Test de Kathy Rain: Director's Cut - Les pixels, plus c'est gros, plus ça passe

Sorti sur nos machines en 2016, le point&click Kathy Rain se voit offrir une seconde occasion de conquérir le public avec la sortie de cette Director's Cut. Voyons cela ensemble.

Memories in the Rain

Jeune étudiante en journalisme, Kathy Rain menait sa vie tranquille sur le campus de son université. Tout change toutefois lorsque sa coloc découvre dans la presse l’annonce du décès du grand-père de Kathy. Lors des funérailles, Kathy retrouve une famille dont elle s’est éloignée depuis la disparition de son père. En renouant avec sa grand-mère, Kathy décide de percer le mystère de l’accident ayant laissé son grand-père catatonique bien des années plus tôt. Ce qui implique de reprendre une vieille enquête de son grand-père et de découvrir certains secrets cachés de la petite ville de son enfance.

Funérailles

Un format classique

Kathy Rain se présente comme un point&click tout ce qu’il y a de plus classique. Notre héroïne déambule donc dans divers lieux, interrogeant les personnes qu’elle rencontre, examinant son environnement et combinant les objets qu’elle glisse dans son inventaire vite trop rempli pour résoudre les situations qui se présentent. Le jeu fonctionne par drag and drop pour les interactions entre les objets et via un système de dialogues par mots clés (consignés dans le carnet de note de Kathy) pour les interactions entre humains.

Dialogues
Dialogues
Un puzzle
Un puzzle

Le jeu se découpe en cinq journées plus ou moins bien remplies, instillant petit à petit des éléments plus étranges à une histoire d’apparence banale. On progresse sans trop de difficultés, l’étape suivante de notre progression est le plus souvent assez logique (mais pas toujours, l’énigme du coffre de l’église reste un passage délicat). On échappe toutefois pas à l’un des aspects parfois un peu lourd des jeux d’aventure à l’ancienne avec des allers-retours fréquents juste pour récupérer un objet dont on n'avait pas l’utilité plus tôt. La plus grande force du jeu se trouve toutefois dans ses personnages. Kathy est l’exemple même du personnage smart ass, à la répartie facile, ce qui l’a rend assez attachante. Cependant, d’autres personnages sortent aussi du lot, souvent à leurs dépens, comme Lenny et le Shérif dont les conversations méritent souvent qu’on s’arrête pour les écouter.

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Pourquoi une Director’s Cut ?

Kathy Rain est sorti pour la première fois en 2016 et si le jeu a été plutôt bien accueilli par la presse comme par les joueurs, certains des choix techniques faits à l’époque rendent l’expérience peu optimale aujourd’hui. C’était particulièrement vrai pour les résolutions d’affichage qui vous laissaient le choix entre jouer en fenêtré ou accepter un mode plein écran un peu bâtard avec ses bandes noires latérales. Bref, la première mission de cette Director’s Cut était de régler ces soucis. Le jeu est maintenant jouable en plein écran, dans les résolutions courantes pour nos écrans et est même débarrassé de la limite à 40 fps de la version originale.

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Les améliorations apportées par cette DC ne s’arrêtent toutefois pas là. Les contrôles ont également été revus, notamment avec la gestion du pad, et de nouvelles scènes et puzzles ont été ajoutés. Est-ce suffisant pour repasser à la caisse si vous possédez déjà le jeu d’origine ? Probablement pas, l’aventure reste essentiellement la même. À défaut d’une mise à niveau gratuite, sachez tout de même que si vous possédiez le jeu de 2016, vous bénéficierez d’une remise sur l’achat de cette version. C’est toujours ça.

Quelques gros pixels sur la technique

On retrouve toutefois certaines traces de ce passé technique en jeu, comme des interfaces un poil envahissantes dans des résolutions normales, notamment l’inventaire qui finit par s’étaler sur plusieurs écrans. Si ce n’est pas problématique en soi, j’avoue avoir quand même eu un peu de mal avec le rendu des textes des dialogues, un peu gros pour être totalement agréable à lire lors de longues sessions. Toujours dans le rayon des pixels un peu trop gros, certains arrières plans se retrouvent à la limite de la bouillie de pixels et j’ai remercié plus d’une fois la barre d’espace qui permettait d’indiquer ce que je regardais.

L'écran de sélection des destinations, un poil envahissant
L'écran de sélection des destinations, un poil envahissant

On ne crachera toutefois pas dans la soupe : à part ces quelques points, Kathy Rain demeure un fort joli point&click pour ceux qui aiment le pixel-art. Certains décors sortent du lot et profitent d’effets de lumière particulièrement réussis. On notera également que le jeu dispose d’un doublage intégral en anglais de bonne qualité, les francophones se contenteront d’une traduction textuelle intégrale là aussi de bonne facture, à l'exception notable de quelques éléments graphiques directement intégrés au jeu, dont un qui rend impossible la résolution d'une énigme. C'est ballot. La durée de vie quant à elle devrait osciller entre 7 et 8 heures.

Magnifique panorama
Magnifique panorama
"Recontra" ?
"Recontra" ?

Conclusion

Dans l’ensemble, c’est donc plutôt un avis positif qui conclura ce test de Kathy Rain : Director’s Cut. Le jeu sonne comme un hommage à tous les points&click que l’on a eu la chance de connaitre durant les années 90 pour le pire (l’inventaire) comme pour le meilleur (le rendu visuel). Un bon jeu pour les nostalgiques de l’époque, mais aussi pour ceux qui veulent simplement un point&click de qualité.

Test réalisé sur PC par Grim à l'aide d'une version fournie par l'éditeur.

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