Test de Légendes Pokémon : Z-A, entre tradition et répétitivité
Le dernier opus Pokémon en date, Légendes : Z-A, fait beaucoup parler depuis sa sortie. Est-il vraiment la catastrophe pointée du doigt sur les réseaux ? C’est ce que nous allons essayer de voir ensemble !
Trois ans. C’est une période anormalement élevée entre la sortie de deux opus principaux de Pokémon, surtout après une période de rythme annuel ou biannuel. La Switch 2 doit y être pour quelque chose, surtout que Légendes : Z-A sort conjointement sur les deux plateformes. Et la première chose à noter, c’est que la version Switch s’en sort plutôt bien. C’est le Pokémon en 3D le plus fluide de toute la console, tout fonctionne correctement et avec peu de bugs. En même temps, ce n’est pas très difficile vu l’état d’Épée / Bouclier et surtout d’Écarlate / Violet, mais l’expérience reste correcte malgré les 30 FPS et la basse résolution. Et c’est là que la version Switch 2 se démarque : les 60 FPS sont présents nativement pour la toute première fois de la saga, c’est fluide, sans bug et sans ralentissement. Enfin, pouvons-nous dire, surtout que, en plus, les personnages et les Pokémon sont très bien modélisés et animés, même si l’absence de doublage lors des cinématiques fait tache.
Le problème, c’est que tout ce qu’il y a autour porte la trace d’un retard technique d’une décennie. L’herbe et les arbres sont toujours aussi immondes, les bâtiments se ressemblent tous et ils sont même allés jusqu’à copier / coller la même image pour représenter les fenêtres, balcon inclus. Les distances d’affichage sont toujours un problème avec des PNJ qui apparaissent et disparaissent à quelques mètres du personnage, ce qui est assez scandaleux surtout sur la nouvelle console. Forcément, tout cela a provoqué de vives réactions du côté des fans et ce à juste titre : les mêmes problèmes reviennent d’un jeu à l’autre et voir que les choses n’évoluent que très lentement alors que l’on parle de la licence la plus lucrative au monde a sérieusement de quoi agacer. C’est malheureusement devenu une habitude et la résignation gagne petit à petit du terrain.
Légendes : Z-A est, dirons-nous, un opus annexe de la série principale. Il fait partie du canon narratif, mais il propose une expérience de jeu différente de celle à laquelle on est habitué depuis presque 30 ans. Ici, deux différences majeures : le théâtre des opérations tout d’abord, puisque l’intégralité du jeu se passe dans Illumis, la capitale de Kalos fortement inspirée de Paris. Paradoxalement, ce n’est pas l’espace somme toute restreint qui pose problème, mais plutôt sa réalisation. Les rues se ressemblent toutes, il y a très peu d’originalité (si on met de côté un parc enneigé en permanence) et c’est aussi pour cette raison que les fenêtres copiées / collées pèsent bien plus sur l'expérience que prévu. Il n’est pas rare de se perdre même avec un bon sens de l’orientation, surtout que les points d’intérêt sont assez mal différenciés. Après une grosse cinquantaine d’heures de jeu, je perds encore pas mal de temps à retrouver certains endroits et l’impossibilité de poser des marqueurs durables sur la carte n’aide pas.
La seconde différence avec les opus habituels se trouve dans le système de combat. Ici, le tour par tour a totalement disparu au profit d’un temps réel assez bizarre. Imaginez un gameplay à la Xenoblade Chronicles avec des compétences soumises à des cooldowns, sauf que tout se lance avec un délai variable. La raison vient d’un choix de game design : on ne contrôle pas les Pokémon, mais seulement le dresseur qui donne des ordres et, par conséquent, les créatures mettent un peu de temps à les interpréter. Et c’est dommage puisque ça donne un côté très brouillon aux combats qui se résument à spam les attaques dès qu’elles sont disponibles, qu’elles soient super efficaces ou non. Et c’est d’autant plus dommage quand le jeu dispose d’un système d’esquive bien pensé sur le papier. Certaines capacités comme Tunnel permettent de se prémunir d’une attaque en se cachant sous le sol avant de ressortir ou d’autres comme Change-Éclair frappent et téléportent le Pokémon à côté du dresseur. Le problème, c’est qu’avec le temps de la transmission ordre du dresseur - Pokémon, il est impossible d’avoir un bon timing et que réussir à éviter une attaque autrement qu’avec le bon vieil Abri relève plus du coup de chance qu’autre chose. Cette sensation de lourdeur dans les mouvements est exacerbée dans les combats contre les Méga-Férox, affrontements de boss avec des patterns à éviter avec le personnage et le Pokémon. Comme vous pouvez vous en douter, s’il est possible de courir et faire des roulades avec le dresseur, ce n’est pas le cas du partenaire qui se contente de suivre en ligne droite en se mangeant royalement tout ce qui passe. La solution, c’est de le rappeler dans sa Pokéball le temps que l’orage passe, ce qui n’est pas totalement logique dans un jeu Pokémon.
