Test de The 7th Guest VR – Un dépoussiérage en règle

C’est 30 ans après sa sortie originale que revient sous de nouveaux atours le culte The 7th Guest, pile pour Halloween. Le studio Vertigo Games a-t-il démontré une fois encore sa maîtrise de la réalité virtuelle ?

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Il était une fois…

L’informatique connut  une évolution majeure avec l’arrivée du format CD-RoM. Il faut reconnaître que passer de la délicate disquette de 1.4Mo à une galette un peu plus solide de 650Mo, ça avait de quoi ouvrir de nouveaux horizons pour les développeurs. Vous connaissez d’ailleurs probablement tous cette petite histoire : comme Nintendo refusait de passer au CD-ROM, Squaresoft décida finalement d’aller toquer à la porte de Sony pour sortir son Final Fantasy VII chez eux. Mais bien avant la PlayStation, c’est sur PC que le format s’est démocratisé pour les jeux vidéos (bon, la première console à l’utiliser était la PC Engine, mais la bête ne courait pas non plus dans les rues, surtout en France) : meilleure qualité de musique, bien sûr (après tout, le CD a d’abord été utilisé pour remplacer les vinyles), mais aussi la possibilité de stocker plus de choses, dont de bonnes grosses vidéos.

Et un des premiers à exploiter tout ça, c’est justement The 7th Guest. Sorti en 1993, il fallait 2 CDs pour faire tenir le monstre. Et le résultat en mettait plein les yeux : déplacements précalculés dans des décors détaillés en 3D, séquences cinématiques doublées et tournées avec de véritables acteurs, chansons en qualité CD… On avait là affaire à un des premiers FMV (Full Motion Video). Et pour la petite anecdote, les PC de l’époque avaient quand même du mal à le faire fonctionner à cause des lecteurs pas forcément suffisamment rapides et surtout d'architectures incapables de gérer efficacement la décompression vidéo en temps réel.

Image éditeur de la version originale
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The 7th Guest, c’est une histoire de maison hantée où le joueur doit résoudre différents casse-têtes afin de progresser dans l’histoire. Et ces derniers étaient particulièrement corsés, surtout à une époque où Internet n’était pas assez courant pour rapidement trouver des solutions ou autres Let’s Play. Difficulté supplémentaire pour les petits Français : le jeu était intégralement en anglais sans aucun sous-titre.

Ce monument est toujours jouable aujourd’hui, mais avec ses glorieuses 256 couleurs et son impressionnante résolution de 640 par 480, l’expérience peut piquer un petit peu. En 2019 est sortie une version spéciale pour les 25 ans du titre : plusieurs points y ont été améliorés, dont l’apport de la version française qui était jusque-là exclusive à la version CD-I (vous savez, la console de Philips, avec ses Zelda cultes).

Ou sinon, il y a The 7th Guest VR qui est arrivé ce mois d’octobre 2023.

Sorry For Party Rocking

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Le mystérieux fabriquant de jouets Henry Stauf a invité six notables de la région à une soirée spéciale dans son manoir. Mais pour votre part, vous semblez arriver un peu en retard… Les lieux sont décrépis, envahis de toiles d’araignées. Et vos mains… elles semblent un peu d’un autre monde, non ?

Le joueur est accueilli par des voix d’enfants. On vous fournit très vite un lanterne qui a la capacité de faire apparaître les choses telles qu’elles l’étaient dans le passé et même parfois de les restaurer dans leur état initial. Votre première action est de réparer le ponton afin de progresser plus loin et vous découvrez au fil de l’aventure que l’outil peut avoir d’autres usages.

C’est une fois à l’intérieur que les choses sérieuses commencent. Les différentes salles s’ouvrent au fur et mesure de votre progression et vous deez résoudre les énigmes qui se trouvent à l’intérieur. De temps en temps, vous débloquez des scénettes qui expliquent ce qu’il s’est passé cette fatidique nuit.

