Test de The Rogue Prince of Persia - Petit mais vaillant

Sorti en version complète en août 2025 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S après une période d'accès anticipé d'environ un an, The Rogue Prince of Persia de Evil Empire pointe désormais le bout de son nez sur Switch et Switch 2, dans un portage plutôt attendu tant son père spirituel, Dead Cells, était plaisant à parcourir sur la console hybride de Nintendo. L'occasion de tester enfin ce jeu de notre côté, qui montre assez vite dans sa progression et sa manière d'aborder le rogue-lite qu'il n'est pas qu'un clone de Dead Cells. 

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Un Prince à la dérive

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Attaqué par les Huns, le royaume de Perse est au bord de la défaite. Aux abords de la ville de Ctésiphon, le Prince se réveille après une terrible bataille : le temps semble ne pas s'être écoulé, il est condamné à revivre la même journée, encore et encore. Face à des Huns menés par un certain Nogai dont l'armée est possédée par une sorte de malédiction, le Prince doit trouver ce qui provoque cette interminable journée et découvrir comment le renvoyer loin de la Perse. Simple mais efficace, la narration du jeu prend vite une tournure assez personnelle pour le Prince qui doit trouver les membres de sa famille, l'un après l'autre, grâce à des indices disséminés dans les différents environnements (biomes). Ces indices permettent de compléter une grande carte où les souvenirs et indices se regroupent peu à peu pour identifier l'endroit où se trouve la personne à secourir et la marche à suivre pour réussir. Un système réussi, intelligible, qui se complète à chaque run et qui donne rarement l'impression qu'une partie ne servait à rien. Au contraire, les biomes, bien que générés procéduralement, font en sorte que l'on avance presque toujours vers notre prochain objectif. Ainsi, il est rare qu'une run n'ait pas servi à découvrir de nouveaux biomes et indices ou, à défaut, à glaner de précieuses orbes et expérience qui permettent d'obtenir des armes, médaillons et compétences pour se renforcer à la prochaine run. Facile d'accès, assez peu punitif comparativement à d'autres jeux du genre, c'est un rogue-lite très sympathique dans ses mécaniques qui digère plutôt bien les spécificités de Dead Cells pour les caler sur un titre probablement moins ambitieux, plus linéaire, mais pas moins qualitatif.

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La progression, au-delà des indices, repose sur de l'expérience à glaner pour déverrouiller des compétences passives sur un arbre de compétence, qui sont des améliorations permanentes présentes pour les runs suivant leur déverrouillage, ainsi que sur des orbes (obtenues sur les ennemis notamment) à dépenser pour déverrouiller de nouvelles armes et médaillons. Les armes manquent un peu de punch et d'originalité il faut l'avouer, avec assez peu de différences finalement d'une arme à l'autre, ou en tout cas pas assez pour modifier radicalement le gameplay. Mais les médaillons, eux, sont au centre du jeu : il s'agit d'objets temporaires obtenus aléatoirement pendant les runs qui confèrent des améliorations passives. Les synergies sont néanmoins assez peu nombreuses entre les médaillons et leur nombre reste assez réduit. Contrairement à un Hades ou à un Dead Cells, il n'y a pas vraiment de quoi faire des tonnes de builds différents d'une run à l'autre. Néanmoins, le choix de certains médaillons (et la chance de tomber dessus) peut radicalement modifier la puissance du Prince face à un boss. Une fois la première run terminée et le boss final tué, chaque run suivante peut ensuite être rendue plus difficile grâce à des pierres acquises en tuant le boss final, avec des malus qui s'appliquent et qui font augmenter la quantité d'expérience ou d'orbes acquises (ennemis plus forts, ennemis spéciaux plus nombreux, résistance du Prince amoindrie, etc). Un système déjà éprouvé chez son aîné aussi développé par Evil Empire, qui permet de pimenter un peu le jeu, mais surtout d'accélérer la progression et le déblocage des armes et médaillons avec la quantité d'orbes acquises. Petite coquetterie, le jeu propose aussi une variété de costumes à débloquer pour le héros.

C'est fluide, c'est beau, c'est satisfaisant

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The Rogue Prince of Persia repose, surtout, sur un gameplay terriblement satisfaisant. Afin de coller au mieux à quelques-uns des meilleurs jeux de la série (les épisodes PS2 notamment), le titre nous met dans la peau d'un héros avide de galipettes en tous genres. Il intègre un système de parkour plutôt malin qui exploite pleinement la 2D : course sur les murs, dash, plongeons vers les ennemis, tout en poussant le joueur à réaliser ces actions dans un timing impeccable afin de booster une barre d'énergie qui, une fois pleine, rend le Prince plus rapide, plus agile, et peut même le rendre plus fort selon les médaillons obtenus en cours de run. Ce système rend les déplacements assez géniaux et rappelle à certains égards le Spider-Man sorti il y a quelques années sur PlayStation 4 : non pas parce le Prince de Perse serait soudainement capable de jeter des toiles depuis ses poignets, mais pour le sentiment de liberté et le côté très naturel du mouvement. Le jeu se prend en main très naturellement et une fois que l'on est dans son flow, on se sent presque indestructible. Jusqu'à la rencontre avec un boss, où les choses peuvent vite prendre une sale tournure. Mais c'est cette simplicité, satisfaisante à l'oeil, qui rend chaque run toujours plus agréable. Il n'y a pas besoin de beaucoup plus pour nous donner envie d'y retourner. Les indices, trouver la famille du Prince ? C'est bien, mais s'amuser à faire du parkour dans les niveaux avec des mouvements toujours plus fluides et sans interruption, c'est encore mieux.

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Les combats, eux, empruntent énormément à Dead Cells. C'est certainement sur ce point que la filiation entre les deux jeux est la plus évidente. Les ennemis de base sont suffisamment variés pour pousser à utiliser pleinement les habilités du héros, mais c'est sur les combats de boss que le titre brille particulièrement. Pas forcément difficiles, reposant sur des patterns pour l'essentiel facilement identifiables, ils poussent cependant à exploiter pleinement le parkour, les esquives et les différentes attaques à disposition. Forts de leur mise en scène, ces boss sont assez peu nombreux mais offrent tous des bouts de lore intéressants et leurs arènes marquent l'esprit, comme la plupart des biomes qui sont de toute beauté. Et sur le point du portage Switch 2, le jeu tourne sans aucun souci, d'une fluidité remarquable, sublimé par l'écran de la console en mode portable. Ses runs étant très courtes (25-30min tout au plus), elles s'adaptent bien à l'idée que l'on peut avoir d'une console portable où l'on fait une partie vite fait et de temps en temps. Pour autant, dur de décrocher une fois acquis certains indices et sauvé le premier membre de la famille, tant la narration pousse à vite enchaîner pour découvrir la suite.

Conclusion

The Rogue Prince of Persia a l'intelligence d'assumé ce qu'il est. Un rogue-lite accessible, facile à prendre en main, mais qui pousse à pleinement accepter et adhérer à ses mécaniques de parkour, dévoilant tout son potentiel une fois entré dans son flow. Sa narration est bien maîtrisée, assez courte finalement (puisqu'il faut une dizaine d'heures pour voir la vraie fin), mais juste ce qu'il faut pour l'apprécier sans s'en lasser. Porté par la beauté de ses environnements, le jeu a une direction artistique impeccable qui laisse un joli souvenir une fois que les crédits de fin déroulent sous nos yeux, et donnent envie de vite voir débarquer le prochain projet de Evil Empire qui, décidément, maîtrise très bien le genre.

Test réalisé par Hachim0n sur Nintendo Switch 2 à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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