouer et les courses souvent spectaculaires, dans des environnements divers et plutôt jolis, offrant ainsi une alternative intéressante face à d'autres séries de jeux de courses.

Test réalisé par Hachim0n sur PlayStation 4 à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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