Comme à peu près tous les autres points, la partie histoire de Légendes : Z-A présente du bon et du moins bon. 5 ans après les événements de X et Y, on y incarne un touriste mêlé malgré lui dans une histoire de Pokémon sauvages qui Méga-Évoluent seuls sans raison et qui représentent un danger pour la ville. En même temps, on participe au Royale Z-A, une compétition visant à couronner le meilleur dresseur ou la meilleure dresseuse de la ville, avec pour récompense la réalisation d’un voeu. Pokémon n’est pas connu pour la complexité de ses histoires, mais plutôt sur sa capacité à raconter quelque chose de cohérent et, malheureusement, l’ère Switch n’est pas la meilleure sur ce point. On notait de gros problèmes de rythme dans le monde ouvert d’Écarlate et de Violet et, ici, on assiste à un drôle de paradoxe : l’aventure est à la fois variée et ultra-répétitive. Elle est variée dans ses activités à réaliser, comme la capture de Pokémon sauvages dans les zones dédiées, les petites phases d’exploration de la ville, les combats nocturnes et les affrontements de boss, mais terriblement répétitive dans sa boucle de gameplay. Chaque arc est composé de la chasse à trois Méga-Férox, la résolution d’une intrigue propre à un personnage donné, le farming de combats nocturnes puis l’affrontement du personnage aidé précédemment pour gravir les échelons du Royale Z-A. Affrontement qui n’est rien de plus qu’un combat de Champion d’Arène un peu déguisé avec son type de prédilection, son thème musical et sa Méga-Évolution dédiée. Le point positif, c’est que ce ne sont plus de simples piquets que l’on croise une fois ou deux seulement. Ils jouent un vrai rôle dans l’intrigue en plus de bénéficier, pour certains d’entre eux, d’une bonne qualité d’écriture. On apprécie.
Au rang des nouveautés, une grosse déception s’impose : aucun nouveau Pokémon n’est de la partie. Là où Légendes : Arceus avait introduit des formes régionales, évolutions pour des créatures existantes ainsi que des Pokémon totalement nouveaux, Légendes : Z-A n’en fait rien. Alors bien sûr, il y a une grosse vingtaine de nouvelles Méga-Évolutions, formes temporaires très puissantes offertes à certains élus (avec du bon et du moins bon), mais l’absence de nouveautés pérennes qui pourront être envoyées dans les futurs jeux est dommageable. On sait que les Méga reviendront dans Pokémon Champions, simulateur de combats pvp officiel prévu pour 2026, mais il y a très peu de chances de les revoir dans le prochain gros jeu principal qui introduira sa propre mécanique en délaissant les autres, à l’instar du Teracristal d’Écarlate et de Violet ou du Dynamax d’Épée et Bouclier. Aucune nouvelle attaque, aucun nouvel objet utilisable en combat, on reste un peu sur notre faim. Point intéressant, Légendes : Z-A se démarque de son prédécesseur Arceus en proposant un mode pvp multijoueur. N’espérez pas retrouver la profondeur stratégique habituelle, on est plus sur quelque chose qui se rapproche d’un mini-jeu de Mario Party à 4. C’est étrangement fun, même si les choix douteux de la Pokémon Company l’ont fracassé. Autoriser les Pokémon légendaires surpuissants qui centralisent tout le metagame n’était pas une idée de génie, surtout que ce pvp est un passage obligatoire à l’obtention de certaines Méga-Gemmes. C’est très rapide et à la portée de tout le monde, mais c’est subtilement caché derrière le paywall de l’abonnement au Nintendo Switch Online, ce qui est très limite.
Légendes : Z-A est un jeu peu commun qui divise. Certains adorent le renouveau apporté par son cadre et son gameplay, d’autres sont excédés par ses soucis techniques et ses incohérences. Personnellement, j’ai eu l’impression de jouer à un jeu totalement différent de ce que je connaissais, jeu sur lequel on avait collé une étiquette Pokémon et le résultat est assez déroutant. Mais dans l'ensemble, ça reste un JRPG classique avec ses forces et ses faiblesses. Tout le packaging est là, avec ses PNJ immobiles qui sortent la même ligne de dialogue en chaîne et ses éléments de gameplay répétitifs. Cet épisode de transition ne marquera certainement pas les esprits, mais il a le mérite d’expérimenter de nouvelles voies. On aurait aimé que l’emballage soit de meilleure qualité mais les récents bruits de couloir ont donné des explications froides et implacables. Le jeu aurait bénéficié d’un budget de développement de 13 millions d’euros, une somme minuscule, surtout quand on regarde la puissance de feu de la Pokémon Company. Finalement, le résultat produit par Game Freak n’est pas si mal au vu des frais engagés et on déplore les choix stratégiques de la maison-mère. Les jeux Pokémon ne sont pas des Triple A et on pourrait s’y accommoder si le tarif était accordé en conséquence, ce qui n’est absolument pas le cas, surtout avec l’arrivée prématurée d’un DLC à 30€, qui vient tout juste d’être rendu disponible…
Test réalisé par Malison sur Switch 2 avec une version fournie par l'éditeur.
| Plateformes | Nintendo Switch 2 |
|---|---|
| Genres | J-RPG, jeu de rôle (rpg), contemporain |
| Sortie |
16 octobre 2025 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.







Réactions (3)
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