Test - La générosité d'It Takes Two redéfinit la notion de jeu en coopération

Disponible depuis le 26 mars 2021 sur Xbox One, Xbox Series, PlayStation 4, PlayStation 5 et Windows, It Takes Two, le nouveau bébé de Josef Fares est de loin la meilleure itération de jeu en coopération depuis bien longtemps ! Tour d'horizon du titre : entre générosité, humour et univers à la Pixar.

Autant l’affirmer tout de suite, le nouveau bébé de Josef Fares passe à un cheveu du chef d’œuvre. Fort de son expérience accumulée sur Brothers : A Tales of Two Sons et A Way Out, les précédents jeux du monsieur, il affine le concept du jeu en coopération pour proposer une œuvre incroyablement cohérente et consistante. Et c’est assez rare pour le noter, si la nature même du jeu impose d’être à deux joueurs, que se soit en local ou en ligne, Hazelight Studios offre la possibilité de jouer avec un ami évoluant sur la même plateforme à partir d’une seule copie.

It Takes Two - Captures sur Xbox Series S

À bien des aspects, It Takes Two ne manquera pas de raviver quelques souvenirs cinématographiques. S’articulant autour de Cody et May, un couple aussi heureux qu’il est sur le point de divorcer, l’histoire débute lors de l’annonce de cette mauvaise nouvelle à leur fille. Transformés en poupée d’argile par la pureté des larmes de leur progéniture, ils se retrouvent forcés de collaborer pour retrouver forme humaine. Et malgré les conseils grinçants du Docteur Hakim, auteur d’un livre sur la thérapie de couple, ils ne cessent de chercher leur fille pour conjurer le sort au plus vite, au grand dam de leur réconciliation. Cette intrigue est autant le point de départ de l’aventure qu’une illustration parfaite du gameplay, liant ainsi la forme avec le fond. Comme en témoignent nos différentes sessions de jeu, cette histoire sur le divorce, voire la séduction à certains égards, trouve son expression dans notre nécessité de se coordonner. Et à l'instar des personnages qui n'ont de cesse de se chambrer, non sans humour, nous n'avons eu de cesse d'essayer de piéger l'autre ! D'autant que la grande accessibilité du titre laisse toute latitude pour les coups fourrés. 

Le sens de la générosité 

It Takes Two - Captures de joueur

Dans une version miniaturisée et immortelle d'eux-mêmes, Cody et May doivent arpenter de nombreuses zones avec pour chacune d’elles une mécanique propre. Ça fourmille tellement d’idées que cela évite l’écueil de l’ennui en réinvitant constamment l’expérience avec de nouvelles mécaniques toutes les trente minutes. Si au départ May est le marteau et la tête de Cody l’enclume sur laquelle il tape, ce dernier a à peine le temps de lancer quelques clous que nos deux protagonistes ont chacun une nouvelle spécialité propre, mais indissociable de celle de l’autre pour parvenir à avancer. Concrètement, aussi puissante soit-elle, votre capacité se révèle inutile sans celle de votre conjoint et vous n'irez pas très loin seul. Tantôt dans les entrelacs d’un garage en pagaille, tantôt dans le cœur d’un arbre trônant au centre du jardin, cette course en avant effrénée vous emmène dans les nombreux décors de la demeure familiale, desquels vous retrouvez de nombreuses références vidéoludiques ou cinématographiques.

It Takes Two - Captures sur Xbox Series S
Plus encore, la finesse des textures, l’éclairage et la mise en scène subliment un monde qui regorge de détails. Du caleçon réutilisé en aile de planeur au bateau pirate en passant par l’aspirateur vivant, chaque objet devient partie prenante de cet univers enchanteur. Cette nouvelle perspective offerte sur les objets du quotidien, abandonnés ici et là dans les différentes parties de la maison, sert autant à approfondir des décors somptueux et féériques qu’à nous faire traverser l’enfance, les souvenirs et les passions des personnages avec une originalité à toute épreuve. En d'autre mots, cette introspection de leur vie de couple au travers de leurs objets respectifs sert autant le gameplay et le game design qu'elle ne fait progresser l'histoire en les invitant à se (re)découvrir. Cela vaut aussi pour les nombreux personnages, dépeints avec un vision touchante, que l'on découvre parfois comme alliés, mais souvent comme ennemis mortels. 

Les hommes et les femmes sont au moins d'accord sur un point : ils n'ont aucune confiance dans les femmes. La réussite d'It Takes Two !

On aime :

  • Un gameplay généreux réinventant en permanence l'expérience 
  • Un monde enchanteur dépeint avec justesse et technique, et portée par une bonne bande-son
  • On s'amuse comme des petits fous 

On aime moins :

  • Absence de version française
  • Quelques clichés dans la narration

In fine, si la copie semble parfaite jusqu'alors et à juste titre, It Takes Two loupe d'un cheveux la notion de chef d'œuvre pour le joueur un peu – trop – tatillon. Dans son scénario, premièrement. S'il est de bonne facture, les séquences centrée sur la petite fille peuvent sembler un peu clichées pour ce joueur-là. Tout comme certaines réactions téléphonées du couple jouent avec les altercations conjugales avec la finesse d'un lycéen persuadé d'avoir réinventé l'écriture d'un scénario. Dans sa bande-son, deuxièmement. Entendons nous bien, celle-ci porte à merveille l'expérience graphique et ludique du titre, notamment grâce aux doubleurs originaux, mais peut-être aurait-il apprécié une version française. Enfin, si It Takes Two ne ressemble à aucun autre jeu, alors même qu'il pioche à droite et à gauche, et qu'il évite l'ennui en réinventant en permanence l'expérience avant que le joueur ne s'habitue à une mécanique, cette surdose de générosité se traduit parfois par des séquences moins fortes et/ou plus classiques pour les habitués du jeu de plateforme. Rien, cela dit, ne parvenant à gâcher notre enthousiasme, tant, à notre sens, et après 12 heures de jeu, ce It Takes Two est ce qu'il se fait de mieux dans le jeu en coopération

Test réalisé sur Xbox Series S par Soviet Suprem à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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