Tests de Persona 5 Royal - quand Persona 5 réclame son trône

À la façon de Persona 4 Golden qui était venu corriger quelques petites erreurs et agrémenter son aîné Persona 4 de contenu supplémentaire, Atlus via son équipe P-Studio, livre au bout de trois années une version surboostée de son formidable Persona 5, sa simulation de lycéens combattant des ombres ternissant le coeur des hommes. Pour le meilleur et en aucun cas pour le pire.

Another one fights the lust

Joueurs de Persona 5, vous connaissez déjà le topo du jeu, vous pouvez donc passer directement au prochain intertitre vu que je vais faire un rappel / résumé (très résumé) du jeu de base !

Ah ben merci sympa
Ah ben merci sympa
Si vous avez manqué le début... Le protagoniste, après une altercation l'ayant conduit à être en période probatoire malgré sa manifeste innocence, se retrouve expédié de sa ville natale vers Tokyo sous la garde d'un gérant de petit café de quartier, le temps que les choses se tassent. Tout s'enchaîne alors très vite et il se découvre le pouvoir d'invoquer une Persona (et même plusieurs), manifestation(s) de sa personnalité lui apportant un pouvoir tangible dans la réalité alternée du Métavers. Et il n'est pas le seul ; des compagnons se joignent à lui pour former les Voleurs Fantômes (et pas des Fantômes Voleurs) dans le but de faire des casses dans la psyché des gens, voler leur coeur et ainsi réformer la société en les faisant réfléchir et se repentir de leurs actions. Tout ceci en menant toujours sa vie de lycéen au gré des cours et examens, bien sûr.

On a donc deux parties distinctes dans le jeu : il faut gérer son calendrier de lycéen ordinaire en jonglant entre les rencontres proposées entre ses amis et autres "confidents", personnes amenées à devenir (très) proches via interactions sociales, mais aussi diverses activités et petits boulots histoire de se faire un peu de blé, de monter ses scores de caractéristiques sociales et pourquoi pas de nouvelles rencontres là aussi. Se rapprocher petit à petit d'un confident en allant le voir régulièrement permet de monter le niveau de son arcane de tarot, débloquant pour ses acolytes pouvoirs et capacités secondaires à utiliser en combat et pour les autres des capacités et autres "services" pouvant avoir une utilité dans le monde réel comme dans le Métavers. Il ne faut donc pas négliger les confidents, mais cependant il est compliqué de pouvoir les voir à volonté, eux aussi ayant un emploi du temps...

Alors au début on n'a vraiment rien pour soi...
Alors au début on n'a vraiment rien pour soi...
L'autre partie principale du jeu est la visite des "Palais", ces lieux du Métavers où sont gardés férocement les "Trésors" des cibles, sorte de matérialisation des coeurs corrompus dont les Voleurs Fantômes doivent s'emparer afin de les soumettre à une Métanoïa menant donc à leur repentir. Ces visites sont l'occasion d'explorer les pensées et le coeur de la cible, avec des énigmes type puzzle allant du plus simple au plus retors et des combats contre les Ombres hantant les lieux avant les inévitables affrontements contre des mid-boss et boss de fin. Les combats se font via le vénérable système du tour par tour propre aux vieux J-RPG, où les Personae de chacun leur permettent d'invoquer magies et capacités pour le moins classiques. En plus des Palais, le joueur a aussi le loisir d'arpenter le Memento, correspondant à peu près à la psyché globale de l'opinion publique, celle-ci allant de plus en plus loin à mesure que les Voleurs Fantômes dérobent les coeurs et se font connaître au monde. Voilà pour un résumé très résumé du jeu de base pour expliquer son concept et son système de jeu.

Waifu's that girl

Cool girls don't look at explosions
Cool girls don't look at explosions
Passons maintenant aux nouveautés de Persona 5 Royal, pour lequel Atlus s'est une fois de plus montré généreux comme pour P4G. La nouveauté la plus remarquée est bien sûr l'arrivée de Yoshizawa Kasumi, petite nouvelle du lycée Shujin en première année et nouvelle confidente qui se révèle aussi dotée d'une Persona. Elle se dévoile dès la scène d'introduction, mais n'est pas vraiment jouable avant un (lonnnnnnnng) moment, le temps d'en apprendre plus sur la jolie brune et de suivre le scénario qui reste dans les grandes lignes le même que dans le jeu de base. Désillusion éventuelle pour celles et ceux qui espéraient pouvoir contrôler Kasumi en tant que protagoniste remplaçant Akira Kurusu (son petit nom attribué dans la série animée), mais il n'en est pas question, désolé !

