Test de Moss sur Oculus Rift

C’est l’histoire d’une petite souris toute mignonne qui doit sauver son oncle. Voilà… c’est Moss !

Derrière cette petite phrase, tout anodine et un peu fleur bleue, se cache peut-être un des meilleurs jeux en réalité virtuelle. Moss est sorti au début d’année sur PlayStation VR et semblait être une exclusivité Sony, au grand dam des possesseurs de casques VR sur PC. Que nenni ! Une sortie surprise au début du mois de juin aura ravi les joueurs PC amateurs de VR.

Test de Moss sur Oculus Rift

Et pourtant, Dieu sait que ce n’est pas du tout mon genre de jeu. Le synopsis semble basique, un jeu de plate-forme, un jeu VR à la troisième personne… j’avais du mal à imaginer trouver de la qualité dans ce jeu. Néanmoins, découvrant depuis quelques mois la VR de façon plus approfondie, je ne pouvais pas décemment passer à côté de Moss qui semble avoir été unanimement accueilli sur PSVR de façon très positive.

Bref, voilà que je lance le jeu, assez dubitatif… mais c’est une sensation qui ne régnera pas longtemps dans ma tête, laissant vite place à l’émerveillement !

Émerveillement ?

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Oui, monsieur, oui madame, je pèse mes mots : l’émerveillement. Je me suis senti rajeunir et avoir plein de petites étoiles dans les yeux tant ce jeu m’a mis une claque dans les dents. Cependant, je m’emballe et je vais expliquer plus sereinement ce que je veux dire par-là.

Moss est un jeu de plate-forme aventure narratif qui nous place comme étant l’acolyte (j’y reviendrai) de Quill, une petite souris toute menue qui se voit malgré elle devenir l’héritière d’un ancien artefact qui jadis a protégé son peuple de l’horrible serpent Sarffog.

Moss est donc un jeu de plate-forme à la troisième personne. J’avais déjà expérimenté le genre avec Lucky’s Tale et ça m’a amusé le temps de la découverte de la VR. Bref, pas longtemps. Toutefois, comme je le sous-entends juste au-dessus, les gars de Polyarc ont été très malins en intégrant le joueur dans l’histoire comme étant « le Lecteur », une entité qui vient en aide à Quill par l’intermédiaire de l’artefact qui est en sa possession.

Le Lecteur

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Le terme du « Lecteur » est extrêmement important, car le jeu est clairement centré sur la narration, qui est d’une excellente qualité (mention spéciale à la voix off du jeu ; j’ai cherché le nom de la personne qui s’en occupe, sans succès…). On démarre le jeu dans ce qui semble être une cathédrale, un livre fermé devant nous. À l’aide des Touch, on ouvre le livre et l’histoire démarre, nous plaçant dans le contexte général et expliquant un peu le background de l’aventure. Les pages défilent et, après quelques minutes, elles s’illuminent et on est happé dans le jeu.

Et là, seconde claque. On arrive dans un petit tableau en plein milieu d’une forêt. Le son, le visuel, les lumières, les ombres. Tout est magnifiquement bien agencé, c’est un environnement magique. De plus, on est placé dans un angle assez original pour nous, humain. On est placé à hauteur de souris et, au niveau de la perspective, ça change tout. C’est simple : les claques que je me suis prises dans les différents tableaux qu’on visite, j’ai connu ça étant gamin quand j’allais voir les attractions Disney telles que Blanche-Neige. Je dois avoir encore au fond de moi un enfant qui sommeille. On y voit « l’artefact » être libéré de l’arbre qui le protégeait. Et quelques secondes après, on voit Quill qui arrive, toute mignonne, dans cet environnement évidemment hostile pour une petite souris blanche. Par peur du corbeau, elle se cache dans un tronc et trouve l’artefact, une pierre luminescente, puis le met dans son sac. Et là, surprise : Quill nous voit, nous, joueur. Elle n’a pas peur, elle sent qu’on est son allié. La pierre le lui dit ! Et c’est là que naît la complicité entre le « Lecteur » et Quill.

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S’enchaîne toute une série de scènes mettant un peu en place le joueur dans le jeu : d’une main, vous pourrez contrôler Quill, ses déplacements, attaques et sauts. De l’autre, vous pourrez interagir avec l’environnement. Au début, c’est simple : déplacer une pierre pour créer un passage, déplacer une statue… facile. Cependant, cela se complique ensuite, car il faudra gérer vos interactions en synchronisant avec les mouvements de Quill et ses attaques. C’est super intuitif et facile à prendre en main, mais en maîtriser les subtilités… pas si évident que ça. Le gameplay est vraiment riche, j’en ai été le premier surpris.

Une narration qui transforme le jeu en conte

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La narration continue aussi scène après scène, nous immergeant vraiment dans l’histoire. Et la complicité de Quill pousse aussi dans ce sens. Étant donné que les scènes sont parfois de petits casse-têtes, de petites énigmes à comprendre et à élucider, Quill essayera d’attirer notre attention vers des éléments qu’elle aurait pu apercevoir. On est vraiment acteur du jeu et c’est peut-être la première fois que je ressens ça. Vous pouvez aussi vous déplacer ou au moins vous pencher pour voir différents éléments du décor. Pas de crainte : si Quill disparaît derrière un élément du décor, elle apparaîtra en surbrillance pour que vous n'ayez pas à vous faire un torticolis pour la voir, mais diversifier les points de vue peut avoir de l’importance pour déceler certains éléments du décor vous permettant d’avancer dans l’aventure.

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Moss est vraiment un jeu développé pour la VR. Les gars de Polyarc ont probablement eu de très nombreuses réunions de réflexions sur l’utilisation de cette nouvelle plate-forme pour le développement du jeu, au contraire de la plupart des jeux qui se contentent d’accentuer des sensations de jeu avec la réalité virtuelle. Un exemple parmi tant d’autres : la direction artistique. Des tableaux interactifs et pas un monde continu facilitant la gestion de la caméra avec la tête, des textures pas trop chargées de détails, mais emplies de couleurs pour ne pas alourdir le calcul des machines, des arrière-fonds animés qui donnent vie à l’ensemble (tels des cerfs buvant de l’eau dans la rivière), tout cela est le produit de mûres réflexions. Et l’ensemble donne une expérience réellement inédite dans sa qualité.

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Maintenant, si ça se limitait à cela, ça ne serait qu’une démo technique certes belle et immersive, mais incomplète. Heureusement, le gameplay n’est clairement pas en reste de l’ensemble qualitatif du titre. Les interactions, le jeu de plate-forme, le contrôle de Quill, la gestion des Oculus Touch : tout est réellement bien travaillé. La difficulté est progressive dans l’aventure, sans devenir trop difficile.

Le seul défaut que je peux lui trouver… c’est la durée de vie. Le jeu est court, comptez max cinq à sept heures de jeu, mais la fin augure d’une suite et on ne se plaindra clairement pas. Bref… c'est à se demander si la VR n'a pas trouvé sa mascotte, mais je m’emballe un peu. Je ne m’attendais à rien de ce jeu et j’en ressors avec un goût de trop peu dans la longueur.

Encore !

- Test réalisé par Seiei avec une version fournie par l'éditeur


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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.