Test de Tales of the Neon Sea - Une mer d'ennui

Précédé d'une certaine curiosité suscitée par un style graphique en pixel art particulièrement réussi, Tales of the Neon Sea est sorti fin avril sur PC. L'occasion de vérifier si le jeu n'est pas qu'une coquille vide.

Tales of familier

Tales of the Neon Sea nous glisse dans l’imper de Rex, ex-flic désormais détective privé, bien fauché si l’on en juge par l’état de ses implants cybernétiques et le manque d’entretien de son robot domestique plaçant celui-ci au bord de l’autodestruction. Son chat l’ayant guidé vers le cadavre d’une vieille dame, Rex plonge dans une enquête impliquant un robot tueur défiant les règles de la robotique, un mystérieux virus informatique et peut-être même un tueur en série qui lui a échappé lorsqu’il était encore dans la police. Sacré programme, mais proposition finalement assez classique pour du cyberpunk. On évitera par contre de parler des aventures de William, le chat qui accompagne notre détective pour lui sauver la mise plus souvent qu’à son tour.

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En quête d'enquêtes

Tales of the Neon Sea se positionne donc quelque part entre le jeu d’aventure, avec ses objets à ramasser pour être utiliser au bon endroit et ses énigmes retorses (on y reviendra), et le jeu d’enquête. C’est d’ailleurs ce dernier aspect qui est le plus réussi tant les énigmes qui le composent semblent s’intégrer de manière cohérente dans l’aventure. On arrive par exemple sur la scène d’un crime et Rex débute par l’analyse du corps, à la recherche d’indices. Ensuite vient l’observation des environs pour réunir de nouveaux éléments. Une fois tous les éléments en notre possession, il nous faut retrouver l'enchaînement des événements ayant menés au crime. Un enchaînement symbolisé par un mécanisme d’horloge dont les rouages sont les différents indices que nous avons découvert. Cette partie du gameplay fonctionne plutôt bien et parvient à amuser le joueur. Une partie qui ne représente hélas qu’une petite portion du jeu.

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Pas de répit pour la migraine

Malheureusement, ces séquences de jeu sont peu nombreuses et réparties entre les trois chapitres que le jeu comporte. Entre elles, on retrouve des puzzles plus classiques qui donnent un peu l’impression de faire du remplissage tant tout est prétexte à un nouveau puzzle. On peut saluer la volonté des développeurs d’apporter de la variété dans ces casse-têtes, même si un sentiment de répétition finit par pointer le bout de son nez. Bien sûr, tous les puzzles ne sont pas à jeter, mais on peut être assez découragé par la lourdeur de certains d’entre eux, que ce soit en termes de mécaniques de jeu (que d’allers-retours pour faire des choses simples…), mais aussi en termes d’explications sur le but à atteindre pour les compléter. Une situation d’autant plus pénible dans le dernier chapitre du jeu où un certain nombre de ces puzzles ont un temps limité et où l’échec conduit à la mort du personnage. Bon à savoir, plusieurs patches ont modifié ou même supprimé certains puzzles depuis la sortie du jeu suite aux retours des joueurs. C’est déjà ça.

Quand je vous disais qu'on fait des puzzles avec n'importe quoi
Quand je vous disais qu'on fait des puzzles avec n'importe quoi

Ville de lumière

Pour l’aspect graphique de son jeu, le studio Palm Pioneer a fait le choix du pixel arts. Un choix judicieux tant le visuel du jeu est un des points forts du titre. Les décors fourmillent de détails et le joueur est vraiment happé par les jeux de lumières de cette mer de néon. L’immersion fonctionne parfaitement, y compris lorsqu’on quitte les zones les plus éclairées de la ville pour ses quartiers plus mal fréquentés. On aurait aimé que cette bonne immersion fonctionne aussi du côté de l’histoire et des dialogues, mais le jeu loupe sa cible sur ce point. On trouve certes de nombreux livres ou articles de journaux qui nous détaillent un peu l’univers dans lequel on évolue, mais on finit vite par ne plus s’infliger la lecture de ces indigestes pavés de texte peu intéressants tant dans leur contenu que dans leur forme. En effet, la traduction française est d’une qualité assez épouvantable, entre problèmes de grammaire et textes non-traduits. À ce jour, seule la traduction anglaise du jeu est convenable.

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Regret épisodique

Au-delà de ces défauts, on a l’impression que le jeu aurait gagné à assumer pleinement une sortie au format épisodique. Les développeurs sont à l’écoute de leur communauté, les modifications apportées par les quelques patches sortis depuis la parution du jeu le prouve, mais certaines mécaniques assez lourdes (dont les déplacements) semblent difficiles à corriger d’un coup de baguette magique. Cette impression est encore renforcée lorsque le dernier chapitre du jeu se conclut par un « à suivre » qui laisse un goût amer en bouche tant on a l’impression de n’avoir finalement rien accompli durant cette dizaine d’heures. Difficile donc en l’état de recommander ce Tales of the Neon Sea, à moins qu’une passion intense pour le pixel art vous fasse oublier ses défauts.

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Ce test a été réalisé par Grim sur PC à partir d'une version fournie par l'éditeur


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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.