Test de Pragmata - Deux âmes sur une station lunaire
Il y a des jeux qu'on attend et d'autres qu'on espère. Pragmata, lui, on l'a espéré pendant des années. Annoncé en grande pompe en juin 2020 lors de la présentation de la PlayStation 5, il était prévu pour 2022, puis repoussé à 2023, puis… plus rien. Le silence radio. Un report indéfini qui avait de quoi inquiéter. Et pourtant, l'espoir a resurgi lors du Summer Game Fest de juin 2025 et j'avais eu la chance de mettre les mains dessus à la Gamescom la même année. Coup de foudre immédiat. Alors, quand Capcom a finalement avancé la sortie au 17 avril 2026 - et oui, avancé, c'est suffisamment rare pour être souligné -, j'étais plus que prête.
Développé et édité par Capcom (les créateurs de Resident Evil, Monster Hunter, Devil May Cry…), Pragmata est leur première licence originale depuis huit ans, confiée à une jeune équipe interne pleine d'ambition. Le résultat est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC via Steam et Nintendo Switch 2, en édition Standard ou Deluxe.
Une station lunaire qui ne vous laissera pas repartir
Plongeons directement dans l'univers de Pragmata. Nous sommes dans un futur proche. Hugh, membre d'une équipe envoyée en mission d'inspection, débarque sur une station de recherche lunaire après une coupure de communication inexpliquée. Très vite, lui et son équipe comprennent que non, ça ne va vraiment pas. Au milieu du chaos, Hugh fait alors la rencontre d'une petite androïde à l'allure enfantine, une Pragmata, comme elle l'explique elle-même, bien qu'elle ne se souvienne de presque rien d'autre depuis l'incident qui a tout bouleversé. Hugh lui donne le petit nom de Diana, en référence à son code d'identification.
C'est là que commence leur longue et touchante coopération. Deux protagonistes que tout oppose — un homme endurci par l'adversité, plein de reconnaissance pour les belles choses que la vie lui a offertes, et une petite androïde qui, comme une enfant, veut à son tour apprendre à connaître le monde. Ensemble, ils doivent découvrir ce qui s'est vraiment passé dans cette station tout en cherchant le moyen de prévenir la Terre. Sur la surface lunaire s'étendent des répliques à moitié réalisées de la civilisation humaine tandis qu'à l'intérieur seules des traces éparses des habitants disparus subsistent.
L'ambiance est là, immédiatement. Et elle ne vous lâche plus.
Un gameplay à deux cerveaux — et ça fonctionne
Ce qui frappe en premier avec Pragmata, c'est sans doute cette particularité : un seul jeu, deux modes de combat en un. On incarne Hugh, mais on gère en permanence leur duo.
Hugh s'occupe du côté sniper et combat au sens classique, avec son arsenal et sa combinaison équipée d'un jetpack pour esquiver et atteindre des zones éloignées. Diana, elle, prend en charge le hacking des ennemis. Ce piratage prend la forme d'un panneau qui apparaît en temps réel à l'écran, l'objectif étant de déplacer un curseur jusqu'à une destination précise pour terminer la phase de hacking, tout en évitant des obstacles et en récupérant des cases bonus qui octroient différents effets. Les deux fonctionnalités font la paire.
Au début, ça peut sembler un peu complexe. Mais en réalité, on s'y fait très vite. Et une fois qu'on a pris la main, c'est franchement jouissif. Ce système de contrôle croisé donne à Pragmata une personnalité plus tactique qu'un simple shooter à la troisième personne. Je trouve que le jeu nous laisse le temps de nous faire à chaque amélioration, sans jamais nous balancer tout dans les bras d'un coup. La base du gameplay se complexifie au fur et à mesure que les types d'ennemis s'étoffent, ce qui fait qu'on a toujours ce sentiment de progresser sans jamais se sentir perdu. Que ce soit au niveau des armes ou des hacks disponibles, on en a vraiment pas mal, ce qui permet d'avoir plusieurs façons d'aborder le combat selon les caractéristiques des robots en face. La diversité dans la manière de gérer les ennemis est réelle et c'est un vrai plaisir.
Un équipement à faire évoluer, des ressources à chasser
Pragmata, c'est aussi toute une mécanique d'évolution de son équipement et de ses compétences. Il y a pas mal de ressources à acquérir pour faire monter son matériel. Et donc, en plus de l'histoire et des phases de combat, on a aussi cette recherche constante de ressources pour avancer et ne pas être trop à l'ouest face aux nouvelles menaces, qui deviennent de plus en plus coriaces. Iduse ne compte pas vous laisser passer si facilement.
