Test d'Iris.Fall - Un jeu entre ombres et lumières

Dans notre grande rubrique « les jeux vidéo du bout du monde », nous partons cette fois en Asie. En Chine, plus précisément, où les développeurs de NEXT Studio développaient Iris.Fall, un jeu d’aventure qui a raflé nombre de prix dans tous les salons de jeux vidéo où il a été montré. Alors suivez le guide pour un bien étrange voyage, quelque part entre ombres et lumières.

Iris au pays des merveilles

Le jeu nous propose de suivre les aventures de la jeune Iris. Après s’être éveillée d’un cauchemar qui semblait bien trop réel, la jeune fille décide de suivre un chat noir au comportement bien étrange jusqu’à un théâtre en ruine. La visite des lieux plonge vite notre héroïne dans un monde étrange et les mystères qui s’en dégagent font remonter à la surface des souvenirs qu’Iris avait enfouis. Souvenirs d’enfance qui ne manquent pas de lui rappeler qu’elle est, d’une étrange façon, liée à ce lieu où tout n’est qu’ombres et lumières. Difficile de trop en dire sur le scénario du titre, si ce n’est qu’il s’oriente vers le conte et l’occulte. Le jeu est dépourvu de toute forme de dialogue ou de texte et vous laisse libre d’interpréter les événements et la conclusion du jeu comme bon vous semble. Pas de panique donc pour ceux qui pourraient être rebutés par une page Steam n’annonçant une disponibilité du jeu que dans les langues anglaises et chinoises. D’autant que le français est bien présent en jeu.

Test d'Iris.Fall - Un jeu entre ombres et lumières
Le lapin blanc laisse ici la place à un chat noir

Jeux d’ombres

Iris.Fall se présente comme un jeu d’aventure mélangeant 3D et 2D. À la manière du Contrast de Compulsion Games, la mécanique principale du jeu consiste à permettre à Iris de passer de la 3D en caméra fixe à un monde en 2D constitué par les ombres du monde réel. C’est cette mécanique qui constitue ce qu’on qualifiera de phases de plateforme du jeu. Pour prendre un exemple simple, vous devrez régler une horloge en plaçant ses aiguilles de telles façons que leurs ombres vous permettent de traverser et d’atteindre l’entrée de l’étage supérieur. C’est bien sûr une énigme basique de début de jeu, celui-ci ayant la bonne idée de ne pas s’arrêter là.

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On croise donc également des passages où il faut alterner entre les ombres et le monde normal pour collecter des objets ou encore des passages où les ombres sont projetées sur plusieurs plans en profondeur. Encore mieux, le jeu apporte de la variété dans ses énigmes tout en gardant son principe de jeux d’ombre. Que ce soit ce puzzle qui vous demande de reconstituer une forme en ombre chinoise à partir d’objets trouvés dans la pièce ou ce mini-jeu projeté sur un mur, on sent la volonté des développeurs d’éviter de lasser. On en profite pour saluer le soin apporté à la construction des énigmes puisque celles-ci, sans être forcément faciles, sont toujours intuitives dans ce qui est attendu du joueur. Elles mettent à contribution votre sens de l’observation, votre logique ou votre mémoire.

Des énigmes pour tous les goûts
Des énigmes pour tous les goûts

50 nuances d’Iris.Fall

S’il y a bien un point qui attire immédiatement l’attention lorsqu’on observe Iris.Fall, c’est bien son style graphique. Le jeu se représente donc visuellement en nuances de gris, n’utilisant la couleur qu’avec parcimonie pour les sources de lumière ou pour des indications lors des énigmes. Un choix qu’on comprend aisément tant il renforce la dualité entre ombre et lumière dans le jeu. Le résultat est particulier, quelque part entre la bande dessinée et le dessin animé. Il est en tout cas très réussi et certains niveaux sortent vraiment du lot d’un point de vue graphique, comme celui du livre en relief dans la bibliothèque. Le jeu parvient à être étrange sans tomber dans le malsain. La musique contribue également très bien à ce sentiment d’étrangeté qui nous accompagne au fur et à mesure de notre visite, sans être envahissante dans les moments où on a besoin de calme pour réfléchir.

