Test de Sonic Racing: Crossworlds - Le rival est de retour
Cette année 2025 semblait être le point de départ de nombreuses années de domination de Mario Kart World. Mais il s’avère que Sonic, son rival historique, n’est pas vraiment d’accord et le fait savoir avec brio.
Sonic Racing: CrossWorlds, c’est un jeu qui a mûri tranquillement dans son coin. Annoncé il y a plus d’un an, il s’est dévoilé petit à petit via des images et des vidéos, mais aussi grâce à des sessions de test ouvertes à tous les volontaires dont la première date de février 2025. Et, en l’occurrence, entre la session de début d’année et la sortie du jeu, énormément de choses ont évolué suite aux nombreux retours des testeurs. Si ça peut s'apparenter à un détail, c’est en réalité au cœur de la stratégie de ce Sonic Racing : le jeu a été développé avec soin pour les fans et avec les fans.
Depuis toujours, la série des Sonic Racing est considérée comme une alternative plutôt sympa qui permet de se changer les idées entre deux sessions de Mario Kart, mais guère plus. Il faut dire qu’on a eu à boire et à manger depuis Sonic & Sega All Star Racing, avec un bon Transformed puis un Team Racing qui s’est avéré très décevant à la longue. Ce postulat s’applique d’ailleurs aux jeux Sonic en général, qui ont connu de nombreux remous depuis le passage à la 3D. Mais depuis quelques années, avec les derniers jeux et les films, on sent que les mauvaises habitudes sont en train de changer. Déjà, le jeu est très agréable à l’oeil et les remix musicaux sont des petits bonbons, avec toutefois quelques ratés. Apotos version Crossworlds, c’est un mystère que personne n’a encore réussi à élucider.
S’il fallait le préciser, Crossworlds est un jeu de courses avec des personnages à licence qui utilisent des objets pour tenter de s’emparer de la première place. Les comparaisons avec Mario Kart et Crash Team Racing, pour ne citer qu’eux, sont dans sur toutes les lèvres et c’est tout à fait logique : dans chaque jeu, il est possible de faire un départ turbo, la gestion du dérapage est primordiale et la plupart des objets ont des équivalents. Entre autres. Chacun a ses particularités et celle qui saute aux yeux chez Sonic, c’est sa vitesse. Rien d’illogique venant du hérisson bleu qui affaiblit d’ailleurs volontairement ses performances en pilotant, alors que courir lui permettrait de surclasser tout le monde sans sourciller. Le réglage de vitesse standard est plus véloce que chez la concurrence, même s’il faut utiliser l’option de caméra dynamique pour vraiment en profiter. Le jeu est savamment équilibré autour des dérapages et du maintien sur le circuit, puisque tondre la pelouse en hors-piste ou tomber hors des limites est plus pénalisant que jamais. Rouler en-dehors du chemin tracé sans objet boostant la vitesse a bien souvent des conséquences désastreuses et la plupart des raccourcis devront être travaillés sous peine de perdre du temps. Ce qui serait assez cocasse, pour un raccourci.
Là où Crossworlds fait de gros progrès par rapport à ses opus précédents, c’est dans sa gestion des objets. Déjà, le “tout Wisp” a disparu, les rendant bien plus reconnaissables. Les projectiles sont plus puissants que jamais, alors qu'avant ils n’étaient que de simples petites épines dont l’effet n’était pas prédominant. On peut d’ailleurs penser que les objets de Crossworlds sont trop puissants et que les courses dépendent trop de leur utilisation, mais c’est un parti-pris qui fonctionne bien, du moment qu’on a conscience qu’il est possible de passer de la 1ère à la 12ème place en quelques secondes à peine. Peut-être que la scie circulaire, projectile à tête chercheuse qui ralentit énormément sa cible tout en lui faisant perdre ses objets, a un effet un peu trop tranchant. Ou peut-être que le poids quit aplatit exclusivement le premier et le second est parfois un poil lourdingue. Mais cela dit, plusieurs objets défensifs sont à disposition pour se protéger plus facilement et il faut dire que ne pas enchaîner les pièces dans les boîtes-mystère en caracolant à la première place du classement a un côté bien moins frustrant.
Sonic Crossworlds renoue avec Transformed, l’opus le plus apprécié de la franchise jusque-là, en mettant en scène des tracés utilisant le sol, les airs et les mers. Les véhicules se transforment au moment de changer de surface et le gameplay change en conséquence. Les avions dérapent très facilement et peuvent enchaîner les mini-turbos tandis que les bateaux peuvent faire des sauts très hauts pour bondir par-dessus des obstacles, même si l’eau les rend bien plus glissants et difficiles à manier. On se retrouve parfois à devoir choisir entre un passage aquatique et un aérien au beau milieu d’un circuit et il faut alors opter pour la meilleure solution qui dépend du personnage, du véhicule mais aussi de ses propres préférences. Les transformations sont fluides et dynamiques, mais ce ne sont finalement qu’un petit détail devant les Crossworlds qui, eux, sont la véritable nouveauté qui rend chaque partie différente. À la fin du premier tour, le pilote en tête est amené à choisir entre une portion de course proposée par le jeu et une aléatoire, et tout le second tour sera joué dessus avant de revenir sur le circuit de base au troisième. Tout le monde passe alors par un portail dimensionnel pour atterrir dans un endroit qui n’a aucun rapport. On peut donc passer d’une base de lancement spatiale à l’intérieur d’un volcan, puis revenir dans cette même base et voir la fusée s’envoler, ce qui change légèrement son tracé. Chaque course est différente et ne ressemble pas du tout à la précédente, ce qui évite la sensation de répétition tout en ouvrant la porte à toutes sortes d’excentricités.