En sus de Kasumi, le lycée Shujin accueille aussi un nouveau professeur en la personne du docteur Takuto Maruki, psychiatre qui fait son entrée après les premiers événements du jeu. Celui-ci a un rôle de confident comme les autres personnages secondaires et permet d'en apprendre plus sur les recherches et applications de la Pscience cognitive - pour ceux qui ne connaissent pas encore le jeu, je vous laisse découvrir seuls, pour les autres vous voyez de quoi je veux parler. Accessoirement, passer du temps avec Kasumi (dont le niveau max de confident est capé à 5 exceptionnellement...) augmente la réserve de points de vie du héros, tandis que les séances du docteur Maruki haussent la réserve de points de compétences (PC) nécessaires aux magies des Personae.

Textes et interface en FR, voix en JP... C'est du tout bon
Textes et interface en FR, voix en JP... C'est du tout bon
De manière plus générale, leurs ajouts à tous deux dans l'histoire se font progressivement au long de l'année via de nouvelles scènes et une très modeste réorganisation du planning de certains événements. Évidemment pour ne rien spoiler, je n'en dirai pas plus sur Kasumi qui demeure l'ajout central de Persona 5 Royal, comme en témoigne sa présence au centre de la jaquette du jeu, mais cet ajout est loin d'être anecdotique ! Je vous déconseille aussi vivement de faire des recherches sur elle avant de faire le jeu au risque de gâcher le scénario par ailleurs...

Autre nouveauté réclamée à corps et à cris par ceux qui ne jurent que par la langue de Molière, l'interface du jeu est intégralement (ou presque) traduite en français et dispose de sous-titres dans la même langue. Pas de doublage néanmoins, celui-ci restant limité au choix de l'anglais ou du japonais. Si dans l'ensemble la traduction est bonne, on sent cependant qu'elle est faite à partir de l'anglais et ne tient pas forcément compte du contexte, certains personnages s'échangeant du "vous" et du "tu" à deux phrases d'intervalle. L'exemple le plus marquant pour moi est un "comptoir", donc en anglais "counter" qui se retrouve traduit en... "contre-attaque". Oups... Heureusement, c'est très exceptionnel et mis à part quelques espaces manquants entre des mots (à priori corrigés via un patch), on comprend parfaitement les échanges et il est agréable de voir aussi toute l'interface traduite. Les plus ronchons regretteront que le format des dates reste au format mois/jour, mais ça reste du domaine du détail surtout quand on considère le travail titanesque de traduction au vu de la quantité astronomique de textes du jeu et de leur intégration dans l'esthétique du titre.

Woops...
Woops...
Woops... bis
Woops... bis

Truth Criminal

Côté contenu existant, le protagoniste est équipé d'un grappin qui permet d'accéder à des endroits en hauteur ou de tendre des embuscades de plus loin. En pratique, cela se traduit par quelques légères modifications dans les dispositions des palais, mais sans tout bousculer non plus. Ce remaniement a aussi permis au studio d'ajouter quelques petites zones à trouver où récolter des "Graines de convoitise" au nombre de trois. Une fois les trois récupérées, elles fusionnent en un équipement pour les personnages. Ces ajouts sont secondaires, mais bienvenus. Plus intéressant, on accueille volontiers des combats de boss remaniés plus ou moins en profondeur,

Viens voir le docteur, non n'aie pas peur
Viens voir le docteur, non n'aie pas peur
D'ailleurs, qui dit nouveaux confidents dit nouvelles cartes de tarot et en conséquence des Personae existantes changent d'arcane tandis que de nouvelles font leur apparition. On peut aussi en retrouver dans le palais supplémentaire, qui mène à un nouvel affrontement titanesque, mais ceci, vous le découvrirez seuls... Sachez juste que cela rallonge la durée de vie d'une bonne vingtaine d'heures.

Dans les autres ajouts, on notera la présence du petit José, sorte de Oui-Oui improbable au nom sorti d'Hélène et les garçons, avec sa petite voiture qui fait pout-pout et qui se nourrit de... fleurs à glaner dans le Mémento. Il nous propose aussi un petit jeu consistant à trouver des stands de "tampons" à collecter dans les zones du Mémento ; en échange de fleurs, il propose des items à vendre et en contrepartie des tampons il peut carrément altérer la psyché des profondeurs et augmenter les points d'expériences, argent des combats et objets récoltés sur les routes (pas les coffres, hein) ! Autant dire qu'en début de jeu, l'expérience du Mémento est radicalement différente et permet aussi d'éviter d'y passer des lustres juste pour enfin trouver un item ou monter de niveau. Moi, je dis merci José, tu m'as économisé un PAQUET de temps.

