Test de Draugen - Promenade entre les fjords

Un jeu d'aventure qui propose de visiter un petit village norvégien en compagnie d'un Américain à la recherche de sa soeur, ça vous tente ? Ça tombe bien, c'est le programme de Draugen, le nouveau jeu des développeurs de Red Thread Games.

Histoire de fantômes nordiques

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Draugen nous emmène au milieu des fjords norvégiens. Nous sommes en 1920, en compagnie d’Edward Charles Harden, un Américain, et de Lissie, une jeune femme énergique et enjouée qui l’accompagne partout. Pas question de vacances pour le duo : leur séjour dans ce petit village rural a pour objectif de retrouver Elizabeth, la sœur d’Edward. Cependant, à leur arrivée, point de villageois, juste un village désert battu par le froid et la pluie. Ensemble, Edward et Lissie doivent découvrir l’histoire tragique de la petite communauté pour tenter de dévoiler la vérité sur la disparition d’Elizabeth.

Balade entre les tombes

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Draugen est un jeu qui a connu un développement mouvementé puisqu’on en a entendu parler pour la première fois en 2013. Le jeu avait d’abord été présenté comme un survival-horror dans la lignée de la série Amnesia. On ne trouve plus beaucoup de traces de cet aspect aujourd’hui, à peine l’un ou l’autre jump-scare isolés. Draugen est devenu un jeu d’aventure à mi-chemin entre le jeu d’enquête et le simulateur de marche ponctué d’un soupçon de mystère. Un mélange qui n’est pas sans rappeler The Vanishing of Ethan Carter, si ça peut vous aider à situer.

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Hélas, en termes de gameplay, Draugen a une proposition assez limitée. On marche en suivant les indications de Lissie, on observe les lieux, on interagit avec des objets pour déclencher une nouvelle conversation entre les deux personnages et parfois, on a un petit choix à faire dans les réponses. Et on ne peut pas vraiment parler d’énigme pour apporter de la variété à l’ensemble. On ne cherche jamais rien puisque l’élément qui fait avancer l’histoire est généralement à quelques pas. Draugen est donc finalement bien plus proche d’un jeu purement contemplatif que même un allergique aux jeux vidéo devrait pouvoir terminer sans soucis.

La malédiction ici, c’est l’isolement

La question de la durée de vie est un autre élément qui divisera. Le genre du walking simulator se prête rarement à des expériences de longue durée, mais avec ses 3h30 au compteur, Draugen se place dans la catégorie des expériences courtes. D’autant plus courte qu’on peut avoir quelques doutes sur la rejouabilité du titre. Le jeu est en effet terriblement dirigiste et on s’aperçoit très vite que la zone de jeu est très réduite. Pire, certains endroits resteent fermés assez artificiellement tant que le scénario ne vous autorise pas à poursuivre.

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On rit donc un peu jaune lorsqu’un dialogue de Lissie nous suggère de sauter une barrière sans que ce soit possible à ce moment précis. On pourrait aussi évoquer le cas de l’étage de la maison où séjournent les héros impossible à visiter le premier jour ou celui des maisons du village dans lesquelles Edward se contente de jeter un rapide coup d’œil avant de refermer la porte. Un choix assez gênant lorsqu’on sait que l’on ne croise pas un seul être vivant durant le jeu et que toute la narration doit donc passer par l’environnement. On se retrouve ainsi devant un monde qui semble assez artificiel et ne profite absolument pas de son cadre alors que ça aurait dû être un point fort du jeu. Étrange.

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Le rythme de jeu est l’autre problème majeur du titre. L'aventure est découpée en 6 journées. Pourquoi pas. Néanmoins, le remplissage de ces journées est très variable et inégal. On passe ainsi d’une journée où on visite la moitié du village à une où on ne sort même pas de notre maison d’hôte. Même son de cloche du côté narratif, où les deux histoires se parasitent, Lissie insistant pour découvrir ce qui est arrivé aux habitants alors qu’Edward finit par énerver aussi bien sa compagne que le joueur à tout ramener à Betty. L'histoire du village tourne autour d'un drame familial et il y a quand même quelques noms et relations entre personnages à retenir. Résultat malheureux de ce parasitage, l’histoire donne l’impression de souffrir de quelques trous narratifs, comme si certaines évolutions sortaient un peu de nulle part.

Vous n’êtes pas seul

Puisqu’une bonne partie de l’immersion dans le jeu tient à la relation et aux dialogues entre les deux personnages, saluons le travail qui a été réalisé pour leur donner vie. Graphiquement, le résultat est très convaincant, même si on pourra le trouver trop propre pour un endroit désert. Le jeu s’en tire toutefois très bien que ce soit sur le rendu du visage en gros plan ou sur les animations de Lissie même si les plus tatillons remarqueront que cette dernière à une tendance à la téléportation lors des changements de pièces. On signalera quand même quelques textures qui s'affichent tardivement avec les options graphiques en Ultra. Même bonne note globale pour la traduction en français. Les voix restent en anglais, mais tout est sous-titré et on note qu’un effort a été fait pour adapter les jeux de mots de Lissie. Toujours dans le domaine technique, on remarque dans les options graphiques la présence d’un « mode noir » qui applique au jeu un filtre qui rappelle les vieux films en noir et blanc.

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What remains of Draugen

Le bilan final de Draugen est donc assez contrasté. Le jeu n’est pas mauvais et on n’a pas le temps de s’ennuyer, mais il laisse clairement le joueur sur sa faim. Comme les dessins qu’Edward peut réaliser dans son journal de voyage, Draugen semble n’être qu’une simple esquisse de quelque chose de plus grand, comme le laisse penser le générique de fin nous promettant le retour d’Edward et Lissie. Ce qui place finalement Draugen en retrait d'autres jeux du genre. À vous de voir si le jeu en vaut le prix.

Test réalisé par Grim sur une version PC fournie par le développeur.

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5,6 / 10 - Prometteur