Le principe de portails dimensionnels justifie la présence de tout et n’importe quoi et le casting en est le reflet. En plus des personnages de l’univers Sonic, on retrouve petit à petit les licences Sega avec Joker de Persona 5 ou, bientôt, Ichiban de Like a Dragon, mais surtout d’incroyables crossovers qui seront distillés petit à petit entre fin 2025 et début 2026. À l’heure à laquelle j’écris ce test, le pack Minecraft est sorti avec Steve, Alex et un Creeper, le tout accompagné d’un chariot de mine en guise de véhicule et un excellent circuit qui ravira les fans de la licence, mais pas que. On le sait, on trouvera aussi les licences Bob l’Éponge, Méga Man, Avatar et les Tortues Ninja, et certainement d’autres encore si le jeu se porte bien après la première année d’exploitation. On avait déjà eu un avant-goût dans Transformed, qui proposait une équipe de personnages Team Fortress 2 ou encore Ralph, le personnage Disney, et l’histoire a montré que ce gloubi-boulga se mariait plutôt bien, surtout qu’en l’occurrence, c’est littéralement justifié par le titre de ce dernier Sonic Racing. À deux doigts d'être le Smash Bros des jeux de course.
Une autre particularité de cet opus réside dans ses options de personnalisation poussées. Les véhicules appartiennent à différentes catégories comme la Vitesse, l’Accélération ou la Maniabilité, et chaque morceau (avant, arrière et roues) influe sur les stats, le tout étant fortement influencé par le choix du personnage. Mais ce n’est pas tout. Crossworlds introduit un système de gadgets, bonus passifs à choisir avant la course. Ils couvrent à peu près tout ce que l’on peut trouver dans le jeu, en allant des aides au dérapage aux bonus plus folkloriques tels que la possibilité de commencer la course avec un Monster Truck ou un tourbillon lors du dérapage. Le gameplay peut énormément varier d’une combinaison à l’autre et il y a parfois besoin de beaucoup de tests pour trouver l’assemblage qui convient le mieux.
Le contenu global n’est pas en reste. Le jeu comporte actuellement 25 circuits classiques (24 de base + le DLC Minecraft) et 15 portions Crossworlds, ce qui donne un nombre de combinaisons assez gigantesque (surtout qu’il est également possible d’avoir un Tour 2 provenant d’un autre “vrai” circuit). Le mode solo est composé des traditionnels Grands Prix, avec Super Sonic en récompense (personnage surpuissant utilisable uniquement en solo), mais aussi des mini-jeux et autres règlements, sans compter l’inévitable Time Trials, très bien foutu au passage (la meilleure trajectoire est indiquée au sol et permet en même temps de découvrir les raccourcis). Le online n’est bien sûr pas en reste, avec des courses classées qui s’enchaînent très bien et même des événements temporaires certains week-ends qui débloquent des cosmétiques inédits. Le matchmaking cross-platform est une bénédiction qui garantit des temps d’attente courts et qui devrait fortement aider le jeu à garder suffisamment de population pour mener tranquillement sa vie. Il y a très largement de quoi s’amuser pendant des dizaines d’heures, et c’est tout ce qu’on voulait.
La sortie de Sonic Racing Crossworlds nous a ramenés au début des années 90, à l’âge d’or de la guerre des mascottes. Qui de ce jeu ou de Mario Kart World est le meilleur ? L’approche de Sonic est peut-être un peu plus “arcade”, avec des objets puissants et un pilotage un peu moins technique, mais il est aussi beaucoup plus vif et surprenant. Le contenu solo est très conséquent et le multi est riche et varié, notamment grâce aux Crossworlds et aux DLC à venir. En fait, les deux jeux partent d’une même base, mais ils ont pris des directions bien différentes et il s’avère que 2025 est un excellent cru pour les amateurs et amatrices du genre, avec en plus Kirby Air Riders qui sortira bientôt. Mais une chose est sûre : pour la première fois depuis très longtemps, Sonic mange à la même table que Mario et ce n’est pas pour nous déplaire !
Test réalisé par Malison sur PC grâce à une version fournie par l'éditeur.
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| Plateformes | PlayStation 5 |
|---|---|
| Genres | Course, course automobile, course de kart, sport, contemporain |
| Sortie | Inconnue |
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