Take my heart away

Merci mon p'tit José !
Merci mon p'tit José !
On retrouve aussi José (sacré José !) au Repaire des Voleurs, nouveau lieu accessible de n'importe où y compris le menu principal, où l'on peut admirer des galeries de nos exploits via images, vidéos, musiques à débloquer avec une monnaie spécifique du jeu récupérée via des actions précises en jeu (pas d'achat avec de l'argent réel). Accessoirement, on peut aussi jouer avec ses coéquipiers à un jeu de cartes que l'on connaît dans nos contrées sous le nom "Président" (ou... "trouduc"). Inutile, donc forcément indispensable.

Un nouveau quartier fait son apparition et on peut donc traîner nos guêtres à Kichijoji, où l'on peut flâner dans les boutiques de fringues (conseil, gardez les vêtements sales que vous trouvez ici et là), méditer au temple pour augmenter ses PC, fréquenter un club de jazz avec un ami pour monter ses stats ou encore aller dans un bar à billards et fléchettes pour améliorer les dégâts et récupérations liées aux attaques "techniques" et les transferts entre personnages (les "Baton Pass" de Persona 5). Aucune activité n'est à négliger, les effets étant souvent très significatifs et augmentant drastiquement la puissance de frappe de l'équipe. Autre nouveauté et pas des moindres dans Kichijoji, on peut "enfin" (diront certains) approfondir la relation avec Akechi Goro comme tout autre confident via des interactions sociales : le niveau de confident avec lui n'est plus uniquement déterminé par des éléments fixes du calendrier comme dans le jeu d'origine.

Atlus et P-Studio ont encore ajouté de nombreuses petites choses, comme par exemple des coups "Spéciaux" (Showtime en anglais) débloqués selon la progression et permettant à deux personnages de coller des dégâts massifs aux ennemis, des graphismes légèrement revus, de nouveaux lieux de rendez-vous (l'aquarium), de nouveaux costumes d'hiver... Les petites touches et retouches fourmillent dans tous les sens pour notre plus grande satisfaction.

Just can't take enough

Déjà, il ne faut pas se leurrer : ceux qui n'ont pas aimé le Persona 5 d'origine en raison de son type ou système de jeu ne changeront pas magiquement d'avis du jour au lendemain avec Royal : il s'agit d'une version revisitée et augmentée, pas d'une refonte totale. Aussi, je préfère prévenir avant les cruelles désillusions : le calendrier ne change que très peu et la fameuse période rébarbative de l'été n'est pas revue, donc armez-vous de patience, au moins vous avez de nouvelles activités à faire pendant ce temps, rien n'est perdu !

Des ombres spéciales explosent quand elles meurent
Des ombres spéciales explosent quand elles meurent
Un point qui a fâché et continue de fâcher est l'absence d'un patch pour le jeu de base afin de le passer en Royal. Le boulot abattu sur cette version est déjà considérable, mais comme tous les ajouts et modifications sont actives dès le début du jeu, cela aurait nécessité de pouvoir jouer aux deux versions du jeu, vu que les sauvegardes n'auraient pas été compatibles (en raison des événements, calendrier, activités, arcanes différents...) et je ne sais pas si l'équipe de P-Studio (l'équipe interne d'Atlus en charge du développement de la série) avait les reins assez solides pour pouvoir gérer les deux versions à la fois. On peut regretter ce choix de ne faire qu'un stand-alone, mais à mon sens le travail aurait été vraiment compliqué pour ce résultat. Ce qui est peut-être plus regrettable est de vendre cette version au tarif haut, par contre : les joueurs de Persona 5 qui ont encore le premier jeu n'ont très honnêtement pas de raison particulière de racheter cette version à plein pot ; je leur conseillerais plus volontiers d'attendre un peu qu'il baisse de prix pour pouvoir profiter de ses ajouts et de ses nouvelles fins, sauf si vous êtes un véritable aficionado (comme moi...) qui ne peut attendre. Ceux qui trouvaient le jeu long vont aussi grincer des dents, vu que le jeu est bien rallongé...

À côté de cela, les joueurs PlayStation 4 qui n'ont pas encore mis la main sur Persona 5 peuvent clairement se jeter sur cette nouvelle version. Elle est plus équilibrée, plus agréable à jouer, plus longue, plus traduite (:D), plus, plus, plus... Persona 5 Royal est à l'image de Persona 4 Golden pour Persona 4, la version "plus plus" du jeu de base et on n'a rien à redire du contenu supplémentaire, sinon merci. Si Persona 5 est un joyau, Royal le sertit sur une couronne.

Petit clin d'oeil Risette de P4
Petit clin d'oeil Risette de P4

Test réalisé sur PlayStation 4 par Bardiel Wyld à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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Plateformes PlayStation 4
Genres Jeu de rôle, visual novel, contemporain, fantastique, manga

Sortie 31 octobre 2019 (Japon) (PlayStation 4)
31 mars 2020 (Monde) (PlayStation 4)

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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.