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Mais qui es-tu, Marionnettiste ?

Si l’impression globale sur Iris.Fall est plutôt positive, on se doit tout de même de relever quelques petits problèmes, notamment au niveau des contrôles. Le jeu a beau être un jeu d’aventure, il n’est pas un point&click et on contrôle donc pleinement les déplacements d’Iris. Que ce soit avec le combo clavier (en anglais, comme trop souvent)/souris ou au pad, le joueur risque de passer par quelques moments frustrants lors de ceux-ci. La faute à la nécessité d’être positionné pile au bon endroit pour pouvoir interagir avec un élément et à une gestion de la profondeur parfois délicate, surtout dans les escaliers. Un classique des jeux en 3D dont la caméra reste fixe. J’ai ainsi trouvé le déplacement à la manette globalement plus naturel qu’au clavier.

J'ai horreur des escaliers
J'ai horreur des escaliers

La maniabilité générale du titre est d’ailleurs tout à fait correcte avec un pad. Bien que le jeu embarque un inventaire réduit, il ne propose pas de manipulations d’objets hasardeuses. Approcher d’un point où l’on peut utiliser un objet fait simplement apparaître la touche permettant d’ouvrir l’inventaire pour sélectionner l’objet à utiliser, avant d’utiliser le stick pour le placer lorsque plusieurs options sont possibles. Simple et efficace, à une exception près dans laquelle un grand nombre d’actions possibles rend le passage plus confortable à la souris. On note tout de même qu’il faut repasser par le menu principal pour changer le mode de contrôle, ce qui est un peu pénible puisque le jeu utilise un système de points de sauvegarde automatique qui ne sauvegardent pas toujours entre les différentes phases d’une énigme.

Clavier ou manette, l'ergonomie des énigmes fonctionne
Clavier ou manette, l'ergonomie des énigmes fonctionne

On peut également mettre dans les points négatifs du jeu la relative légèreté des menus. Si on trouve bien le français dans les options, on sent qu’il fait partie des langues un peu ajoutées au chausse-pied. En employant pour ces langues une police de caractère différente de celle utilisée pour l’anglais, on se retrouve avec quelques mots coupés, faute de place. Heureusement que l’usage des textes se limite aux menus. Puisqu’on en parle, ceux-ci sont assez minimalistes. Les options vidéo font le minimum syndical avec la résolution, l’affichage plein écran ou fenêtré, la luminosité et la VSync. Idem pour la partie sonore où il faut se contenter d’un réglage général. Pas la moindre possibilité de reconfigurer les touches : il faut choisir entre le QWERTY et la manette. Les chasseurs de succès salueront par contre la présence d’un système de chapitres permettant de rejouer la partie du jeu qui vous intéresse.

Now you see me

On se laisse ainsi prendre au jeu et l’atmosphère étrange qu’il dégage donne envie d’aller plus loin. Le jeu n’est pourtant pas qu’un habillage original, il offre également un contenu qui convainc. Grâce à des énigmes variées, mélange réussi entre observation et logique pure. On tombe bien sur des puzzles plus difficiles ou des séquences qui tirent un peu en longueur, mais sans que ça ne devienne jamais insurmontable ou lassant. Je me dois toutefois de signaler que le jeu n’affiche qu’une durée de vie d’un peu plus de cinq heures. Et même probablement moins pour ceux qui sont plus doués que moi au Rubik’s Cube. Ça peut paraître peu à certains, mais la qualité est bien présente.

L'énigme sur laquelle j'ai perdu le plus de temps...
L'énigme sur laquelle j'ai perdu le plus de temps...

Je n’ai donc finalement qu’assez peu de choses à reprocher à Iris.Fall. Si vous êtes à la recherche d’un jeu original dans son approche graphique, qui propose une ambiance qui n’est pas sans rappeler celle des Alice d’American McGee et aux énigmes intéressantes, vous devriez jeter un œil sur ce jeu. Vous ne serez pas déçu.

Ce test a été réalisé à partir d'une copie fournie par l'éditeur

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5,6 / 10 - Assez bien

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