Test de Star Wars Outlaws - Quand Ubisoft se joue de la force sur Nintendo Switch 2

En proposant Star Wars Outlaws sur Nintendo Switch 2, l'éditeur Ubisoft offre une nouvelle chance à son AAA tout en fixant un nouveau standard technique pour la console du constructeur japonais.

Nintendo Switch 2

Afin de compléter le test réalisé en premier lieu par Lianai, je vais partir de mon côté sur les caractéristiques techniques de la version Nintendo Switch 2, les différences et quelques élucubrations sur ma vision de Star Wars Outlaws. La principale différence se situe dans le rapport à The Witcher 3, car c'est bien me perdre dans tout le contenu secondaire que j'ai vraiment apprécié Star Wars Outlaws.

Quand la Nintendo Switch 2 se trouve une vitrine technique

Tout l'enjeu pour cette édition de Star Wars Outlaws était de s'afficher Nintendo Switch 2 sans trop pâlir. Et pour le coup, c'est bien une réussite. Le jeu atteint jusqu’à 1440p en mode docké, grâce à l’utilisation intensive du DLSS. Les reflets, les effets de lumière et la modélisation des environnements sont particulièrement soignés.

Le framerate est globalement stable à 30 FPS, avec une fluidité constante même en mode portable. Malgré quelques concessions (textures légèrement moins détaillées, ombres et effets secondaires un peu simplifiés), le portage conserve l'attrait de l’original. L’éclairage dynamique, les animations et les détails comme la lueur sur les cheveux de Kay -- qui peuvent parfois briller de manière hasardeuse -- relèvent l'ensemble. Spécialistes du sujet, Digital Foundry situe ce portage au niveau de la Xbox Series S ; les intéressés peuvent approfondir la question avec leur vidéo à cette adresse.

La version Switch 2 inclut tous les contenus additionnels (DLC, extensions, missions exclusives) sortis jusqu’à présent, ce qui en fait une édition la plus complète. Parmi les changements apportés, l'infiltration n'est plus aussi prédominante dans l'expérience de jeu, tout en restant ce que j'ai le moins apprécié. Les contrôles ont été repensés pour le mode portable, tout en posant question quand le bouton de validation se révèle être d'appuyer sur le stick droit, juste très pénible. Le jeu propose du ray tracing, une première pour un portage sur Switch 2, renforçant le réalisme des environnements et des effets lumineux. 

Pourquoi Star Wars Outlaws est (presque) une merveille ?

Nintendo Switch 2

Mes premiers pas dans Star Wars Outlaws ont été particulièrement difficiles, car c'est avant tout un sentiment d'étouffement qui prédomine, voire de frustration. Rigide, linéaire, tout sauf intuitif, le tutoriel censé mettre le pied à l'étrier nous fait chuter d'entrée de jeu. Je m'accroche uniquement à l'ambiance, à commencer par la scène avec le concert dans laquelle les développeurs nous proposent de nous appuyer contre une colonne pour admirer le spectacle. C'est le petit détail illustrant tout le soin apporté à l'environnement.

Porté par ce nouvel espoir, je persiste pour enfin décoller vers une nouvelle planète et m'en extirper. Quand j'enfourche pour la première fois un speeder pour parcourir le monde ouvert qui s'offre à moi, c'est juste un rêve de gosse qui défile sous mes yeux. C'est bien l'univers de Star Wars qui est mon terrain de jeu, jusqu'au bout de l'horizon et bien au-delà. Ce monde est époustouflant, vivant et fourmille de détails. Parmi d'autres pépites, l'exploration des ruines d'un croiseur de l'Empire restera gravée dans ma mémoire. 

Je n'oublie pas les défauts du jeu, le personnage principal conçu comme un clone de Han Solo avec des cheveux longs, un scénario principal digne du film Solo justement, les expressions des visages qui coupent l'envie de discuter... Je ne suis pas aussi myope que les PNJ durant les phases d'infiltrations. Je ne questionne pas le bon sens des architectes qui mettent d'énormes conduits d'aérations dans tous les sens. Je ne peux pas comprendre les lois de la physique me permettant d'escalader en deux sauts plusieurs mètres et de bloquer sur un fils de Chutta de cailloux de cinquante centimètres.

Nintendo Switch 2

Mais je mène tout simplement ma vie dans cette lointaine galaxie, enchainant les contrats pour les différents syndicats du crime afin de me tailler une réputation. Au gré des rencontres, des sales coups et des trahisons, je me confectionne un équipement sur-mesure et j'aligne les crédits. La personnalisation illustre ce soin du détail, particulièrement impressionnant vu la taille du jeu. Ce sentiment de liberté éprouvé quand peut littéralement mener sa barque, trainer dans les bars pour récolter des informations, raser un repère de bandits, infiltrer une base de l'Empire ou conduire une caisse à savon dans l'espace. On en regrette presque de reprendre le fil de l'histoire, qui a toutefois le mérite de s'emballer vers la fin. 

Il reste toutefois une autre alternative, prendre une place autour d'une table pour jouer au Sabacc. Moins addictif que le Gwent, c'est compensé par le soin de la mise en scène. Mais ce jeu de cartes complète à merveille ce tableau immersif se cachant dans Star Wars Outlaws. On ne joue pas dans les hautes sphères, quand la force fait basculer le destin de la galaxie, mais bien dans les bas-fonds avec le commun des mortels.

Conclusion

Prétendument annulée, la suite de Star Wars Outlaws coupe tout espoir de voir le studio Massive Entertainment dépasser les défauts de cet opus. En donnant une âme à cette magnifique toile, comprendre du gameplay peaufiné, un scénario à la hauteur et un personnage principal plus construit, on aurait eu avec Star Wars Outlaws une oeuvre magistrale. Ils ont vu tout simplement trop grand, sans affiner suffisamment. Je pourrai presque faire un parallèle avec le film Solo :  joli, approfondi l'univers et ne sait pas quoi faire de ses personnages. Par défaut, on peut avoir une magnifique balade dans cette lointaine galaxie, connue par tous mais plus belle que jamais. 

Test réalisé par Agahnon sur Nintendo Switch à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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