Test de Crusader Kings 3 - Le Roi est mort, vive le Roi !

Damoiseau, damoiselles, permettez-moi de vous présenter le sieur Crusader Kings 3, Seigneur de Chronophagie et de Reviensie, champion de Paradox, prêt à faire chavirer le cœur de ses supporters. Alors, a-t-on un nouveau champion ?

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Crusader Kings 3 est le dernier opus en date d’une des licences phares de Paradox. Annoncé l’année dernière, le jeu est enfin sorti, 8 ans après son aîné. S’inscrivant dans un univers moyenâgeux, la série des Crusader Kings est une histoire de dynastie, d’évolution d’une famille noble à travers les époques tumultueuses médiévales tandis que les autres titres phares du studio, tels que Victoria ou encore Europa Universalis, se focalisaient sur d’autres aspects d’évolution de gameplay, Crusader Kings prend lui une voie plus tranchée qui le démarque un peu plus de ses jeux-frères. Beaucoup plus axé « roleplay », plus axé gestion familiale et évolution de celle-ci avec, je vous rassure, toujours un joli petit game over si vous n’avez pas de descendance claire dans votre lignée.

Mais n’allons pas trop vite en besogne. On a mis les bases, maintenant regardons d’un peu plus près ce que ce Crusader Kings 3 peut nous apporter, surtout en comparaison de CK2 et de sa multitude d’ajouts qui se sont succédés durant de nombreuses années.

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La première chose qui nous frappe, évidemment, est l’évolution de l’aspect graphique et de l’interface graphique. Même si un aficionado s’y retrouvera facilement dans cette dernière, un soin particulier a été réalisé pour rendre le jeu plus accessible et intuitif. À ce niveau, il se démarque fort de la génération précédente qui se ressemblait fort entre eux. Fort à parier d’ailleurs que CK3 sera une base de travail pour de futurs Europa 5 et autres titres Paradox, mais cette évolution fait plaisir. Graphiquement, on est dans une belle évolution aussi. Évidemment, on est dans un jeu de grande stratégie et donc dans un aspect visuel très basé sur des cartes, donc ce n’est pas impressionnant visuellement, mais le soin du détail de la carte est présent et les différents souverains sont aussi bien modélisés.

Ce qui est impressionnant, c’est que techniquement, le jeu est terriblement bien réalisé. J’ai joué sur deux supports différents, dont un ordinateur portable qui n’est pas une bête de guerre (un MSI avec un i5 et une 960) sur lequel je jouais régulièrement à CK2 et… Crusader Kings 3 tourne beaucoup mieux que le précédent opus sur le même appareil. J’en étais le premier étonné. Passé le premier chargement longuet, le jeu est ensuite très fluide et je n’ai repéré aucun glitch, bug ou autre souci pour cette version vanilla, ce qui n’était pas particulièrement le cas de son prédécesseur (et des jeux Paradox en général à leur sortie day one).

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Prenons la carte par exemple. Celle-ci change simplement par l’action de la molette : en zoom ou dézoome, on voit les différents niveaux de la carte (militaire, comté, duché, royaume, etc.) Le petit bémol à ce niveau-là est que j’aurais aimé pouvoir voir les armées ennemies lors d’un recul de la carte, car, quand le Royaume s’agrandit, il n'est pas toujours facile d’avoir des yeux partout (mais en soi, c’est aussi logique).

De nombreuses infobulles apparaissent aussi lors de nos actions. Elles offrent des explications claires sur les différents pans de gameplay qui peuvent survenir lors de nos actions (une perte de contrôle dans un comté, une faction qui se dresse contre votre incarnation du moment, etc.) sans être envahissante. De nombreux mots clefs sillonnent aussi le texte, dans les menus ou les évènements, vous donnant une vue d’ensemble vous permettant de prendre des décisions en connaissance de cause. Et vous en aurez besoin, car si vous avez déjà joué à Crusader Kings auparavant, vous savez qu’une mauvaise décision, voire un mauvais timing, peut engendrer un game over précipité. La mort est omniprésente dans cet univers en conflit perpétuel et votre successeur peut mourir à n’importe quel moment. Pour peu que vous n’ayez pas de bol, que vous n’ayez engendré que des filles dans un système de succession patriarcal, ou par voie élective et que ce ne soit pas un membre de votre dynastie qui est élu, paf, partie terminée. Donc prenez garde : un simple détail peut parfois précipiter la déchéance d’une dynastie forte de plusieurs générations de succès.

