Test de Lorelei and the Laser Eyes - Elle a le regard qui tue

Édité par Annapurna Interactive, Lorelei and the Laser Eyes est le nouveau jeu développé par Simogo, l'équipe derrière Sayonara Wild Hearts. Préparez votre plus beau bloc-notes pour un jeu qui compte bien mettre vos capacités de réflexion à rude épreuve. 

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Un grand mystère

Les premières minutes donnent le ton de ce que sera Lorelei and the Laser Eyes : un jeu mystérieux bien décidé à vous en dire le moins possible. Nous incarnons donc une jeune femme dont le trait le plus marquant est sans conteste la grosse paire de lunettes noires qu’elle ne quitte jamais. Nous n’avons aucune idée de son identité ni de la raison de notre présence ici. Dans notre sac à main, nous découvrons des clés qui nous ouvrent les portes de la voiture toute proche. Une lettre trouvée dans la boite à gants nous apprend qu’un rendez-vous nous a été fixé dans un hôtel proche. Celui-ci semble fermé et nous aurons bien besoin de notre intelligence et de notre sens de l’observation pour percer les secrets cachés derrière les portes de ce lieu étrange.

Ici tout commence
Ici tout commence

Ouvrir les portes de votre mémoire

Derrière son style visuel très particulier et son ambiance étrange, Lorelei and the Laser Eyes est avant tout un jeu de réflexion. Une fois passée la mise en bouche que représentent les premières énigmes, tout le concept du jeu est de découvrir comment accéder aux différentes zones de l’hôtel. En effet, l’hôtel regorge de portes fermées qu’il nous faut ouvrir. Certaines nécessitent des clés, mais la plupart sont simplement fermées par des cadenas dont il faut trouver la combinaison. Et rares sont les codes notés sur un bout de papier à deux pas de là. Le jeu vous demande vraiment de réfléchir, de comprendre le mode de pensée du maître des lieux et d’associer les indices que vous découvrez pour en déduire la solution. Les éléments du décor, les livres que vous pouvez lire et bien sûr les documents que l’on découvre ici et là peuvent être des indices, plus ou moins subtils, qui nous permettront d’avancer. Ainsi, chaque porte ouverte n’ajoute pas simplement de nouveaux mystères et énigmes dans le jeu, elle peut également être la clé pour comprendre d’autres énigmes situées ailleurs dans l'hôtel. Il ne faudra donc pas s’attendre à pouvoir tout résoudre d’emblée, et on peut débloquer de nouvelles zones sans avoir immédiatement les moyens d’y progresser.

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Y a plein de boutons sur un pad vous savez !

Bien qu’avoir un bloc-notes à portée de main durant vos sessions de jeu sur Lorelei soit une bonne idée, le jeu consigne tout de même une bonne part de vos découvertes et vous permet d’y accéder à tout moment. Au prix d’une maniabilité d’une lourdeur folle, et c’est le premier gros reproche que je vais faire au jeu. Votre personnage se déplace dans un monde en 3D dont les caméras sont fixes. Dès que vous approchez d’un objet avec lequel vous pouvez interagir, il réagit aux boutons d’interactions. Si rien n’est à portée, appuyer sur un bouton d’interaction ouvre un menu d’introspection. Il s’agit en gros d’une fiche de personnage regroupant diverses infos comme votre progression dans le jeu, le niveau de stress du personnage, sa consommation de café (boire du café vous permet de courir), etc. Plus intéressant, c’est également par ce biais que l’on accède à un historique de vos actions. Ce que vous avez fait, ce qui vous reste à faire mais aussi les documents que vous avez lus, tout y est répertorié.

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Le souci, c’est que le jeu considère tous les boutons comme des boutons d’interaction. Plutôt que de n’en avoir qu’un seul pour valider et un pour annuler, tous les boutons valident les actions. Se déplacer dans les menus est donc pénible puisqu’il faut systématiquement revenir sur la petite croix en haut de l’écran pour revenir à l’écran précédent. Croyez-moi, les années de jeux vidéo qui vous ont conditionné à appuyer sur B pour sortir d'un menu vont vous faire haïr ce jeu. Pire, l’absence d’un bouton dédié à l’annulation d’une action implique qu’il est impossible de sortir d’une énigme sans proposer une réponse, même fausse. En prime, comme le même bouton est utilisé pour accéder à notre menu d’introspection et pour interagir avec l’environnement, il est impossible de faire les deux en même temps, rendant certaines énigmes encore plus lourdes.