Mais ce n'est pas tout : il y a aussi tout un tas de collectibles à ramasser. Certains donnent accès à des modifications de skin, d'autres à des améliorations pour votre Berceau (le lieu où vous vous ressourcez entre les missions) ou encore des fiches pour le lore. Et là-dedans, il y a Cabin, un robot de soutien qui vous apporte des modifications pour votre Berceau et qui ajoute une vraie dimension de personnalisation à l'aventure. Cabin donne aussi accès à un mode d'entraînement, une fonctionnalité bonus vraiment sympa : elle offre des récompenses, du temps de jeu supplémentaire et un terrain pour s'exercer.
Si vous êtes comme moi et que vous avez envie de tout débloquer, les tenues de Hugh, les costumes de Diana — vous allez y passer du très bon temps.
La narration : le vrai coeur du jeu
Pour moi, le gros point fort de Pragmata — en plus du gameplay — c'est l'histoire et la profondeur des personnages. Quel que soit l'endroit que vous traversez, quel que soit le moment, ils ont toujours quelque chose à se raconter. En fait, pendant toute l'aventure, même en route vers une zone ou en cherchant un coffre, vous en apprenez toujours plus sur eux. Vous voyez leur relation se construire au fil des épreuves.
Hugh a cette reconnaissance envers l'adversité et les belles choses de sa vie. Diana, tout comme une petite fille peut l'être, veut à son tour apprendre à connaître le monde. J'adore aussi la façon dont les fonctionnalités s'ajoutent petit à petit, c'est un peu comme des surprises, un genre de "oh chouette, je peux faire ça maintenant, c'est trop bien !" à chaque nouvelle découverte. Le jeu s'attache habilement à une narration organique avec son gameplay, tout ce qui est montré dans l'univers sert le game design. Et côté réalisation, Pragmata tourne sur le RE Engine de Capcom, qui fait encore une fois des merveilles. Sur Xbox Series S, le rendu reste très agréable à l'oeil avec une fluidité qui ne faiblit jamais, même avec la quantité d'effets à l'écran. C'est beau, sombre et immersif comme il se doit.
Durée de vie : court mais dense, et c'est voulu
La durée de vie est honnête et bien calibrée — assez longue pour en profiter, assez courte pour que l'histoire reste constante et la découverte permanente. Comptez 10 à 15 heures pour l'histoire principale, mais moi je m'y suis acharnée sur certains collectibles et j'y ai mis bien plus — au moins 17 heures. Et si vous voulez finir le jeu à 100 % avec tout le contenu annexe, la durée peut s'étendre de 20 à 30 heures. Une fois terminé, vous avez accès à un New Game Plus où vous conservez pratiquement tout votre équipement et vos améliorations, ainsi qu'un nouveau mode de difficulté et un nouveau mode de jeu à découvrir. On ne se sent vraiment pas embêté de recommencer. Le jeu affiche des avis extrêmement positifs sur toutes les plateformes, avec 97 % d'évaluations positives sur plus de 11 000 avis Steam. Ce n'est pas un hasard.
Verdict
Pragmata est un jeu d'action-aventure solo compact et brillant, plein de combats, de recherche et parfois même de casse-têtes très légers. Cette industrie manquait clairement de jeux de ce calibre, courts mais intenses, qui vont à l'essentiel tout en sachant séduire sur les plans de la narration et de la réalisation, avec un gameplay intelligent qui sait se renouveler.
Pour moi, c'est un coup de foudre qui n'était pas vain. Un jeu que j'avais pressenti depuis la démo à la Gamescom l'année passée, et qui a largement tenu ses promesses.
L'histoire, les personnages, ce système de combat à deux cerveaux qui n'appartient qu'à lui… Pragmata mérite vraiment de trouver son public.
Et si Capcom donne une suite à ce duo, j'y compte bien, j'espère qu'ils viseront encore plus loin. Parce que Hugh et Diana, on n'a pas fini de les suivre.
Test réalisé par Loonao sur Xbox Series S grâce à une version fournie par l'éditeur.
| Plateformes | PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Action, aventure, futuriste / science-fiction |
| Sortie |
2026 |
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8 mai 2026
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17 mars 2026
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7 septembre 2025
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21 août 2025












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