Test de Replaced - Remplacé, dépassé
Et voilà, une nouvelle arlésienne du jeu vidéo parvient à nous proposer sa version finale. Annoncé en juin 2021, le développement du jeu a traversé de longs silences avant de finalement arriver à son terme ce 14 avril 2026.
L'action se passe dans les années 80, mais dans un monde dystopique. Warren Marsh est en train de cruncher sur le développement de R.E.A.C.H, une intelligence artificielle qui aide son prochain en facilitant la recherche de donneurs compatibles, notamment en cas d'urgences médicales. Mais cette nuit-là, un incident technique vire au drame : l'IA se retrouve téléchargée dans le cerveau du développeur, aux commandes de ce corps biologique. Soudainement traqué par les forces de l'ordre, le personnage parvient à s'enfuir en dehors du mur.
Bien décidé à rendre son corps à son concepteur, Reach se lance dans une longue quête qui le ramène au laboratoire. Et heureusement que le Warren a bien pris soin de sa forme physique jusque là, car le bonhomme crapahute à droite et à gauche, se bat à tout bout de champ, escalade les pires endroits et se casse la figure à de nombreuses reprises.
Au cours de cette aventure, notre protagoniste en apprend plus sur le monde dans lequel il vit. Il est également possible de trouver des objets plus ou moins cachés qui permettent de mieux comprendre le passé de cette dystopie. Et aussi d'obtenir quelques améliorations, tant qu'à faire.
C'est de toute beauté
Le moins qu'on puisse dire, c'est que Replaced est beau. Tous les personnages sont en 2D, dessinés avec des gros pixels. Ils évoluent dans des décors qui sont eux en 3D, mais avec des textures qui leur donnent aussi un aspect pixellisé. Le tout est sublimé par des effets d'ombres et de lumière.
L'animation est réussie, tout comme les décors, que ce soit au fond des égouts ou au cœur d'une forêt. Il est juste parfois absurde de voir le personnage rouler par-dessus une caisse pour avancer alors qu'il aurait été plus logique de la contourner ; les aléas d'un jeu en 2.5D, dira-t-on.
La mise en scène est maitrisée, la caméra se permet même parfois de s'ajuster selon les évènements qui se jouent à l'écran, ce qui est du plus bel effet. Il arrive au jeu de ralentir le rythme, juste le temps de pouvoir profiter d'un superbe panorama.
Les musiques ne détonnent pas, sans vraiment se démarquer. L'environnement sonore est réussi, mais il faut noter qu'il n'y a aucun doublage : les voix se font avec des bips, à l'ancienne.
Little (Cyberpunk) Nightmares
Le cœur de Replaced suit le manuel du parfait petit jeu de plate-forme cinématique. Vous progressez selon une ligne droite (enfin, façon de parler : vous devez grimper, redescendre, filer vers la gauche...) le long de laquelle vous devez franchir divers obstacle ou traverser des zones un peu plus narratives. Et tous les poncifs sont présents : sauter sur des passerelles, pousser des caisses, activer des choses pour dévoiler le chemin de sortie, vous balancer à des barres, grimper des échelles, se cacher pour éviter des lumières, fuir un danger… Le tout sur un tracé pavé de marques jaunes.
Au fur et à mesure des chapitres, de nouvelles possibilités s'ajoutent à la progression. Mais là encore, c'est du terrain connu : le point d'ancrage, le double saut…
Toutefois, attention, le maniement reste exemplaire : il est agréable de diriger le personnage dans cette vaste course d'obstacles. C'est juste très classique et pas toujours dans le thème : quand on en arrive à sauter sur des plaques de glace flottantes sur une eau glacée, on se dit qu'on pioche quand même un peu trop violemment dans le registre du genre plate-forme.
Quelques rares puzzles sont présents sur le chemin. Et un système de piratage ; mais là, on est plutôt dans le domaine du pénible. Le principe est intéressant en soi : un schéma apparait et il faut rapidement choisir la configuration dans un menu déroulant qui permet de compléter la structure. Mais le résultat a soit un timing trop court, soit beaucoup trop de possibilités à examiner pour être agréable.
Baston !
Mais pour varier les plaisirs, il y a quand même les combats.
Régulièrement, vous vous retrouvez encerclé par des ennemis qu'il vous faut défaire à coups de matraque. Cette fois, c'est vers les Arkham que ça lorgne : des icones apparaissent au-dessus de la tête des adversaires et il faut parer ou esquiver l'attaque qui vient. Les diverses actions permettent également de charger les jauges de l'équipement, arsenal qui s'étoffe avec la progression dans l'histoire.
À nouveau, le système se prend bien en main, si ce n'est le timing des icones : un peu trop juste pour réagir de manière efficace, il est parfois plus simple d'opter systématiquement pour la roulade.
Il existe trois niveaux de difficulté : facile, normal et difficile (trophée à la clé pour celui-là). Le mode normal est abordable, si ce n'est un pic de difficulté à la fin du chapitre 5. Et pour ces situations là, sachez que l'option pour passer les cinématiques et dialogues est planquée dans le menu global.
L'homme qui tombe à pic
Le gros problème de Replaced est finalement la manière dont se déroule l'aventure.
Même s'il y a quelques passages intéressants, la trame de l'histoire reste le gentil et naïf personnage qui découvre avec stupéfaction les horreurs qui se trament en dehors de son cocon, méchante corporation à la clé.
Les niveaux sont souvent trop longs. On suit des dédales inutilement compliqués, au point où on ne comprend plus trop où on est, vers où on va et pourquoi on s'acharne à débloquer cette porte spécifiquement. Si le personnage sait où il va (et encore), le joueur se contente, lui, de suivre le seul chemin possible. On a souvent l'impression que tout ça est rallongé au détriment du plaisir de jeu, juste pour gonfler la sacro-sainte longévité.
Et surtout, le jeu use et abuse du trope du personnage qui tombe vers les niveaux inférieurs : une passerelle qui se brise, le tuyau auquel on est suspendu qui lâche, une structure qui s'effondre… C'en est au point où les personnages eux-mêmes se mettent à faire des réflexions sur cette fâcheuse habitude. Et la narration n'essaye même plus de masquer la chose vers la fin : vous savez que vous allez tomber et vous savez qu'il y aura comme par hasard toute une troupe d'ennemis pour vous accueillir en bas.
À propos de ces petites remarques, ce n'est pas le seul sujet que le personnage soulève (oui, il soliloque beaucoup, même si l'excuse est qu'il parle à son hôte). La répétition de certaines situations l'interloque également. Mais si ce genre de délire méta peut être amusant quand il est bien amené, il ne fait ici que mettre en évidence les défauts de la narration et du game design.
Replaced est visuellement magnifique et présente un univers certes classique, mais qui ne demande qu'à être découvert. La jouabilité nous conduit également en terrain connu, mais tout ça se prend très bien en main. Ce sont surtout les longueurs excessives et les maladresses dans le design qui vous feront souffler du nez : son rythme aurait gagné à être plus court et ainsi peut-être moins élimer ses effets.
Test réalisé sur PC par NeoGrifteR à partir d’une version fournie par l’éditeur.
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| Plateformes | Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Action, cyberpunk, science-fiction |
| Sortie |
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