Errances

Si le choix de laisser le joueur livré à lui-même est défendable, il faut convenir que c’est une décision à double tranchant. Il m’est en effet régulièrement arrivé d’errer dans les couloirs de l’hôtel, sans très bien savoir où aller ni que faire pour me débloquer. D’autant que certains déblocages semblent liés à des actions qu’il n’est pas toujours aisé de deviner. Revenons au début du jeu pour illustrer. Je venais donc de pénétrer dans le hall de l’hôtel. Près de la réception se trouve une porte d’où s’échappent les bruits d’une conversation. En m’approchant, je peux écouter la discussion, mais sans plus. Il me faudra faire le tour de l’hôtel, un peu pour rien puisque je n’avais encore aucun moyen d’ouvrir les portes closes que je découvrais, avant de revenir dans le hall pour qu’enfin le maître des lieux daigne se montrer et me donner accès à la suite.

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Ce genre de situations, on les rencontre plusieurs fois durant le jeu. Je pense en particulier à un autre passage où nous commençons à croiser, de manière toujours aléatoire, des hommes étranges souhaitant nous interroger. Mal répondre à leurs questions provoque une fin de partie précipitée. Et c’est problématique, car le jeu a un système de sauvegarde bien particulier. Vous ne pouvez sauvegarder votre progression que sur des ordinateurs placés ici et là dans l’hôtel. Comme vos interrogateurs surgissent près de vous dès votre entrée dans une salle, à l’improviste, et qu’il vous arrive de vous tromper (les questions sont basées sur l’observation), vous aurez régulièrement un beau risque de perdre toute la progression depuis votre dernière sauvegarde. Passe encore pour un jeu d’action, mais le principe me semble plus discutable sur un puzzle-game. Second effet Kiss-pas-cool, cette perte vous oblige aussi à refaire les actions qui ont provoqué l’apparition de votre interrogateur…sans que vous sachiez vraiment laquelle ou lesquelles en sont responsables. Je vous avoue avoir vite été lassé par l’exercice.

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En rouge et noir…

Comme c’est souvent le cas avec Annapurna Interactive, le jeu possède une identité visuelle très prononcée. Les graphismes utilisent donc des palettes de noir et de nuances de gris dont les quelques touches de couleur rouge servent à attirer l’attention du joueur. Le tout semble également être troublé de petits glitches visuels qui renforcent encore le sentiment d’irréalité des lieux. Ambiance anxiogène garantie. Comme je l’ai précisé plus tôt, le jeu utilise des caméras fixes pour ses déplacements. Cela lui permet de mettre en évidence certains éléments précis tout en laissant au joueur une vue d’ensemble sur les zones qu’il visite. Mais ça a également un effet pervers en rendant parfois difficile d’accès certaines « sous-zones ». Je pense en particulier à une portion de l’arrière-cour où se trouve un élément important pour la progression. Précisons enfin que le jeu est bien disponible en français.

Alors, ça vaut quoi, Lorelei and the Laser Eyes ?

Tout ça me conduit à une conclusion très mitigée sur Lorelei and the Laser Eyes. Durant les premières heures, on parvient à passer outre les problèmes purement ergonomiques du jeu et à s’amuser. Puis, on commence à tourner en rond et à regretter le manque d’un fil conducteur auquel on pourrait se raccrocher. Et c’est dommage, car son ambiance et son esthétisme fonctionnent très bien, mais ça n'a pas suffi à me convaincre de passer outre la sensation de lassitude qu'il s'est installée après quelques heures à errer sans but dans les couloirs de l'hôtel.

Test réalisé par Grim sur PC à l'aide d'une copie fournie par l'éditeur

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