En parallèle, vous avez aussi divers bidules à dégoter dans le décor : des illustrations qui révèlent le passé de Stauf, des boîtes à musiques qui dévoilent pourquoi les invités sont là, des photos, des disques vinyles et également une cinquantaine de pièces de monnaie cachées ici et là. Et 28 trophées sont également au menu, la plupart liés à la progression.

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A noter que si on a ici une histoire de fantômes et de soirée qui tourne mal, la mise en scène ne tourne toutefois pas à l’horreur et nous épargne même les sursauts putassiers.

Pour les vieux fans de l’original, cette version VR respecte la trame originale et plusieurs passages font bien écho au vénérable ancêtre. Cette nouvelle mouture se permet quand même quelques écarts afin de raconter l’histoire à sa manière.

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Comme si vous y étiez

Les joueurs réguliers de VR ne seront pas dépaysés ici. Le déplacement se fait via téléportation et/ou déplacements normaux. Le jeu se joue en position debout ou assise. Sachez toutefois que certains meubles à fouiller sont un peu bas et des pièces peuvent être cachées sur des étagères un peu en hauteur : prévoyez votre espace en conséquence. Les interactions avec le décor sont assez classiques : tiroirs à fouiller, portes à ouvrir, objets à examiner, mécanismes à manipuler… D’ailleurs, si vous jetez un objet par terre, ce dernier finit par revenir à sa position initiale au bout d’un moment : vous n’avez donc pas à vous mettre à quatre pattes pour le récupérer.

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Les énigmes sont dans le style de tout Escape Room : des clés à trouver, des objets dont il faut découvrir l'utilité, des puzzles et autres casse-têtes à résoudre… Tout ce qui est nécessaire pour résoudre l'épreuve est forcément dans la salle où vous vous trouvez. Les types sont assez variés et plaisants à jouer : user de portails, commander des trains miniatures, suivre des labyrinthe, imbriquer des pièces ensembles… À part quelques exceptions, la difficulté n’est pas bien élevée. Et si vous aviez toutefois du mal, il existe une aide pour vous débloquer. Bon, l’aide en question est quand même perfectible : il s’agit d’afficher deux indices pas toujours très utiles avant que le jeu vous propose de purement et simplement valider le puzzle à votre place en échange d’une bête pièce (que vous avez vite en surabondance).

Visuellement, le manoir est très réussi et certaines pièces ont du caractère. À noter que le jeu tourne sous Unreal Engine.

Là où il impressionne, c’est dans les séquences mettant en scène les invités. Vertigo Games a voulu respecter les traditions et mettre en scène de vrais acteurs dans un environnement 3D. Mais comment faire pour avoir un rendu qui ne fasse pas plat quand ça se passe dans un environnement où le joueur peut se déplacer en toute liberté ?

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C’est là qu’entre en jeu la capture volumétrique. Basiquement, cela consiste à filmer la scène à l’aide de toute une nuée de caméras dont les enregistrements permettent de la restituer en pleine 3D. Oh, ce n’est certes pas parfait et certains contours sont parfois bruts ; mais le résultat est quand même saisissant et aide beaucoup à l’immersion.

Pour ce qui est de l’audio, l’ambiance sonore retranscrit correctement le vieux manoir vide et inquiétant. Les musiques appuient ce sentiment, dont certaines venues directement du jeu original. Tous les dialogues sont exclusivement en anglais et les sous-titres français sont disponibles.

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The 7th Guest VR est une bien belle résurrection de l'œuvre originale. Il est visuellement réussi, surtout avec ses séquences volumétriques. Sa progression est certes classique pour un jeu VR, mais elle reste agréable à suivre. Maintenant, on se met à rêver d’un même traitement pour sa suite directe : the 11th Hour.

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Test réalisé sur Oculus Rift par NeoGrifteR à partir d’une version fournie par l’éditeur.

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