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On pouvait craindre un énorme recul entre CK2 et ses 8 ans de développement et un CK3 tout frais sorti de l’usine. Une perte au niveau gameplay conséquent. Si le jeu sera certainement bonifié avec le temps et qu’on n’a pas tout ce qui était présent précédemment, la version vanilla de CK3 est à mes yeux le titre Paradox le mieux fourni dès sa sortie. Prenons la carte par exemple. Celle-ci couvre l’entièreté de l’Europe occidentale, l'Europe du Nord, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient jusqu’en Inde et un peu au-delà. Peu ou prou la même carte qu’on a actuellement dans l’opus précédent. Niveau date, nous avons le choix de jouer pour le moment en 867 (un peu de marketing, c’est la date de mort de Ragnar Lothbrok, tous ses fils sont jouables, c’est tendance) et 1066, conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Vous pouvez toujours prendre n’importe quel seigneur, qu’il soit Roi, duc ou comte, et le jouer lors de ces dates. Vous ne pouvez pas jouer un avatar ecclésiastique (évêque, etc.). Personnellement, j’ai pris des parties identiques que j’avais réalisées précédemment (à savoir Lazlo de Transylvanie et Bjorn, fils de Ragnar) après la petite partie didacticiel toujours située en Irlande.

On a donc, en l’état, un jeu déjà très complet et jouable de nombreuses dizaines d’heures pour couvrir tous les pans actuels de gameplay existant. Et personnellement, j’adore la politique de DLC de Paradox, pour peu qu’on démarre un titre à la sortie de celui-ci ; ils offrent un contenu conséquent, régulièrement bonifié par de vrais apports. Niveau nombre d’heures de jeu / prix, rares sont les jeux qui peuvent se vanter de faire mieux que les gros titres de cet éditeur. Pour en profiter pleinement, il vaut donc mieux se pencher sur le jeu dès sa sortie et comme dit précédemment, pour une fois, un jeu en version vanilla est vraiment complet et exempt de boulettes majeures. C’est donc un excellent point de départ.

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Je disais plus haut que CK3 se démarquait un peu plus du gameplay généraliste des titres Paradox pour accentuer son gameplay personnel, axé autour des dynasties. Dans CK3, la gestion des personnages et des dynasties est beaucoup plus poussée qu’auparavant. C’est tout un pan de gameplay qui s’intègre dans Crusader Kings et qui se marie très bien avec son système de base. À présent, en plus des points qui caractérisent votre personnage (diplomatie, martial, intrigue, etc.), votre personnage gagne des points d’expérience qui vous permettent de choisir dans de nombreux arbres de talents axés, par trois, autour d’une thématique.  5 voies sont disponibles (liés aux points de caractéristique du personnage) : diplomatie, martial, intendance, intrigue et éducation. Votre personnage aura peut-être des bonus d’affinités dans une de celles-ci, suite à la voie qu’il a suivie au niveau éducatif (avant de devenir adulte), bonus qui se définit par un boost de points d’expérience. Dans chacune d’entre elles, 3 voies sont donc possibles. Par exemple, pour le martial, vous pouvez vous axer sur la stratégie, la logistique, etc., dans l’une des autres, vous pouvez vous axer sur la famille, etc. Ces arbres de talents apportent des bonus personnels à votre avatar du moment. Évidemment, à la mort de celui-ci, il faudra reprendre à zéro (ou si votre héritier est déjà adulte, il aura peut-être déjà distribué ses points). Ça permet au final de modéliser votre façon de jouer selon votre convenance ou selon les besoins du moment. En début de partie, on est toujours un peu plus belliqueux qu’en milieu, où on essaye plus de ne pas multiplier les fronts.

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Cet aspect va de pair avec le changement d’avatar à la mort de votre incarnation actuelle. Cependant, ce n’est pas la grande nouveauté du titre : en plus de ce changement, vous avez accès à ce qu’on pourrait comparer à un arbre de recherche. Votre dynastie, par ses exploits, gagne de la renommée et, passé certains caps de points, peut choisir des avantages dynastiques qui sont ensuite valables pour tous les membres de votre famille. Une meilleure fécondité, une prouesse accrue, des talents de base à la diplomatie, etc. Ici aussi, il faudra mûrir votre réflexion avant de faire votre choix, car, vous vous en doutez, ces avantages se débloquent beaucoup plus lentement que pour l’arbre des talents personnels. Parfois, vous n’arrivez même pas à en déverrouiller un durant un règne complet.

Une autre mécanique qu’apporte ce jeu est la partie « stress ». Déjà présente dans l’opus précédent, elle est ici devenue gérable par une barre de stress qui fluctue selon les évènements qui jonchent la vie d’un personnage. Vos caractéristiques peuvent aussi jouer sur la montée ou descente de ce niveau de stress. Si vous prenez une décision qui va à l’encontre de votre personnalité (genre, prendre une concubine si fidèle, etc.), vous gagnez des points de stress. En montant dans cette jauge, vous passez des paliers qui influencent l’évolution de votre personnage et ses réactions. Par exemple, devenir paranoïaque, voir des complots partout ou simplement devenir alcoolique sont des possibilités qui se gagnent quand notre personnage est stressé.

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Ces nouveautés apportent évidemment un grand vent de fraîcheur dans un jeu qui est tourné autour de la guerre et la conquête de territoires. En effet, ne vous trompez pas : l’essence du jeu reste axée autour de cela. Les habitués de CK2 retrouveront vite leurs repères. Bref, une excellente sortie pour cette rentrée 2020, ne boudons pas notre plaisir.

Test réalisé sur PC par Seiei à partir d'une version fournie par le distributeur.

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5,6 / 10 - Assez bien

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